L'@ide-Mémoire

ENCYCLOPÉDIE DU CINÉMA FRANÇAIS

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Yvonne Clech

Sale temps pour les grandes dames. Après la disparition d’Anne Alexandre et des nouvelles pas franchement réjouissantes de l’immense Mila Parely, nous venons d’apprendre, via Christian Léciagueçahar du Coin du Cinéphage, le décès très discret d’Yvonne Clech, comédienne hors pair et actrice hors norme, dont la classe innée, saupoudrée d’un grain de folie salutaire, a conféré un cachet bien réel à plus d’une comédie du dimanche soir. Mélange assez unique en son genre de décalage et d’aristocratie, Yvonne Clech faisait partie de ces actrices à la fois inclassables et impeccables, capables au choix de tirer vers le haut la farce la plus prévisible ou d’élever l’absurde cinématographique au rang d’art majeur. Retour en dates et en titres.

Mila Parely

Le très bel hommage rendu par Michel Drucker à la toujours épatante Danielle Darrieux, quelques semaines avant la sortie annoncée du film Pièce montée, a été riche en moments assez magiques, ayant notamment permis d’entrevoir via de trop courts magnétos des extraits de films peu (Occupe-toi d’Amélie… !) ou pas du tout (Le Bal) visibles. C’est dire si notre plaisir, plutôt de l’ordre de l’indicible, s’est trouvé quelque peu gâché, à l’arrivée, par les mauvaises nouvelles données par l’invitée d’honneur quant à l’état de santé de Mila Parely, comédienne que, de Raymond Chirat à Italo Manzi en passant par l’auteur de ces lignes, nous adorons à L’@ide-Mémoire. Il semble qu’il soit désormais trop tard pour pouvoir raisonnablement espérer que l’élégantissime Mila sorte de sa nuit, mais rien n’interdit de se remémorer, tant qu’elle encore est parmi nous (et même si c’est de moins en moins vrai), la comédienne exceptionnelle, fine et sensible, belle et fantasque, qui assista de sa fenêtre à l’incendie du Reichstag, chanta outre-Atlantique avec l’orchestre de Rudy Vallee, faillit porter l’enfant de Jean Marais, sut cultiver les rencontres avec les plus grands metteurs en scène et anima infatigablement, des années durant, les Rencontres cinématographiques de Vichy. Hommage.

Célyne, Karine, Velvet, Dominique et les autres...

Une quiche chasse l’autre : en remplacement de la blonde, nichonneuse et délicieuse Célyne Durand, dont l’actif cinématographique semble se limiter à une apparition non créditée dans Coluche, l’histoire d’un mec et un rôle un peu plus conséquent – en même temps, moins conséquent qu’une apparition non créditée… – dans... Le Baltringue (le film aux 102 spectateurs Paris/Région parisienne le premier jour d’exploitation), c’est une comédienne au curriculum vitae absolument vierge (la demoiselle, en revanche…) que le tandem infernal Endemol/TF1 vient de propulser fermière en Afrique. Enfin, peut-être pas complètement vierge : fraîchement débarquée d’Hollywood " où tout lui réussit " (on est prié de ne pas rire), Karine, la brune, encore plus nichonneuse que la précédente et résolument classe sœur d’Anthony Dupray (Premiers Baisers, Brigade Navarro, que du bon) aurait, aux dires des chargés de com’ d’Endemol, " figuré "  dans des épisodes d'Heroes, des Experts et de Prison Break, ce de façon évidemment aussi discrète (subliminale?) que sa consœur blonde dans le biopic d’Antoine de Caunes. C’est dire à quel point, alors même qu’Isabelle Adjani vient de se voir décerner son cinquième César, l’adéquation entre notre Encyclopédie virtuelle du Cinéma français et ce prototype d’un genre nouveau – la comédienne virtuelle – nous stimule depuis vendredi soir, comme nous stimule la présence, dans ce programme familial et éducatif aux audiences en berne, de la seule et unique représente connue d’un genre lui aussi très à part : l’actrice watersienne n’ayant pas encore travaillé avec l’immense John Waters, et c’est dommage. Aussi vrai que les (confortables) bourrelets de l'ébouriffante Velvet d’Amour ont, au moment de la sortie en salles du très insolite Avida (Gustave de Kervern et Benoît Delépine, 2005), provoqué des hauts-le-cœur chez les chroniqueurs fatigants-fatigués de Laurent Ruquier, nous les trouvons plus chic, pertinents et rock n’roll que le régime amincissant de la " fermière de remplacement n° 2 " Miss Dominique, dont la matière grise – ou ce qui lui tenait lieu de – semble avoir fondu en même temps que ses 70 kilos matière grasse portés disparus depuis l'an dernier : la preuve – et, par là-même, la surprise de mars – en images.

