L'@ide-Mémoire

ENCYCLOPÉDIE DU CINÉMA FRANÇAIS

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Encyclopédie des comédiens, vol. 1
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Cécile Aubry

Disparition encore (décidément…) de l’éphémère et délicate (ex-) jeune première Cécile Aubry, révélée par Henri-Georges Clouzot (Manon, 1948), prise un temps sous contrat par la Fox (The Black Rose, Henry Hathaway, 1949), revue, sitôt rentrée en France, chez Christian-Jaque (Barbe-Bleue, 1951) et devenue à 25 ans, comme dans les contes de fées, l’épouse du fils du Pacha de Marrakech, avant d’effectuer la reconversion que l’on sait dans l’écriture de romans à succès et la réalisation de feuilletons télévisés des années 60 et 70 adaptés de ses propres ouvrages et tous peu ou prou interprétés par son fils Mehdi (El Glaoui). Pour l’essentiel, en titres et en images, c’est ici que ça se passe.

Sacha Briquet

La disparition d’Édith Piaf occulta en son temps celle de Jean Cocteau (et pourtant…), le décès récent de Michael Jackson celui de Farrah Fawcett, ainsi en sera-t-il probablement du prolifique Sacha Briquet, découvert sans vie par sa femme de ménage – on ne pas vraiment à quand remonte exactement sa mort, probablement au début de la semaine précédente – à son domicile normand le jour même, pas si lointain que ça, qui vit Bernard Giraudeau perdre définitivement son combat contre le crabe. Si, aux yeux d’une génération entière d’ex-téléphiles en culottes courtes, il reste à tout jamais Albert Travling (Travelling ?), le très fourbe et très méchant imprésario qui rêvait d’exhiber Casimir, préalablement mis en cage, dans les foires du monde entier et loin de l’île aux Enfants, mais chantonnait si bien le Tango de l’Amitié avec Marie-Noëlle Chevalier/Mlle Futaie (regrets éternels), les Nouveaux-Vagues et leurs admirateurs garderont quant à eux le souvenir amusé du soupirant BOF de la Lucile Saint-Simon des Bonnes Femmes (Claude Chabrol, 1959), du polytechnicien puceau des Godelureaux… (Chabrol, 1960) bavant sur le décolleté de Bernadette Lafont ou du fossoyeur crétinou d’Ophélia (Chabrol, 1961) s’improvisant acteur de film muet… (la suite ici).

La Minute Nécessaire de Monsieur Encyclopède

Sortie différée – pour cause de copies film "rentrées" à la toute dernière minute – et néanmoins avérée du deuxième tome de L’Encyclopédie des Longs Métrages français de fiction 1929-1979, voulue, imaginée, rédigée et même un peu éditée par le créateur et principal animateur de ce site, entouré, pour l’occasion, de Christophe Bier (Dictionnaire des Longs métrages français érotiques et pornographiques en 16 et 35 mm), Raymond Chirat (Histoire du Cinéma français 1908-1970), Gilles Grandmaire (Stars deuxième), Italo Manzi (Correspondance avec Manuel Puig) et, très accessoirement, mais pas si accessoirement que cela non plus, de quelques cinéphiles formidables… Où il sera éminemment question de Sacha Guitry, Robert Bresson, Marcel Pagnol, Alain Resnais, Philippe Garrel, Marguerite Duras, Henri-Georges Clouzot, Robert Siodmak, Maurice Tourneur, Jean Vigo, Billy Wilder, Marcel Carné, Julien Duvivier, Fédor Ozep, Carlo Rim, Marc Allégret, Luc Moullet, Claude Sautet, G.W. Pabst, Edgardo Cozarinsky, Raymond Bernard, Fernando Arrabal… au prisme de 226 longs métrages, vus, revus, présentés, résumés, annotés et – parfois même – commentés. Le PDF des sept premières notules est accessible ici, le bon de commande , le volume 1 est toujours disponible en cliquant au bon endroit, et pour les commentaires d’usage, rendez-vous sur notre page facebook (qui, entre nous soit dit, a besoin d’un sérieux coup de fouet). Pour le reste, plus que vingt mois (c’est long, vingt mois) à tenir avant les Présidentielles 2012, douze semaines (c’est long, trois mois) à patienter avant de voir l’intégrale DVD Pierre Étaix tourner en boucle sur nos graveurs de salon qui, de mémoire de graveurs de salon, n’auront jamais rien vu d’aussi beau, mais quatre petits jours seulement (c’est court, quatre jours) avant la sortie officielle de ce Volume 2, si bien soutenu par nos confrères, et parfois amis, de Jeune Cinéma, d’Objectif Cinéma et du Coin du Cinéphage. Reparlons-en à partir du Jeudi 22 Juillet, si le cœur vous en dit (et même aussi dans le cas contraire).

Bernard Giraudeau

 

Bouclage du deuxième volume de notre Encyclopédie des longs métrages de fiction 1929-1979 oblige, c’est un hommage cursif que nous rendrons – en attendant des jours sinon meilleurs, du moins nettement moins overspeed – au comédien, réalisateur, scénariste, producteur et homme de plume Bernard Giraudeau, décédé hier matin dans un hôpital parisien, emporté dans sa 64ème année par un cancer qu’il avait su porter avec pudeur et dignité, courage et élégance sur la place publique, remettant en cause, en de multiples occasions, la faible place accordé aux malades "déclarés" par les industries du Cinéma et de la Télévision. Une sorte d’exemple en soi, rien de moins.

Pierre Maguelon

 

Disparition, dans sa 77ème année, du comédien Pierre Maguelon, victime d’une hémorragie cérébrale survenue alors même qu’il participait au Festival de Théâtre de Saint-André (Pyrénées-Orientales) dont il était l’invité d'honneur. Too bad. Natif du Tarn, l’acteur avait entamé une longue et prolifique carrière à la fin des années 50, sous le pseudonyme de Petit-Bobo, conservé jusqu’au milieu de la décennie suivante. Rapidement passé du cabaret – où il se liera d’amitié avec un autre Méridional à moustache, le Sétois Georges Brassens, dont il assurera en outre les premières parties – au studio, Pierre Maguelon, archétype de l’acteur toujours impeccable, se sera illustré au final dans une cinquantaine de petits rôles au grand écran, enchaînant sans lasser les Français moyens tantôt débonnaires, tantôt obtus, parfois les deux à la fois… (lire la suite).

