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BDFF
: Base de Données de Films Français
Le
Blog de Monsieur Bier Le
site Marcel Carné
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Étoile
avec lumière

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Troisième et (provisoirement) dernier hommage rendu par l’équipe
– bien triste pour le coup – de L’@ide-Mémoire, à
l’exquise Mila Parely, disparue il y a quelques heures, et dont
nous reproduisons ici
le portrait, à peine retouché, et la filmographie rédigés pour
les besoins de l’ouvrage collectif Ceux
de chez lui ou le Cinéma de Sacha Guitry et ses interprètes –
Volume 1 (L’@ide-Mémoire Éditeur, 2010), par ailleurs
toujours disponible à la vente via le site. Ni vraiment star ni
tout à fait second rôle, Mila Parely avait, deux décennies
durant, imposer à l’écran une personnalité unique, mêlant séduction
troublante et fantaisie à fleur de peau, et gagner haut la main
ses galons de vedette appréciée tant auprès du public que des
professionnels.
Jean Marais – son grand amour platonique – lui voua jusqu’à
la fin de sa vie une amitié indéfectible, Nathalie Nattier la
citait spontanément, ex-æquo
avec Danielle Darrieux et Sophie Desmarets, parmi les comédiennes
de sa génération qu’elle admirait le plus, et Robert Hossein,
du temps où il ne s’occupait pas à temps complet de
bondieuseries mi-lourdaises, mi-lourdingues, exprimait volontiers
la fascination qu’exerçait sur lui, encore adolescent,
l’interprète de Liliom,
de Remontons les Champs-Élysées, de La Règle du jeu et du deuxième volet du Plaisir. Ce qui constitue, de la part du metteur en scène (bon…)
de Jésus était son nom
et d’Une femme nommée
Marie, une marque de bon goût assez inhabituelle pour être
mentionnée, et dans le cas de notre adorable Mila, une preuve, si
besoin était encore, de sa grande capacité à marquer d’une
empreinte profonde le spectateur, professionnel ou non, des années
après son départ volontaire, des studios, consécutif au grave
accident automobile dont son mari avait été la victime au début
des années 50. Lors de l’édition 1993 du Festival de Locarno,
ou, l’année suivante, des IXèmes Rencontres Cinématogaphiques
de Vichy, dont elle fut longtemps l’animatrice infatigable, la
« magie Mila » opérait encore en plein, et c’est
peu dire que la mondaine blasée qui tenait si bien son rang parmi
les invités des deux sexes de La Collinière et la Sphinge
alanguie tirant les cartes, sensuelle mais impavide, aux habitués
de La Maison Tellier,
nous manquent déjà. Parmi tant d’autres. AdL
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Rosy Varte

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Il y a des dimanches, décidément, qu’on ferait mieux de passer
couché, téléphone débranché et accès Internet en vacances.
Annonce de la disparition, consécutive à une bronchite ayant dégénéré
en infection pulmonaire, de la comédienne de théâtre, cinéma
et télévision d’origine arménienne Rosy Varte, née
exactement le même jour que Piéral et décédée exactement le même
jour que Mila Parely. Sa filmographie exhaustive permettra de
rappeler, à qui la parcourra, qu’elle ne fut pas seulement,
huit années durant, l’effervescente Maguy de la sitcom du même
nom (qui elle, ne l’était pas des masses, effervescente), mais
surtout, et avant tout, la Normande haineuse de Manon
(Henri-Georges Clouzot, 1948), la buveuse d’absinthe blasée de French
Cancan (Jean Renoir, 1954), la tenancière pragmatique du Petit
Prof (Carlo Rim, 1958), la réfugiée juive de Fortunat
(Alex Joffé, 1960), la mère hospitalière d’Antoine
et Colette (François Truffaut, 1961), l’indiscrète infirmière
bénévole de Thomas
l’Imposteur (Georges Franju, 1964), la bistrote lyonnaise du
Voyage du père (Denys
de La Patellière, 1966), la grande sœur énergique de Mon
oncle Benjamin (Édouard Molinaro, 1969), l’héritière
cupide du Viager (Pierre
Tchernia, 1971), l’aubergiste vitupérante du Bar de La Fourche (Alain Levent, 1972), la quinquagénaire encore séduisante
de Peur sur la ville
(Henri Verneuil, 1974), la (jeune) grand-mère endeuillée de L’Amour
en fuite (François Truffaut, 1978), ou encore l’ex-compagne
demeurée la meilleure amie malgré les années écoulées du
protagoniste mâle de Garçon !
(Claude Sautet, 1983). (lire
la suite).
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Journal de Lady M (la suite)