Anne Alexandre

Disparition, dans sa 90ème année, de la comédienne Anne Alexandre (1920-2010), ex-doyenne par l’âge – à défaut de l’avoir été par le nombre d’années d’activité – du Spectacle Ionesco, et authentique pilier du Théâtre de la Huchette, dont elle aura été, durant exactement un demi-siècle, l’un des éléments les plus solides et les plus présents, en même temps qu’une de ses figures les plus éminemment attachantes.

Serge Sauvion

Dans le foisonnant (mais très dispensable) Signes extérieurs de richesse, où il apparaissait fugitivement dans une cabine d’essayage, le visage mangé par un Borsalino, on le reconnaissait uniquement à son empreinte vocale, tant il est vrai que celle-ci avait déjà marqué durablement l’inconscient cinéphilique et télévisuel. Lui-même reconnaissait volontiers, non sans lucidité, s’être laissé prendre au piège doré du doublage, source de cachets conséquents mais aussi – de son point de vue – de frustrations d’ordre artistique. Par chance, la voix française du policier à l’imperméable froissé – celui qui fait un peu penser, en moins systématiquement aviné, au Jean-Louis Borloo des Guignols de l’Info – le plus célèbre du PAF ne fera oublier ni le flic ripou et tortionnaire des Assassins de l’Ordre, ni le concierge débonnaire des 400 Cents Coups de Virginie, ni surtout Charlie, le très hédoniste et très " bigame " commerçant itinérant du meilleur (et probablement unique bon) film de Joël Séria. Retour en titres et dates sur le parcours cinéma de Serge Sauvion (1929-2010), ex-partenaire de cabaret de Pierre Vaneck, comédien irremplaçable de l’aveu même de Bernard Queysanne qui sut l’imposer face à des producteurs frileux au générique de son Amant de poche, et – est-t-il encore utile de le rappeler ? – voix française de Peter Falk en général et de l’inspecteur Colombo en particulier.

Au royaume des Cieux

Le bouclage du volume 2 de l’Encyclopédie des Longs Métrages français de fiction 1929-1979 a été le prétexte à re-vision d’Au royaume des Cieux, œuvre (d)étonnante dans l’œuvre protéiforme de Julien Duvivier, où la plume d’Henri Jeanson mêle exceptionnellement tendresse et lucidité, et sur laquelle semble planer, par endroits, l’ombre géniale de Friedrich Wilhelm Murnau. Tentative d’explication et générique complet ici.

Surprise de février

C’est l’histoire d’un chef d‘État court sur pattes, teigneux, irascible, violent, coureur (et même volontiers queutard), fasciné par le tape-à-l’œil et ayant fait en sorte de nommer des membres de sa famille à des postes-clefs d’un régime franchement liberticide. Autant dire que de tels personnages ne peuvent exister qu’au cinéma… Youtube nous a permis de visionner la vision américaine (écourtée) du Napoléon de Sacha Guitry (1954), moins novateur mais plus amusant que celui d’Abel Gance, et dont le générique-fleuve, entièrement refait, pour la circonstance, sur le mode minimaliste, apparaît comme une curiosité en soi. L’habillage en a été entièrement repensé, le producteur prime sur l’auteur-réalisateur (on est en Amérique) et, au passage, les noms des deux seuls (ex-)Français d’Hollywood (Jean-Pierre Aumont – remplacé en tête de distribution par l’actrice italienne Anna Amendola – et Jean Gabin) figurant dans le film, ont purement et simplement disparu de l’affiche, un peu comme si les distributeurs US avaient voulu les sanctionner, avec quelques années de retard, d’avoir plus ou moins raté leur carrière américaine. Plus surprenante encore, l’absence au générique " made in USA " de Patachou (" Madame Sans-Gêne " dans le film), déjà consacrée – de Waldorf Astoria en Carnegie Hall – vedette de la scène Outre-Atlantique au moment où Napoléon fut distribué sur les écrans new-yorkais. However, c’est notre surprise de février et c’est par-ici que cela se passe…

Si Paris nous était conté...!