Landru

Arte – la dernière chaîne de télévision française à avoir diffusé, à l’aube des années 90, des films de Pierre Étaix – aime le Cinéma, et l’a prouvé abondamment depuis 1992. Arte aime le prolifique Claude Chabrol et l’a prouvé récemment en diffusant coup sur coup le très couillu Que la bête meure (1969) et le très âpre Betty (1991). On n’en sera dès lors que plus surpris d’avoir pu (re)découvrir son Landru (1962) dans une version tronquée de près d’une demi-heure par rapport au métrage original, d’où ont totalement disparu, pêle-mêle et sans véritable logique, les personnages interprétés par Catherine Rouvel (meilleure encore que chez Renoir) et Huguette Forge, le Clemenceau décati campé non sans humour par Raymond Queneau et le Georges Mandel silhouetté avec truculence par Jean-Pierre Melville. À sa sortie, voici 47 ans, le Landru de Chabrol et Sagan avait fait l’objet d’un procès de la part de Fernande Segret, la dernière maîtresse attitrée du "cuisinier" (présumé) de Gambais, heurtée par la vision donnée d’elle par les auteurs et la comédienne (l’immense Stéphane Audran) lui ayant prêté ses traits. Peut-être les familles respectives d’Andrée Babelay, de Mandel et de Clemenceau, ont-elles exigé des coupes près de cinq décennies après le tournage ? Peut-être Chabrol a-t-il lui-même demandé la diffusion d’un digest de son film original ? Peut-être, simplement, les très érudits programmateurs d’Arte n’ont-ils jamais, en toute bonne foi, entendu parler de la version intégrale, pourtant diffusée à maintes reprises sur leurs consœurs hertziennes et, fin 2005, sur Paris Première. La question est posée, bien malin qui saurait y répondre. Pour ce qui est de nous, faute d’avoir pu retrouver sur la toile un extrait en ligne des fameuses séquences interprétées par l’autre Catherine du Cinéma français, nous avons choisi d’exhumer – ce sera notre surprise de juillet – un reportage de l’INA donnant la parole au grand Charles (Denner, pas le très résistant et très pontifiant mari de la vieille Yvonne), qui trouvait là son premier rôle important au grand écran. C’est ici que ça se passe, et pour la fiche technique et artistique du film, ce sera .

Laurent Terzieff

Décès, deux semaines après la disparition de Nathalie Nattier, d’un autre comédien français d’origine slave, au final sous – et pas toujours très bien – utilisé par le cinéma français. Révélé du jour au lendemain par le succès phénoménal des très surévalués Tricheurs (Marcel Carné, 1958), dès lors voué aux bad boys de pure convention auxquels auraient simplement manqué le Las(z)lo Benedek de L’Équipée sauvage, l’Elia Kazan de Sur les quais ou le Nicholas Ray de La Fureur de vivre, le très incandescent Laurent Terzieff n’aura en définitive tourné dans son pays natal qu’une poignée de films (La Prisonnière, La Voie lactée, Les Hautes Solitudes, Détective…) à la mesure de son immense talent, mieux servi au demeurant par l’Âge d’or du cinéma transalpin que par un Claude Autant-Lara sur le déclin (Le Bois des Amants, 1960), un Alex Joffé à la ramasse (Les Culottes rouges, 1962) ou une Véra Belmont péniblissime (Rouge Baiser, 1984). Les Garçons (Mauro Bolognini, 1959) valaient assurément bien mieux que Les Tricheurs, le glacé-brûlant Vanina Vanini (Roberto Rossellini, 1961) sut admirablement mettre en valeur une solarité presque sous-jacente que d’autres – et pas toujours des moindres – n’avaient pas forcément su déceler à l’époque derrière la séduction hors norme du beau ténébreux, l’incroyable Médée (Pier Paolo Pasolini, 1969), où il silhouettait en deux scènes un très sexy Centaure, confirma que l’acteur, né de ce point de vue dix ou quinze ans trop tard, était probablement " fait " pour les personnages de Cocteau avec plus d’évidence encore que Jean Marais, le sublissime et déroutant Ostia (Sergio Citti, id.) lui permit de prouver, si besoin était, qu’animalité, sensibilité et cérébralité font souvent très bon ménage chez les artistes d’exception. (La suite ici…).

La plus belle fille du monde

Disparition dans la plus absolue discrétion de notre amie Nathalie Nattier, décédée dans sa 87ème année à l’hôpital de Lagny-sur-Marne le 19 juin dernier. La femme, délicieuse, drôle et plutôt bonne vivante, était, dans le privé, l’exact l’opposé de la tragique Malou des Portes de la Nuit, qui lui valut ses plus belles "unes" de magazines, avant de la précipiter sic transit gloria mundi du sommet de l’affiche et des productions de prestige dans la série B et les emplois plus légers auxquels elle avait, paradoxalement, toujours aspiré. Retour ici, entre photos et confidences, sur l’étonnant – et somme toute méconnu – parcours d’une femme fatale qui se rêvait (peut-être) actrice comique et sut (assurément) faire montre d’humour jusqu’aux dernières heures d’une longue existence plutôt bien remplie.

Rezvani Bis

Pour les unhappy few qui, contrairement au staff de l’@ide-Mémoire, à nos confrères de www.lalalala.org et, accessoirement, à Marie-José Nat ou Bernard-Henri Lévy, n’étaient pas présents dans la salle des Trois Baudets, au soir du 2 juin, l’hommage à Serge Rezvani imaginé pour la seconde fois par Marie-Rose Guarnieri, de la Librairie des Abbesses, a constitué comme prévu – ce malgré l’absence d’Anna Karina - un mix parfait entre happening chic et instants, souvent improvisés, de beauté fulgurante (lire la suite).

Martine Sarcey

Disparue quelques jours à peine après sa cadette de sept mois Ginette Garcin, l’immense Martine Sarcey aura, elle aussi, marqué d’une empreinte indéfectible plus de six décennies de cinéma, de théâtre et de télévision, dont la probité de comédienne restera à tout jamais associée à la Jeanne Fortier de La Porteuse de pain (Marcel Camus, 1972), malheureuse mais jamais larmoyante, éprouvée mais toujours partante pour célébrer sur trois ou quatre notes le temps des cerises et le merle moqueur. À une tristoune nécrologie de circonstance, nous avons préféré la mise en ligne du portrait, rédigé de son vivant, que nous lui avions consacré, il y a quelques années, dans le premier volume de notre Encyclopédie des Comédiens. C’est donc ici que cela se passe.

Ginette Garcin

Le décès récent, des suites de la rechute d’un cancer de l’intestin, de Ginette Garcin, comédienne multifacettes appréciée au Boulevard comme à Chaillot, remarquée chez Audiard et Lelouch mais consacrée par Jean Yanne et Nelly Kaplan a provoqué une sorte d’onde de chocs chez le téléspectateur 2.0, sensible depuis des années à sa verve, sa gouaille et à son franc-parler. On pourra certes regretter à juste titre la disparition, désormais définitive, de la Jeanne de Famille d’accueil (ciel) et de la Mme Cotte de Père et Maire (feuilleton décidément maudit), de la Mamma de Marc et Sophie ou de la Maryvonne d’Imogène, mais pour ce qui est de nous, c’est davantage à la comédienne de théâtre, de cinéma et de music-hall qu’iront nos pensées, en souvenir de la choriste débutante de l’Orchestre Jacques Hélian et de l’habilleuse levant la jambe presque aussi haut que Liliane Montevecchi chez Jérôme Savary (Mistinguett, la dernière revue, 2001), de la bistrote-campeuse du dérangent Dupont Lajoie (Yves Boisset, 1974) et de la concierge désabusée du surprenant Charles et Lucie (Nelly Kaplan, 1979), de la matriarche de Cousin, cousine (Jean-Charles Tacchella, 1975) et de la trapéziste-replâtreuse d’arbres du Pays bleu (Tacchella, 1976), de la chanteuse des rues passée au fil des ans de la scène du Lido à l’esplanade de Beaubourg de Les Uns et les Autres (Claude Lelouch, 1980) à la scripte chanteuse de Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil évoquant – sans rire - ce qu’aurait été sa vie si elle n’avait pas connu Jésus. Respect donc.