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Il est, musicalement parlant, des années qui démarrent en fanfare :
alors que la blonde et électrique Marie France s’apprête à
sortir et à promouvoir la version CD de son très attendu deuxième
opus Jacques Duvall-Benjamin Schoss, la rousse-flamboyante et non
moins électrique Myriam Mézières, invitée d’honneur du
festival Españolas en Paris,
prépare d’arrache-pied, huit mois après un premier concert sold
out à Bobigny en mai dernier, ses retrouvailles avec les
publics parisien et francilien. Rentrée chargée mais bien réelle,
et prometteuse, donc, pour l’ex-interprète de Jérôme Savary,
d’Alain Tanner, de Copi et de pas mal d’autres, qui,
lorsqu’elle ne répète pas son prochain set avec ses musiciens,
finalise l’écriture de son troisième long métrage et
s’investit de plus en plus dans la promotion des textes d’un
jeune auteur dramatique impertinent, moderne et subversif dont –
refus de toute forme de népotisme oblige – nous préférons,
pour l’instant, taire le nom et les qualités, a
priori nombreuses et percutantes.
En vertu que quoi, et en attendant de revenir sur ce concert muy
caliente du jeudi 26 janvier (voir le flyer)
de façon plus circonstanciée,
nous nous bornerons à rappeler que Myriam Mézières vient de
faire l’objet d’un portait-hommage dans le dernier opus –
pas reçu, pas lu, pas chroniqué, c’est désormais la règle
– de Serge Regourd (Acteurs
de caractère, Éditions Gremese, 2011), qui partage avec sa
jumelle « copiesque » Liliane Rovère le privilège
insigne d’être la seule comédienne dont la photo figure en
première de couverture (bon choix), que son site Internet
personnel est toujours accessible d’un simple clic ici,
et qu’il sera incessamment sous peu possible de la demander en
amie virtuelle (ou pas) via Facebook en cliquant là. ADL
Informations pratiques :
Myriam Mézières «Droit dans
les yeux»
Jeudi 26 janvier 2012 à 21 h -
Cinéma Le Chaplin, 6 rue Péclet, 75015 Paris (Métro Vaugirard
ou Félix-Faure)
Tarif : 12 € ; réservation sur
www.billetreduc.com
ou www.fnac.com
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Françoise
Christophe