Il est, très paradoxalement, d’autres comédies historiques dont on croit avoir fait le tour, et puis non, dont chaque revision voit le plaisir augmenter d’un cran. Si Paris nous était conté…. ! en a déçu quelques-uns au moment de sa première sortie, mais – paradoxalement – ni François Truffaut, ni Jean-François Vilar, ni le rédacteur de ce qui suit, ici et maintenant.

François 1er

Il est des films qu’il ne faudrait surtout pas revoir, surtout lorsqu’on les a aimés étant enfant. François 1er, prototype très surévalué de la comédie drôle pas drôle, est de ceux-là, et l’explication se trouve ici.

Belle de jour

Le thème de la prostitution occasionnelle devait être à la mode à deux ans de la formidable explosion de Mai 68, encombrant héritage… Tandis que Godard, toujours en avance d’une révolution ou deux, brosse via Deux ou Trois Choses que je sais d’elle… une chronique aux accents documentaristes de la ménagère de banlieue complétant le budget familial en faisant des passes de 4 à 6, Buñuel, à l’instar de Kessel, déplace le fond du problème sur le terrain des 5 à 7 et des frustrations bourgeoises qui en constituent souvent l’origine : Séverine, incarnation absolue de la Parisienne rive Gauche, ne se prostitue pas pour l’argent, mais pour suppléer aux carences d’une existence à la fois confortable (elle ne manque objectivement de rien) et aliénante (sa vie de femme mariée ne lui a pas permis de se mettre en règle avec ses désirs les plus intimes). (lire la suite)

Georges Wilson

Annonce de la disparition, dans sa 89ème année, du comédien, scénariste, réalisateur occasionnel, metteur en scène de théâtre et professeur d’art dramatique Georges Wilson (1921-2010). Retour ici sur la soixantaine de rôles, petits et parfois grands – l’amnésique d’Une aussi longue absence, le bistrotier-garagiste de Chair de poule ou le Capitaine Haddock de Tintin et le mystère de la Toison d’Or – ayant jalonné au cinéma, entre France et Italie, le parcours d’un homme de scène au parcours assez unique en son genre, formé en son temps par Pierre Renoir et dont les premiers compagnons de route s’appelaient Jean-Pierre Grenier, Olivier Hussenot et Jean Vilar. Directeur du TNP et du Festival d’Avignon à la suite de ce dernier, entre 1963 et 1972, plus tard initiateur de l’ouverture de la salle Gémier au Théâtre National de Chaillot, de cet authentique monstre sacré avait effectué ses adieux (informels) aux planches en interprétant et en dirigeant, à l’automne dernier, Simplement compliqué de Thomas Bernhard sur la scène des Bouffes du Nord. Georges Wilson ou Une aussi longue – et fabuleuse – présence…

Valeska Gert

La reprise du préambule au portrait esquissé par Italo Manzi pour le second volume (à paraître) de L’@ide-Mémoire – Encyclopédie des Comédiens s’imposait, quelques semaines à peine après la diffusion au Cinéma de Minuit, du Journal d’une fille perdue (G.W. Pabst, 1929), autre incontournable s’il en fût, de la filmographie de Louise Brooks. Face à un Andrews Engelmann presque aussi terrifiant qu’elle, l’immense et assez incroyable Valeska Gert (1892-1978), composait, mi-belette, mi-crotale, une directrice de maison de redressement détestable à souhait, capable d’ériger en deux temps, trois mouvements, la méchanceté en vertu cardinale et le sadisme en Art majeur. Retour en dates sur la filmographie étonnante d’une actrice notoirement trigame, adepte forcenée du naturisme jusqu’à la fin de sa vie (elle mourut à 86 ans) et ayant su faire montre de suffisamment d’humour – ou de lucidité – pour avoir intitulé son autobiographie Je suis une sorcière, ce qui suffit en soi à forcer (triplement) l’admiration. Respect, donc, et pour la suite, c’est ici

Prix de beauté (Miss Europe)

La récente revision (merci Patrick Brion) des trois seuls longs métrages européens tournés par Louise Brooks, comédienne touchante et actrice magnétique s’il en fût, aura constitué l’occasion – entre autres choses – de refaire le point sur le plus méconnu des trois, Prix de beauté, film authentiquement bancal et pur chef-d’œuvre (lire la suite).