L’autre Serge

Touche-à-tout génial s’il en fût, Serge Rezvani (ex-Cyrus Bassiak) a plus-que-flirté non sans succès avec le théâtre, le roman, la peinture, tout en s’imposant dans la durée comme l’un des auteurs de chansons – et quelle chansons ! – les plus éminement "cinématographiques" de l’histoire de la variété haute couture. Aussi ne sera-t-on pas surpris du défilé ininterrompu de comédiennes chantantes s’apprêtant à venir lui rendre hommage en paroles et musique sur la scène des Trois Baudets ce mercredi 2 juin (20h30), à l’issue d’une séance de rencontre-dédicace avec le public : les toujours jeunes et pimpantes Jeanne Moreau et Vanessa Redgrave dûment excusées, ce sera aux belles Mona Heftre (Change pas demain, Thérèse, Capitaine Achab), Dani (La Nuit américaine, L’Amour en fuite, À mort la Mort !, Fauteuils d’orchestre), Helena Noguerra (Dans Paris, L’Arnacœur), Arielle Dombasle (Pauline à la plage, Les Pyramides bleues, L’Arbre, le Maire et la Médiathèque, Le Temps retrouvé, Nouvelle Chance), Anna Karina (Vivre sa vie & autres petits films sans importance) et à la plus-que-belle Marie France (Les Intrigues de Silvia Couski, J’irai comme un cheval fou, Le Jardin des Hespérides, Je vous hais petites filles) à peine sortie du double tsunami Phantom feat. Jacques Duvall/Brigitte Bardot, que reviendra le soin de remettre au goût du jour (si besoin est) Le Tourbillon (Jules et Jim), Embrasse-moi (Peau de banane), Jamais je ne t'ai dit que je t'aimerai toujours (Pierrot le Fou), La Ligne de chance (idem), La Peau Léon, J’ai la mémoire qui flanche et autres incunables du grand Serge. Comme un peu de testostérone n’a jamais fait de mal à personne, surtout par temps de crise, Alain Chamfort, Thibault Derien, Philippe Katerine seront également de la partie (ce qui est bien), alors même que les dames Jaoui Agnès, Kiberlain Sandrine et Robin Muriel, très justement pénalisées pour avoir massacré de conserve Barbara sur scène lors d’un Châtelet de triste mémoire, semblent ne pas avoir été du tout sollicitées (ce qui est mieux). Pour ce qui est du communiqué de presse, il est accessible ici, et pour celles et ceux qui auraient la flemme de cliquer, le numéro réservations ci-après s’impose : 01 42 62 33 33. Crédit photo © Richard Dumas (D.R.).

Jeune Cinéma

Ce n’est pas parce que léminent Lucien Logette a exprimé en termes circonstanciés, dans les colonnes du dernier numéro de Jeune Cinéma, tout le bien qu’il pensait du premier volume de notre Encyclopédie des Longs Métrages sonores (désormais proposé à la vente sur Priceminister) que nous devions nous abstenir – au nom de quel refus du népotisme ou de quelle prétendue éthique ? – de lui dire à notre tour le plaisir que nous a procuré la lecture de cet arrivage de printemps. Où l’on revient à l’envi – aperçu non exhaustif – sur la jeune fille selon Éric Rohmer (pp. 7-13) et l’état des lieux des Festivals un peu partout en Europe (pp. 46-67), sur Pauline Carton qui – ce n’est pas absolument incompatible – se trouvait une " gueule de raie " et vient de faire l’objet d’une biographie écrite parue à l’Harmattan (pp. 135-137) et Eugène Ionesco dont on n’en finit pas de (re)découvrir les rapports amoureux-compliqués entretenus avec un Septième Art qui voulait bien de lui mais pas trop (pp. 98-100). À savourer sans modération, comme de juste.

Gérard du Cinéma, cinquième

Avec quatre nominations (pour 12 spectateurs Paris le premier jour d’exploitation, ce qui fait un rapport nombre de nomination/taux de fréquentation assez exceptionnel pour qu’on le signale), Le Baltringue était donné grand favori dans la course au Gérard du Cinéma 2010. Par chance (ou pas), c’est au final le fantastique (ou non) et épatant (humour) Cinéman qui, un peu beaucoup raflé la mise lundi dernier sur la scène du Théâtre Michel, confirmant ce faisant tout le bien-fondé de sa dithyrambique défense, au moment de sa sortie, par l’immense Bernard-Henri Lévy (critique de cinéma émérite et attaché de presse bénévole). Transition habile, tombant comme un cheveu sur la langue d’Isabelle Mergault, pour rappeler au passage que la jeune et ravissante Arielle Dombasle, désormais ex-æquo avec Isabelle Adjani, cinq fois césarisée, a décroché quant à elle son cinquième trophée consécutif, sobrement intitulé " Gérard de l’actrice dont le mari s’est tellement couvert de ridicule que ses réseaux ne lui permettent plus le moindre rôle, pas même un tapin dans un film de Lagaf’ ". Ce qui n’est du reste pas tout à fait exact, puisqu’à l’instar de Florence Cassez (mauvais exemple) ou d’Alizée, la belle est, depuis un an ou deux, extrêmement présente au Mexique. Le reste du palmarès, mettant notamment à l’honneur Marina De Van (" Gérard du titre gay " pour Ne te retourne pas), Carole Bouquet (" Gérard de Madame la Grande Actrice qui va s’encanailler dans une comédie de ploucs pour casser son image de vieille bourgeoise coincée du cul "), Anna Mouglalis (" Gérard de l’Acteur qui a un nom de maladie "), Sergi López (" Gérard de l’Acteur qui vient manger le pain des Français ") et Manu Payet (" Gérard de l’acteur dont on espère qu’il aura jamais de premier rôle quand on voit comment il se débrouille avec les seconds ") est accessible en images ici. Précision : comme de juste (et presque comme chaque année), aucun lauréat n’a jugé bon de venir chercher son parpaing doré ou de témoigner sa satisfaction d’une manière ou d’une autre, fût-ce par un simple envoi de texto. Quand on vous disait que les acteurs sont des ingrats…