Tout l'or du monde

Les films se suivent et ne se ressemblent pas : quinze ans exactement après le magnifique Le silence est d’or, dont il a été précédemment question, René Clair, "jeune" académicien-français en déficit d’inspiration – ceci expliquant cela ? – signait avec Tout l’or du monde l’un de ses plus mauvais longs métrages, que même l’opus suivant, Les Fêtes galantes, ne parviendra pas à égaler en terme(s) de lourdeur et d’inutilité. Retour sur un (quasi) désastre, ici et maintenant…

Éric Elmosnino

Donné – le fait est suffisamment rare pour être souligné – avec quelques treize mois d’avance comme l’un des favoris dans la course aux César(s) 2011, le très au top et très bluffant Éric Elmosnino (Serge Gainsbourg, sors de ce corps !) en a surpris plus d’un en s’appropriant avec une aisance triplement déconcertante la personnalité, le physique et même l’empreinte vocale de l’homme à la tête de chou. Retour en dates (de circonstance) sur une filmographie riche d’une trentaine de titres, inaugurée il y a exactement 26 ans par un Michel Lang déjà démodé au moment de sa sortie, dans lequel débutait aussi l’humoriste pas drôle Franck Dubosc. Depuis, tous les deux ont suivi les chemins que l’on sait, l’un chez Albert Dupontel, Olivier Assayas et Bruno Podalydès, l’autre chez Élie Semoun et Fabien Onteniente, et bizarrement, à L’@ide-Mémoire, nous préférons (de très loin) le premier. On se demande bien pourquoi

Pierre Vaneck

Décès à l’âge de 78 ans du comédien de théâtre, cinéma et télévision Pierre Vaneck (1931-2010), artiste multifacettes passé, tant sur les planches qu’à l’écran, des emplois de jeunes premiers "gérardphilipiens" aux quinquagénaires et sexagénaires massifs, parfois rugueux, et dont la profession, dès l’annonce de sa disparition, a loué les réelles qualités humaines, l’immense professionnalisme et le refus (notoire) des mondanités comme des faux-semblants. Retour en dates sur le parcours d’un acteur rare et exigeant, discret et populaire qui, pour n’avoir jamais démérité à l’écran, n’en aura pas moins trouvé ses plus beaux rôles – et, partant, rencontré ses meilleurs auteurs – sur les planches, entre Festival(s) d’Avignon et créations de "prestige"... (lire la suite)

Marie France

De récitals intimistes en concerts à guichets fermés, Marie France a su s’imposer, depuis le début des années 90, comme l’interprète féminine la plus résolument inspirée et la plus furieusement éclectique du paysage musical français dans les catégories "pop-rock-variétés-chansons à texte". Et comme elle a passé l’essentiel du second semestre 2009 à revisiter entre chic et charme, l’univers passionnant d’une actrice passionnante, il nous a semblé judicieux d’ouvrir exceptionnellement nos colonnes à ce Marie France visite Bardot, où il a sera certes davantage question de chanson(s) que de cinéma (encore que…) mais qui a – ceci expliquant cela – assurément compté parmi les deux trois plus belles réussites scénographiques et (désormais) discographiques des six derniers mois. En attendant, comme il se doit, la suite

Renée Lebas

Renée Lebas (1917-2009) n’aura tourné en définitive que trois films, dont un en Allemagne, mais aura plus assurément que toute autre conféré ses lettres de noblesse à Marjolaine ou au Temps du muguet, incunables de la variété française "haut de gamme". Biographie succincte et filmographie express de celle que Charles Trenet surnommait à juste titre "la mère de La Mer" ici et maintenant.

Maxime Leroux

Disparition prématurée, dans sa 59ème année, du comédien de théâtre, cinéma et télévision – et ex-instituteur – Maxime Leroux (1951-2010), auquel le rôle récurrent du vétérinaire du Refuge avait permis, au cours de la seconde moitié des années 90, d’accéder via le petit écran aux emplois de tout premier plan. En attendant la visite plus approfondie d’une carrière protéiforme ayant, deux décennies durant, su conjuguer éclectisme et singularité, il nous a semblé opportun de dresser sans plus attendre la filmographie riche en points de repères – du médecin d’Agent trouble au prêtre fanatique de Chouans ! en passant par Claude Debussy dans l’ultra césarisé Camille Claudel – de cet artiste attachant et doué, au parcours atypique (lire la suite).

Le silence est d'or

Cinéaste s'il en fut du temps qui file et du regret de ce qui n'est plus, René Clair professe avec Le silence est d'or qu'en 1946, et contrairement à ce qu'affirmera un peu péremptoirement Simone Signoret par la suite, la nostalgie était bien encore ce qu'elle était au cours des mois ayant suivi la Libération. Retour circonstancié sur l'un des plus beaux films mis en chantier dans la France de l'immédiat après-guerre et, accessoirement, sur ce qui demeure la plus belle prestation de Maurice Chevalier au grand écran... (lire la suite).

La crise est finie

Les nombreux incidents liés à son tournage et le relatif (et incompréhensible) insuccès du film lors de sa sortie en salles, à l’automne 1934, n’y feront rien : La Crise est finie, œuvre bien dans l’air du temps, reste sans aucun doute l’une des meilleures – et assurément la plus gay friendly – comédies musicales mises en chantier durant l’entre-deux-guerres. Et la voix, déjà magnifique, de Danielle Darrieux (17 printemps), n’y est certes pas pour rien… (lire la suite).

Roger Pierre

Annonce du décès, dans sa 87ème année, du comédien, humoriste, réalisateur, auteur de livres et animateur télé Roger Pierre, figure incontournable du cinéma de papa des Trente Glorieuses et des années fastes de l’ORTF version Carpentier, dont seul Alain Resnais semble avoir su détecter, un chouia sur le tard, l’étonnant – et jusqu’alors sous-estimé- potentiel dramatique (lire la suite).

Pierre Étaix

Les mauvais procès font parfois les spectacles inespérés. Alors que le dernier (?) round d’un combat judiciaire l’opposant, ainsi que son coauteur Jean-Claude Carrière, à la société Gavroche Productions, semble vouloir retarder d’autant la redécouverte, très attendue, de l’œuvre cinématographique de l’immense Pierre Étaix, le scénariste et réalisateur de Yoyo redonne vie, différemment, à son film le plus emblématique. C’est à trois heures de Paris en TGV, plus précisément au Théâtre du Pont-Tournant de Bordeaux, que cela se passe (lire la suite).

Stéphanie Mathieu

Lorsqu’une grande – par la taille, le professionnalisme et, accessoirement, le talent – comédienne de théâtre débute au cinéma dans un petit rôle, le terme même de petit rôle est-il toujours d’actualité ? Réponse fin 2010 lors de la sortie en salles de la prochaine comédie de Charles Némès, intitulée Bout de ficelle mais blockbuster (à la française) annoncé, où Stéphanie Mathieu, non contente d’endosser la casquette de chorégraphe, effectuera, aux côtés de Fred Testot (autre valeur à suivre de près), ses (tardifs) premiers pas au grand écran. Celle qui fut des années durant l’égérie du metteur en scène de théâtre Xavier Lemaire, et sous la direction de Vincent Viotti, une époustouflante Veuve rusée, ne s’était, curieusement, jamais produite dans un long métrage de cinéma. Oubli (de la profession) réparé, et ce ne sont assurément pas les spectateurs du " théâtre musical " Filles de joie, régulièrement repris depuis sa création en 2003 (http://venuscargo.com/fdj.htm), ou les inconditionnels du travail scénographique de Michel Raskine, qui argueront du contraire…

Ursula Kübler-Vian

Décès dans une absolution discrétion de l’ex-danseuse et comédienne d’origine suisse Ursula Kübler-Vian (1925-2010), veuve du romancier, poète, dramaturge et pataphysicien Boris Vian, dont elle s’était attachée, depuis un demi-siècle, à faire vivre l’œuvre protéiforme s’il en fût, et actrice de cinéma & télévision à la beauté à la fois singulière et hiératique, croisée, notamment, chez Renoir, Kast et Varda… (lire la suite).