Pierre Étaix, deuxième

Les informations arrivent encore au compte-gouttes, mais après un premier semestre mité par un hiver persistant, une très pathétique Ferme célébrités, une remontée avérée du Front National dans les sondages, une transformation du concours Miss France en Fort Chabrol cathodico-médiatique et – accessoirement – les agissements minables et mesquins de certain volcan islandais, il semble que 2010 devrait s’achever mieux qu’elle n’a commencé. En même temps, pire, on ne peut pas… Et donc, faisant suite à la projection cannoise du Grand Amour (1968), c’est bien une intégrale dûment restaurée qui, au terme d’un courriel reçu ce jour de l’association des Amis de Pierre Étaix, sortira en salles le 7 juillet, prélude à une sortie DVD en octobre. Il semblerait que Me Francine-Édelman, qu’un interminable bras de fer juridique opposait au cinéaste et à Jean-Claude Carrière l’ait eu finalement dans le cul (ce qui est bien) et que les cinéphiles dignes de ce nom aient – enfin ! – de bonnes raisons de se réjouir. Affaire à suivre…

Yann Gonzalez

S’il est vrai qu’il n’est de grand film qui ne s’adresse dans le même temps à l’intelligence, au cœur, au regard et à l’oreille, alors les trois courts métrages (sur quatre) rediffusés sur le câble du jeune, prolifique et monstrueusement talentueux Yann Gonzalez, pour en être courts n’en sont pas moins grands. Séance de rattrapage obligatoire donc sur Ciné Cinéma Club début mai, où, entre deux brins de muguet, on verra/reverra et bloc et jusqu’à plus soif, le très déconcertant et nonobstant très abouti Je vous hais, petites filles dans lequel de sublimes Marie France et Éva Ionesco se livrent de conserve à une revisite "moderne" du tandem Patsy/Edina qui fit en son temps les beaux soirs d’Absolument fabuleux (dimanche 2 mai à 15h15), suivi, à quelques jours d’intervalle, d’un mi-pasolinien mi-cocteauesque Les Astres noirs (feat. Julien Doré, déjà fait de toute évidence pour le cinéma) et d’Entracte, ode minimaliste à l’amour fou et authentique concentré, entre Fassbinder et Street Culture, de purs talents en devenir (mercredi 5 mai à 18h00). Cinéaste à suivre, donc, pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris.

Paul Bisciglia

Alors que - tellement plus classe que l’intervention (huée à sa juste valeur) du Ministre de la Culture réfutant, micro en main, le bien-fondé des propos tenus quelques instants auparavant par les intermittents du spectacle – l’hommage de circonstance rendu aux disparus de l’année lors de la dernière édition des Molières, rappelait ou annonçait, au choix, les récentes disparitions d’Anne Alexandre, Yves Arcanel, Marcelle Barreau, Madeleine Cheminat, Yvonne Clech, Claude Debord, Max Fournel ou Pierre Gallon, nous parvenait via le Coin du Cinéphage celle, fâcheusement passée sous silence, du prolifique Paul Bisciglia. Retour en dates et en films ici.

Surprise d'avril

Le Mauvais Rêve ou Johnny Version Cyberglam d’Andros le Berger du Fruit...

En 1967, l’inénarrable Joël Le Moigne réunit à l'affiche des – inédites en salles, on se demande bien pourquoi – Poneyttes le casting le plus censément hétéroclite et le plus hautement improbable de toute l'histoire du cinéma français, où l'on croise pêle-mêle Arlene Dahl (transfuge hollywoodien fatigué), Patrick Topaloff (regrets éternels), Sylvie Vartan, Carlos, Daniel Ceccaldi, Bruno Coquatrix, Paco Rabanne, Paul-Loup Sulitzer, Mei-Chen Chalais, Nicole Calfan, Marion Game, l’inévitable Dominique Zardi, le chanteur barbu Danyel Gérard, l'animateur radio Hubert, la future James Bond Girl Corinne Cléry, l'actrice X Alice Arno, André Aubert/Don Patillo imitant – mal – Salvador Dali en attendant de se colleter à Fernandel (n'en jetez plus...) et, cerise sur un gâteau crémeux jusqu'à l'étouffement, le colossal (au moins) Johnny Hallyday tout en play-back approximatif, jabot froufroutant, bouclettes dorées de pâtre grec et maquillage-hommage à Goldfinger : un immense moment de cinéma. Ou pas.

La chanson s'intitule (ça ne s’invente pas) Le Mauvais Rêve, porte plutôt bien son nom et, bizarrement, le mannequin-lunettes préféré des camionneurs ne la chante plus du tout depuis une quarantaine d'années. Là encore, on se demande bien pourquoi...

Promizoulin !

La vie est ainsi faite : il est des comédiens connus et parfois reconnus qui ne laisseront probablement aucune trace durable dans l’Histoire du cinéma (au hasard : Christophe Lambert, Michel Sardou, Élie Semoun, Franck Dubosc, Karine Dupray, Ophélie Winter, Sophie Marceau, Muriel Robin, Judith Godrèche…), et des figurants obscurs qui a contrario marqueront durablement les mémoires. L’immense Edmond Besnard, acteur-maison de la firme Eurociné et futur récurrent de Grosland, est de ceux-là, définitivement passé à la postérité au bénéfice d’une seule locution, plus efficace et plus probante dans son ébouriffante concision que la totalité de la filmographie de Mathilde Seigner, la discographie entière de David Guetta ou l’œuvre intégrale de Michel Audiard dans toute leur horreur respective.

Jacques Dacqmine

Son curriculum vitæ avait beau aligner (on excusera du peu) les noms d’Alain Resnais, Jean-Luc Godard et Roman Polanski, le principal titre de gloire cinématographique de Jacques Dacqmine a probablement été d’avoir, à trois reprises et, ce faisant, plutôt bien, donné un visage au fringant Gaston de Sallanches imaginé par Cécil Saint-Laurent, passant des bras de Marie Déa à ceux de Denise Provence mais revenant toujours à ceux de Martine Carol/Caroline Chérie. L’âge venant, l’ex-premier Prix de Conservatoire – issu de la même promotion que Maria Casarès, Jacques Charon, Sophie Desmarets, Daniel Ivernel et Alice Sapritch – et pensionnaire de la Comédie-Française, dont il avait démissionné au bout de quatre ans pour filer directement chez les Renaud-Barrault, s’était spécialisé non sans talent ni humour dans les notables compassés et les figures historiques grandes (Lyautey) ou petites (Charles X), aux antipodes des jeunes premiers qui le firent connaître ou du " De Ciz " de Partage de midi (lire la suite)…

Nana

Le gros problème avec Nana, c’est précisément Nana. Le personnage imaginé par Zola est doté, depuis près d’un siècle et demi, d’une telle dimension mythique – on pourrait presque à son propos parler d’aura – qu’aucune comédienne ne semble pouvoir s’y coller sans risques, et surtout pas Martine Carol. Tentative d'explications ici.

Mireille Balin vs. Viviane Romance

Pour beaucoup de monde en général et pour l’auteur de ces lignes en particulier, Tino Rossi (1907-1983) constitue une sorte de parangon du cinéma populaire des années 30, 40 et après dans ce qu’il peut comporter de plus délicieusement (ou pas) roucoulé et de plus impitoyablement ringard : photogénie à géométrie variable, jeu approximatif, absence totale d’intelligence du texte, voix chantée rétroactivement insupportable… D’où viens dès lors ce miracle d’intelligence, de précision et de beauté redécouvert il y a quelque jour grâce à Patrick Brion ? Naples au baiser de feu (Augusto Genina, 1937) est tout cela, et même un peu plus encore. Tentative d’explication ici.

Claude Debord

Disparition (ce n’est plus un site, c’est une nécropole) de l’auteur dramatique, comédien, parolier et metteur en scène de théâtre Claude Debord, pilier historique du Théâtre de la Huchette, où il a longtemps interprété le professeur psychopathe de La Leçon d’Eugène Ionesco, et fondateur-animateur de la Compagnie Comus, Momus & Cie. Homme "de planches" avant tout, il n’en avait pas moins composé quelques troisièmes couteaux cocasses pour le grand écran, à l’instar du professeur de Latin chahuté de L’Amour en herbe (Roger Andrieux, 1976) ou du contrôleur de train hébété de Tout feu, tout flamme (Jean-Paul Rappeneau, 1981). Et avait surtout, entre deux pièces, pris part à d’innombrables dramatiques télé historiques à tous les sens du terme, tour à tour Fouché de seconde époque de La Terreur et la Vertu (Stellio Lorenzi, 1964), Duc de Bourgogne du Roi Lear (Jean Kerchbron, 1964), Grand Inquisiteur des Cathares (Stellio Lorenzi, 1965), Chabot de Beaumarchais ou 600.000 Fusils (Marcel Bluwal, 1966) ou Villebresme des Rois maudits (Claude Barma, 1972).

Yvonne Clech

Sale temps pour les grandes dames. Après la disparition d’Anne Alexandre et des nouvelles pas franchement réjouissantes de l’immense Mila Parely, nous venons d’apprendre, via Christian Léciagueçahar du Coin du Cinéphage, le décès très discret d’Yvonne Clech, comédienne hors pair et actrice hors norme, dont la classe innée, saupoudrée d’un grain de folie salutaire, a conféré un cachet bien réel à plus d’une comédie du dimanche soir. Mélange assez unique en son genre de décalage et d’aristocratie, Yvonne Clech faisait partie de ces actrices à la fois inclassables et impeccables, capables au choix de tirer vers le haut la farce la plus prévisible ou d’élever l’absurde cinématographique au rang d’art majeur. Retour en dates et en titres.

Mila Parely

En dépit de ratés assez consternants, allant du grand (?) Charles Aznavour se livrant – à propos de la moumoute de Charles Boyer – à des apartés caméra dignes d’un cabot de troisième zone à une fâcheuse séquence " dîner de cons " dont Paulette Dubost, cent ans bientôt et une certaine propension à ne plus parler que de fric et de fesse, s’est retrouvée en quelque sorte l’invitée de choix, l’hommage circonstancié rendu par Michel Drucker à la toujours épatante Danielle Darrieux, quelques semaines avant la sortie annoncée du film Pièce montée, a été riche en moments assez magiques, ayant notamment permis d’entrevoir via de trop courts magnétos des extraits de films peu (Occupe-toi d’Amélie… !) ou pas du tout (Le Bal) visibles. C’est dire si notre plaisir, plutôt de l’ordre de l’indicible, s’est trouvé quelque peu gâché, à l’arrivée, par les mauvaises nouvelles données par l’invitée d’honneur quant à l’état de santé de Mila Parely, comédienne que, de Raymond Chirat à Italo Manzi en passant par l’auteur de ces lignes, nous adorons à L’@ide-Mémoire. Il semble qu’il soit désormais trop tard pour pouvoir raisonnablement espérer que l’élégantissime Mila sorte de sa nuit, mais rien n’interdit de se remémorer, tant qu’elle encore est parmi nous (et même si c’est de moins en moins vrai), la comédienne exceptionnelle, fine et sensible, belle et fantasque, qui assista de sa fenêtre à l’incendie du Reichstag, chanta outre-Atlantique avec l’orchestre de Rudy Vallee, faillit porter un enfant de Jean Marais, sut cultiver les rencontres avec les plus grands metteurs en scène et anima infatigablement, des années durant, les Rencontres cinématographiques de Vichy. Hommage.

Célyne, Karine, Velvet, Dominique et les autres...

Une quiche chasse l’autre : en remplacement de la blonde, nichonneuse et délicieuse Célyne Durand, dont l’actif cinématographique semble se limiter à une apparition non créditée dans Coluche, l’histoire d’un mec et un rôle un peu plus conséquent – en même temps, moins conséquent qu’une apparition non créditée… – dans... Le Baltringue (le film aux 102 spectateurs Paris/Région parisienne le premier jour d’exploitation), c’est une comédienne au curriculum vitae absolument vierge (la demoiselle, en revanche…) que le tandem infernal Endemol/TF1 vient de propulser fermière en Afrique. Enfin, peut-être pas complètement vierge : fraîchement débarquée d’Hollywood " où tout lui réussit " (on est prié de ne pas rire), Karine, la brune, encore plus nichonneuse que la précédente et résolument classe sœur d’Anthony Dupray (Premiers Baisers, Brigade Navarro, que du bon) aurait, aux dires des chargés de com’ d’Endemol, " figuré "  dans des épisodes d'Heroes, des Experts et de Prison Break, ce de façon évidemment aussi discrète (subliminale?) que sa consœur blonde dans le biopic d’Antoine de Caunes. C’est dire à quel point, alors même qu’Isabelle Adjani vient de se voir décerner son cinquième César, l’adéquation entre notre Encyclopédie virtuelle du Cinéma français et ce prototype d’un genre nouveau – la comédienne virtuelle – nous stimule depuis vendredi soir, comme nous stimule la présence, dans ce programme familial et éducatif aux audiences en berne, de la seule et unique représente connue d’un genre lui aussi très à part : l’actrice watersienne n’ayant pas encore travaillé avec l’immense John Waters, et c’est dommage. Aussi vrai que les (confortables) bourrelets de l'ébouriffante Velvet d’Amour ont, au moment de la sortie en salles du très insolite Avida (Gustave de Kervern et Benoît Delépine, 2005), provoqué des hauts-le-cœur chez les chroniqueurs fatigants-fatigués de Laurent Ruquier, nous les trouvons plus chic, pertinents et rock n’roll que le régime amincissant de la " fermière de remplacement n° 2 " Miss Dominique, dont la matière grise – ou ce qui lui tenait lieu de – semble avoir fondu en même temps que ses 70 kilos matière grasse portés disparus depuis l'an dernier : la preuve – et, par là-même, la surprise de mars – en images.