Éric Rohmer

Après le très vibrant et très cinéphilique hommage rendu par le Président de la République (le même qui emmerdait la Princesse de Clèves en 2006) quelques heures après l’annonce du décès du cinéaste, et par lequel on apprenait, entre autres "qu’Éric Rohmer avait créé le style rohmérien" (pas mieux), le silence est de rigueur. Notre hommage sera donc à l’image de "l’inventeur du style rohmérien" : élégant (dans la mesure du possible) et discret, puisque contrairement à son premier (et avouons-le très inattendu) fan de l’Élysée, Éric Rohmer, notoirement, ne goûtait pas plus que ça les interventions télévisuelles… En revanche, une sélection de liens Youtube nous a semblé l’évidence même, en conclusion de laquelle on trouvera comme de juste la première –et assez inattendue– surprise "@ide-Mémoire" de l’année… (lire la suite)

Esther Gorintin

Une comédienne capable de s’étonner, à l’âge (tout de même respectable), de 92 ans de ne se voir proposer que des rôles de vieille dame, était forcément quelqu’un de formidable. Nos amis – c’est-à-dire Christian Leciaguiçahar – du Coin du Cinéphage viennent de consacrer leur premier article de l’année 2010 à cette figure emblématique, unique et attachante du cinéma d’auteur à la française, discrètement disparue il y a quelques jours, à la veille son 97ème anniversaire (lire la suite).

Encyclopédie des longs métrages

Après une pause de près de quatre ans, le site de L'@ide-Mémoire renaît dans une mise en scène flambant neuve, au moment même où paraît le premier volume d’une Encyclopédie des Longs Métrages de fiction produits et/ou tournés en France entre 1929 et 1979, voulue et coordonnée par l’auteur de ce site, avec la participation de Christophe Bier, Stéphane Boudin, Gilles Grandmaire, Italo Manzi et Raymond Chirat qui en a également signé la préface. L’ensemble de notre projet éditorial, publié sur quatre ans, comportera 6000 entrées et le Volume 2 paraîtra début mars. En attendant, les dix premières notules sont consultables ici et la suite, .

Trois…

Deux…

Un…

 

... où il est (sera) question de cinéma, de théâtre et même aussi de chanson, entre rétro chic & culture(s) du XXIe siècle, selon l’humeur, l’actualité & les découvertes du moment.

... où l’excitation est grande parce que je voulais ce site depuis un bail et que rien n’est plus euphorisant (à part peut-être une vodka pamplemousse, une vodka pomme ou une vodka n’importe quoi) qu’une aventure qui démarre, toute modeste soit-elle.

... où l’envie se fait de plus en plus impérieuse d’ouvrir incessamment sous peu une rubrique interviews dont l’intention avérée est (sera) d’établir autant de passerelles entre musique et septième art.

... où celles et ceux d’entre vous qui pensez que Pasolini est bien plus rock qu’on ne le croit, qu’Anne Libert est une grande actrice, que Julien Doré a raison de faire du cinéma (et que Vincent Lagaf’ aurait mieux fait de s’abstenir), que Lucy Gordon n’aurait jamais dû partir, que le cinéma de Jacques Becker doit énormément à Pâquerette, Gaston Modot et Yette Lucas, que les comédies italiennes des années 60 sont un pur kif, que Carmen Maura est la plus grande actrice vivante au monde, qu’Élisabeth Wiener mérite amplement sa place au Top 10 des plus belles actrices du cinéma mondial, que Maria Schneider, Valérie Lagrange et Myriam Mézières devraient tourner plus souvent, qu’il faut réhabiliter d’urgence tous les premiers films de Jean-François Davy et ressortir tout Gregory La Cava en blue ray, qu’Anicée Alvina n’a pas eu tout à fait la carrière qu’elle méritait, qu’Éric Elmosnino est particulièrement grandiose chez Joann Sfar, qu’on devrait parler plus souvent de Muse Dalbray et de Maria Meriko, que Florence Foresti est une fille formidable et Marie France une sorte de miracle ambulant, que Marguerite de Morlaye, Edie Sedgwick et Édouard Francomme méritent une place dans le Tulard, que Félicité Wouassi possède une présence rare et un charisme hors du commun, que le cinéma de Luis Buñuel n’a pas pris une ride et le visage d’Arielle Dombasle non plus, qu’Anna Mouglalis est une comédienne à pleurer en plus d’être une actrice belle à tomber, que l’art ne saurait tolérer aucune barrière et que tout reste encore à réinventer, êtes – comme on dit – les bienvenu(e)s sur ce site.

Moteur !

Armel De Lorme, 20 janvier 2010.