Anne Alexandre

Disparition, dans sa 90ème année, de la comédienne Anne Alexandre (1920-2010), ex-doyenne par l’âge – à défaut de l’avoir été par le nombre d’années d’activité – du Spectacle Ionesco, et authentique pilier du Théâtre de la Huchette, dont elle aura été, durant exactement un demi-siècle, l’un des éléments les plus solides et les plus présents, en même temps qu’une de ses figures les plus éminemment attachantes.

Serge Sauvion

Dans le foisonnant (mais très dispensable) Signes extérieurs de richesse, où il apparaissait fugitivement dans une cabine d’essayage, le visage mangé par un Borsalino, on le reconnaissait uniquement à son empreinte vocale, tant il est vrai que celle-ci avait déjà marqué durablement l’inconscient cinéphilique et télévisuel. Lui-même reconnaissait volontiers, non sans lucidité, s’être laissé prendre au piège doré du doublage, source de cachets conséquents mais aussi – de son point de vue – de frustrations d’ordre artistique. Par chance, la voix française du policier à l’imperméable froissé – celui qui fait un peu penser, en moins systématiquement aviné, au Jean-Louis Borloo des Guignols de l’Info – le plus célèbre du PAF ne fera oublier ni le flic ripou et tortionnaire des Assassins de l’Ordre, ni le concierge débonnaire des 400 Cents Coups de Virginie, ni surtout Charlie, le très hédoniste et très " bigame " commerçant itinérant du meilleur (et probablement unique bon) film de Joël Séria. Retour en titres et dates sur le parcours cinéma de Serge Sauvion (1929-2010), ex-partenaire de cabaret de Pierre Vaneck, comédien irremplaçable de l’aveu même de Bernard Queysanne qui sut l’imposer face à des producteurs frileux au générique de son Amant de poche, et – est-t-il encore utile de le rappeler ? – voix française de Peter Falk en général et de l’inspecteur Colombo en particulier.

Au royaume des Cieux

Le bouclage du volume 2 de l’Encyclopédie des Longs Métrages français de fiction 1929-1979 a été le prétexte à re-vision d’Au royaume des Cieux, œuvre (d)étonnante dans l’œuvre protéiforme de Julien Duvivier, où la plume d’Henri Jeanson mêle exceptionnellement tendresse et lucidité, et sur laquelle semble planer, par endroits, l’ombre géniale de Friedrich Wilhelm Murnau. Tentative d’explication et générique complet ici.

Surprise de février

C’est l’histoire d’un chef d‘État court sur pattes, teigneux, irascible, violent, coureur (et même volontiers queutard), fasciné par le tape-à-l’œil et ayant fait en sorte de nommer des membres de sa famille à des postes-clefs d’un régime franchement liberticide. Autant dire que de tels personnages ne peuvent exister qu’au cinéma… Youtube nous a permis de visionner la vision américaine (écourtée) du Napoléon de Sacha Guitry (1954), moins novateur mais plus amusant que celui d’Abel Gance, et dont le générique-fleuve, entièrement refait, pour la circonstance, sur le mode minimaliste, apparaît comme une curiosité en soi. L’habillage en a été entièrement repensé, le producteur prime sur l’auteur-réalisateur (on est en Amérique) et, au passage, les noms des deux seuls (ex-)Français d’Hollywood (Jean-Pierre Aumont – remplacé en tête de distribution par l’actrice italienne Anna Amendola – et Jean Gabin) figurant dans le film, ont purement et simplement disparu de l’affiche, un peu comme si les distributeurs US avaient voulu les sanctionner, avec quelques années de retard, d’avoir plus ou moins raté leur carrière américaine. Plus surprenante encore, l’absence au générique " made in USA " de Patachou (" Madame Sans-Gêne " dans le film), déjà consacrée – de Waldorf Astoria en Carnegie Hall – vedette de la scène Outre-Atlantique au moment où Napoléon fut distribué sur les écrans new-yorkais. However, c’est notre surprise de février et c’est par-ici que cela se passe…

Si Paris nous était conté...!

Il est, très paradoxalement, d’autres comédies historiques dont on croit avoir fait le tour, et puis non, dont chaque revision voit le plaisir augmenter d’un cran. Si Paris nous était conté…. ! en a déçu quelques-uns au moment de sa première sortie, mais – paradoxalement – ni François Truffaut, ni Jean-François Vilar, ni le rédacteur de ce qui suit, ici et maintenant.

François 1er

Il est des films qu’il ne faudrait surtout pas revoir, surtout lorsqu’on les a aimés étant enfant. François 1er, prototype très surévalué de la comédie drôle pas drôle, est de ceux-là, et l’explication se trouve ici.

Belle de jour

Le thème de la prostitution occasionnelle devait être à la mode à deux ans de la formidable explosion de Mai 68, encombrant héritage… Tandis que Godard, toujours en avance d’une révolution ou deux, brosse via Deux ou Trois Choses que je sais d’elle… une chronique aux accents documentaristes de la ménagère de banlieue complétant le budget familial en faisant des passes de 4 à 6, Buñuel, à l’instar de Kessel, déplace le fond du problème sur le terrain des 5 à 7 et des frustrations bourgeoises qui en constituent souvent l’origine : Séverine, incarnation absolue de la Parisienne rive Gauche, ne se prostitue pas pour l’argent, mais pour suppléer aux carences d’une existence à la fois confortable (elle ne manque objectivement de rien) et aliénante (sa vie de femme mariée ne lui a pas permis de se mettre en règle avec ses désirs les plus intimes). (lire la suite)

Georges Wilson

Annonce de la disparition, dans sa 89ème année, du comédien, scénariste, réalisateur occasionnel, metteur en scène de théâtre et professeur d’art dramatique Georges Wilson (1921-2010). Retour ici sur la soixantaine de rôles, petits et parfois grands – l’amnésique d’Une aussi longue absence, le bistrotier-garagiste de Chair de poule ou le Capitaine Haddock de Tintin et le mystère de la Toison d’Or – ayant jalonné au cinéma, entre France et Italie, le parcours d’un homme de scène au parcours assez unique en son genre, formé en son temps par Pierre Renoir et dont les premiers compagnons de route s’appelaient Jean-Pierre Grenier, Olivier Hussenot et Jean Vilar. Directeur du TNP et du Festival d’Avignon à la suite de ce dernier, entre 1963 et 1972, plus tard initiateur de l’ouverture de la salle Gémier au Théâtre National de Chaillot, de cet authentique monstre sacré avait effectué ses adieux (informels) aux planches en interprétant et en dirigeant, à l’automne dernier, Simplement compliqué de Thomas Bernhard sur la scène des Bouffes du Nord. Georges Wilson ou Une aussi longue – et fabuleuse – présence…

Valeska Gert

La reprise du préambule au portrait esquissé par Italo Manzi pour le second volume (à paraître) de L’@ide-Mémoire – Encyclopédie des Comédiens s’imposait, quelques semaines à peine après la diffusion au Cinéma de Minuit, du Journal d’une fille perdue (G.W. Pabst, 1929), autre incontournable s’il en fût, de la filmographie de Louise Brooks. Face à un Andrews Engelmann presque aussi terrifiant qu’elle, l’immense et assez incroyable Valeska Gert (1892-1978), composait, mi-belette, mi-crotale, une directrice de maison de redressement détestable à souhait, capable d’ériger en deux temps, trois mouvements, la méchanceté en vertu cardinale et le sadisme en Art majeur. Retour en dates sur la filmographie étonnante d’une actrice notoirement trigame, adepte forcenée du naturisme jusqu’à la fin de sa vie (elle mourut à 86 ans) et ayant su faire montre de suffisamment d’humour – ou de lucidité – pour avoir intitulé son autobiographie Je suis une sorcière, ce qui suffit en soi à forcer (triplement) l’admiration. Respect, donc, et pour la suite, c’est ici

Prix de beauté (Miss Europe)

La récente revision (merci Patrick Brion) des trois seuls longs métrages européens tournés par Louise Brooks, comédienne touchante et actrice magnétique s’il en fût, aura constitué l’occasion – entre autres choses – de refaire le point sur le plus méconnu des trois, Prix de beauté, film authentiquement bancal et pur chef-d’œuvre (lire la suite).

Tout l'or du monde

Les films se suivent et ne se ressemblent pas : quinze ans exactement après le magnifique Le silence est d’or, dont il a été précédemment question, René Clair, "jeune" académicien-français en déficit d’inspiration – ceci expliquant cela ? – signait avec Tout l’or du monde l’un de ses plus mauvais longs métrages, que même l’opus suivant, Les Fêtes galantes, ne parviendra pas à égaler en terme(s) de lourdeur et d’inutilité. Retour sur un (quasi) désastre, ici et maintenant…

Éric Elmosnino

Donné – le fait est suffisamment rare pour être souligné – avec quelques treize mois d’avance comme l’un des favoris dans la course aux César(s) 2011, le très au top et très bluffant Éric Elmosnino (Serge Gainsbourg, sors de ce corps !) en a surpris plus d’un en s’appropriant avec une aisance triplement déconcertante la personnalité, le physique et même l’empreinte vocale de l’homme à la tête de chou. Retour en dates (de circonstance) sur une filmographie riche d’une trentaine de titres, inaugurée il y a exactement 26 ans par un Michel Lang déjà démodé au moment de sa sortie, dans lequel débutait aussi l’humoriste pas drôle Franck Dubosc. Depuis, tous les deux ont suivi les chemins que l’on sait, l’un chez Albert Dupontel, Olivier Assayas et Bruno Podalydès, l’autre chez Élie Semoun et Fabien Onteniente, et bizarrement, à L’@ide-Mémoire, nous préférons (de très loin) le premier. On se demande bien pourquoi

Pierre Vaneck

Décès à l’âge de 78 ans du comédien de théâtre, cinéma et télévision Pierre Vaneck (1931-2010), artiste multifacettes passé, tant sur les planches qu’à l’écran, des emplois de jeunes premiers "gérardphilipiens" aux quinquagénaires et sexagénaires massifs, parfois rugueux, et dont la profession, dès l’annonce de sa disparition, a loué les réelles qualités humaines, l’immense professionnalisme et le refus (notoire) des mondanités comme des faux-semblants. Retour en dates sur le parcours d’un acteur rare et exigeant, discret et populaire qui, pour n’avoir jamais démérité à l’écran, n’en aura pas moins trouvé ses plus beaux rôles – et, partant, rencontré ses meilleurs auteurs – sur les planches, entre Festival(s) d’Avignon et créations de "prestige"... (lire la suite)

Marie France

De récitals intimistes en concerts à guichets fermés, Marie France a su s’imposer, depuis le début des années 90, comme l’interprète féminine la plus résolument inspirée et la plus furieusement éclectique du paysage musical français dans les catégories "pop-rock-variétés-chansons à texte". Et comme elle a passé l’essentiel du second semestre 2009 à revisiter entre chic et charme, l’univers passionnant d’une actrice passionnante, il nous a semblé judicieux d’ouvrir exceptionnellement nos colonnes à ce Marie France visite Bardot, où il a sera certes davantage question de chanson(s) que de cinéma (encore que…) mais qui a – ceci expliquant cela – assurément compté parmi les deux trois plus belles réussites scénographiques et (désormais) discographiques des six derniers mois. En attendant, comme il se doit, la suite

Renée Lebas

Renée Lebas (1917-2009) n’aura tourné en définitive que trois films, dont un en Allemagne, mais aura plus assurément que toute autre conféré ses lettres de noblesse à Marjolaine ou au Temps du muguet, incunables de la variété française "haut de gamme". Biographie succincte et filmographie express de celle que Charles Trenet surnommait à juste titre "la mère de La Mer" ici et maintenant.

Maxime Leroux

Disparition prématurée, dans sa 59ème année, du comédien de théâtre, cinéma et télévision – et ex-instituteur – Maxime Leroux (1951-2010), auquel le rôle récurrent du vétérinaire du Refuge avait permis, au cours de la seconde moitié des années 90, d’accéder via le petit écran aux emplois de tout premier plan. En attendant la visite plus approfondie d’une carrière protéiforme ayant, deux décennies durant, su conjuguer éclectisme et singularité, il nous a semblé opportun de dresser sans plus attendre la filmographie riche en points de repères – du médecin d’Agent trouble au prêtre fanatique de Chouans ! en passant par Claude Debussy dans l’ultra césarisé Camille Claudel – de cet artiste attachant et doué, au parcours atypique (lire la suite).

Le silence est d'or

Cinéaste s'il en fut du temps qui file et du regret de ce qui n'est plus, René Clair professe avec Le silence est d'or qu'en 1946, et contrairement à ce qu'affirmera un peu péremptoirement Simone Signoret par la suite, la nostalgie était bien encore ce qu'elle était au cours des mois ayant suivi la Libération. Retour circonstancié sur l'un des plus beaux films mis en chantier dans la France de l'immédiat après-guerre et, accessoirement, sur ce qui demeure la plus belle prestation de Maurice Chevalier au grand écran... (lire la suite).

La crise est finie

Les nombreux incidents liés à son tournage et le relatif (et incompréhensible) insuccès du film lors de sa sortie en salles, à l’automne 1934, n’y feront rien : La Crise est finie, œuvre bien dans l’air du temps, reste sans aucun doute l’une des meilleures – et assurément la plus gay friendly – comédies musicales mises en chantier durant l’entre-deux-guerres. Et la voix, déjà magnifique, de Danielle Darrieux (17 printemps), n’y est certes pas pour rien… (lire la suite).

Roger Pierre

Annonce du décès, dans sa 87ème année, du comédien, humoriste, réalisateur, auteur de livres et animateur télé Roger Pierre, figure incontournable du cinéma de papa des Trente Glorieuses et des années fastes de l’ORTF version Carpentier, dont seul Alain Resnais semble avoir su détecter, un chouia sur le tard, l’étonnant – et jusqu’alors sous-estimé- potentiel dramatique (lire la suite).

Pierre Étaix

Les mauvais procès font parfois les spectacles inespérés. Alors que le dernier (?) round d’un combat judiciaire l’opposant, ainsi que son coauteur Jean-Claude Carrière, à la société Gavroche Productions, semble vouloir retarder d’autant la redécouverte, très attendue, de l’œuvre cinématographique de l’immense Pierre Étaix, le scénariste et réalisateur de Yoyo redonne vie, différemment, à son film le plus emblématique. C’est à trois heures de Paris en TGV, plus précisément au Théâtre du Pont-Tournant de Bordeaux, que cela se passe (lire la suite).

Stéphanie Mathieu

Lorsqu’une grande – par la taille, le professionnalisme et, accessoirement, le talent – comédienne de théâtre débute au cinéma dans un petit rôle, le terme même de petit rôle est-il toujours d’actualité ? Réponse fin 2010 lors de la sortie en salles de la prochaine comédie de Charles Némès, intitulée Bout de ficelle mais blockbuster (à la française) annoncé, où Stéphanie Mathieu, non contente d’endosser la casquette de chorégraphe, effectuera, aux côtés de Fred Testot (autre valeur à suivre de près), ses (tardifs) premiers pas au grand écran. Celle qui fut des années durant l’égérie du metteur en scène de théâtre Xavier Lemaire, et sous la direction de Vincent Viotti, une époustouflante Veuve rusée, ne s’était, curieusement, jamais produite dans un long métrage de cinéma. Oubli (de la profession) réparé, et ce ne sont assurément pas les spectateurs du " théâtre musical " Filles de joie, régulièrement repris depuis sa création en 2003 (http://venuscargo.com/fdj.htm), ou les inconditionnels du travail scénographique de Michel Raskine, qui argueront du contraire…

Ursula Kübler-Vian

Décès dans une absolution discrétion de l’ex-danseuse et comédienne d’origine suisse Ursula Kübler-Vian (1925-2010), veuve du romancier, poète, dramaturge et pataphysicien Boris Vian, dont elle s’était attachée, depuis un demi-siècle, à faire vivre l’œuvre protéiforme s’il en fût, et actrice de cinéma & télévision à la beauté à la fois singulière et hiératique, croisée, notamment, chez Renoir, Kast et Varda… (lire la suite).

Éric Rohmer

Après le très vibrant et très cinéphilique hommage rendu par le Président de la République (le même qui emmerdait la Princesse de Clèves en 2006) quelques heures après l’annonce du décès du cinéaste, et par lequel on apprenait, entre autres "qu’Éric Rohmer avait créé le style rohmérien" (pas mieux), le silence est de rigueur. Notre hommage sera donc à l’image de "l’inventeur du style rohmérien" : élégant (dans la mesure du possible) et discret, puisque contrairement à son premier (et avouons-le très inattendu) fan de l’Élysée, Éric Rohmer, notoirement, ne goûtait pas plus que ça les interventions télévisuelles… En revanche, une sélection de liens Youtube nous a semblé l’évidence même, en conclusion de laquelle on trouvera comme de juste la première –et assez inattendue– surprise "@ide-Mémoire" de l’année… (lire la suite)

Esther Gorintin

Une comédienne capable de s’étonner, à l’âge (tout de même respectable), de 92 ans de ne se voir proposer que des rôles de vieille dame, était forcément quelqu’un de formidable. Nos amis – c’est-à-dire Christian Leciaguiçahar – du Coin du Cinéphage viennent de consacrer leur premier article de l’année 2010 à cette figure emblématique, unique et attachante du cinéma d’auteur à la française, discrètement disparue il y a quelques jours, à la veille son 97ème anniversaire (lire la suite).

Encyclopédie des longs métrages

Après une pause de près de quatre ans, le site de L'@ide-Mémoire renaît dans une mise en scène flambant neuve, au moment même où paraît le premier volume d’une Encyclopédie des Longs Métrages de fiction produits et/ou tournés en France entre 1929 et 1979, voulue et coordonnée par l’auteur de ce site, avec la participation de Christophe Bier, Stéphane Boudin, Gilles Grandmaire, Italo Manzi et Raymond Chirat qui en a également signé la préface. L’ensemble de notre projet éditorial, publié sur quatre ans, comportera 6000 entrées et le Volume 2 paraîtra début mars. En attendant, les dix premières notules sont consultables ici et la suite, .

Trois…

Deux…

Un…

 

... où il est (sera) question de cinéma, de théâtre et même aussi de chanson, entre rétro chic & culture(s) du XXIe siècle, selon l’humeur, l’actualité & les découvertes du moment.

... où l’excitation est grande parce que je voulais ce site depuis un bail et que rien n’est plus euphorisant (à part peut-être une vodka pamplemousse, une vodka pomme ou une vodka n’importe quoi) qu’une aventure qui démarre, toute modeste soit-elle.

... où l’envie se fait de plus en plus impérieuse d’ouvrir incessamment sous peu une rubrique interviews dont l’intention avérée est (sera) d’établir autant de passerelles entre musique et septième art.

... où celles et ceux d’entre vous qui pensez que Pasolini est bien plus rock qu’on ne le croit, qu’Anne Libert est une grande actrice, que Julien Doré a raison de faire du cinéma (et que Vincent Lagaf’ aurait mieux fait de s’abstenir), que Lucy Gordon n’aurait jamais dû partir, que le cinéma de Jacques Becker doit énormément à Pâquerette, Gaston Modot et Yette Lucas, que les comédies italiennes des années 60 sont un pur kif, que Carmen Maura est la plus grande actrice vivante au monde, qu’Élisabeth Wiener mérite amplement sa place au Top 10 des plus belles actrices du cinéma mondial, que Maria Schneider, Valérie Lagrange et Myriam Mézières devraient tourner plus souvent, qu’il faut réhabiliter d’urgence tous les premiers films de Jean-François Davy et ressortir tout Gregory La Cava en blue ray, qu’Anicée Alvina n’a pas eu tout à fait la carrière qu’elle méritait, qu’Éric Elmosnino est particulièrement grandiose chez Joann Sfar, qu’on devrait parler plus souvent de Muse Dalbray et de Maria Meriko, que Florence Foresti est une fille formidable et Marie France une sorte de miracle ambulant, que Marguerite de Morlaye, Edie Sedgwick et Édouard Francomme méritent une place dans le Tulard, que Félicité Wouassi possède une présence rare et un charisme hors du commun, que le cinéma de Luis Buñuel n’a pas pris une ride et le visage d’Arielle Dombasle non plus, qu’Anna Mouglalis est une comédienne à pleurer en plus d’être une actrice belle à tomber, que l’art ne saurait tolérer aucune barrière et que tout reste encore à réinventer, êtes – comme on dit – les bienvenu(e)s sur ce site.

Moteur !

Armel De Lorme, 20 janvier 2010.