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Dans La Gloire du vaurien,
roman aussi sublime qu’inclassable, René Ehni mettait en parallèle
le beau regard myope de Françoise Christophe, disparue il y a
quelques jours dans sa 89ème année, avec ceux de
Marilyn Monroe et de James Dean, ce qui est un beau compliment en
soi. On regrettera le maigre parti que six ou sept décennies
ininterrompues de cinéma français auront au final tiré – ou
plutôt non tiré – de l’actrice, prototype de la comédienne
brillante ayant, sa carrière durant, oscillé entre la tête
d’affiche de séries B vite oubliées et les grands seconds rôles
impeccablement alignés dans une dizaine de productions à gros
budget, pour mieux se rappeler, une à une, la Sonia azimutée de Fantômas (Jean Sacha, 1946), la Galswinthe dolente de Mademoiselle
de La Ferté (Roger Dallier et Georges Lacombe, 1949), la
Judith amoureuse de Nez de Cuir, gentilhomme d’amour (Yves Allégret, 1951),
l’Alberte souffreteuse des Amours
finissent à l’aube (Henri Calef, 1952), la Blanche humiliée
de La Rue des Bouches-Peintes (Robert Vernay, 1955), la Jacqueline
sensible des Grandes
Familles (Denys de La Patellière, 1958), l’infirmière
paniquée du Testament d’Orphée (Jean Cocteau, 1959), l’Anne d’Autriche hiératique
des Trois Mousquetaires
(Bernard Borderie, 1961), la duchesse primesautière du Roi de cœur (Philippe de Broca, id.), la Dorothy charmeuse de Fantômas
contre Scotland Yard (André Hunebelle, 1966), la Chabannes
inquiétante de Caroline Chérie (Denys de La Patellière, 1967) et la Simone
Escarguel coquette de Borsalino
(Jacques Deray, 1969). La maturité durablement installée, Françoise
Christophe avait su bifurquer avec à-propos vers les compositions
plus âpres (Les Pyramides
bleues, Arielle Dombasle, 1987) ou plus cocasses (Les
Amies de ma femme, Didier Van Cauwelaert, 1992), sans jamais
totalement se départir de cette classe innée qui était un peu,
depuis ses lointains débuts, sa marque de fabrique… (lire
la suite).
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DVD’s Part Two

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Plaisir très vif encore que notre récente découverte du rarissime
Casabianca (Georges Péclet,
1950), dont la Cinémathèque de Porto-Vecchio, partenaire de la
première heure ou presque de notre projet éditorial, a généreusement
mis à notre disposition le DVD, commercialisé voici bientôt
deux ans. Plaisir d’abord, la chose est suffisamment
exceptionnelle pour être ici signalée, de manipuler un objet qui
pourrait servir d’exemple à bon nombre d’éditeurs :
copie irréprochable, boni passionnants, livret succinct mais
fournissant à la fois des éléments de générique bien plus détaillés
et précis que tout ce qui se fait ailleurs (surtout si l’on
songe aux vulgaires copié-collés d’IMDB somptuairement diffusés
en 4ème de jaquette par les éditions LCJ et bon
nombre de leurs consœurs ou au tout-zéro supplément offert, à
prix de vente quasi égal et budgets de production bien moins conséquents,
par la collection « Films à la demande » de la
Gaumont) et des documents à caractère historique. Plaisir encore
que de découvrir, près de soixante-dix ans après les fais, une
vision alternative de l’histoire de la Résistance à l’écran,
rendant enfin justice aux maquisards corses un peu négligés
parla mémoire collective. Plaisir enfin de découvrir avec
Georges Péclet, ex-second rôle renoirien passé de l’autre côté
de la caméra au dernier tiers des années 40, un faiseur habile,
doublé d’un solide artisan, un peu hâtivement – comme tant
d’autres – balancé dans les poubelles de l’amnésie cinématographique,
mais méritant assurément révaluation… La suite ici
et l’extrait vidéo qui va avec, là.
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DVD’s Part One

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Invité hier soir en compagnie de sa metteure en scène Catherine
Hiegel sur le plateau, au reste passablement ennuyeux de Laurent
Ruquier sans Zemmour et Naulleau mais avec Nounouille et Coconne,
afin d’évoquer leur revisite du Bourgeois
gentilhomme, François Morel a pu exprimer, de manière
cursive, tout le bien qu’il pensait de son adaptation cinématographique
par Jean Meyer. Nous aussi, qui avons pu la découvrir, au moment
du bouclage du volume 4 de notre Encyclopédie des Longs Métrages,
grâce à l’obligeance de René
Chateau. D’autres sorties, bien plus récentes, de sa
formidable collection, à l’instar de la Valse
royale de Jean Grémillon (1935), gagneraient assurément,
elles aussi, à être chroniquées, que nous ne chroniqueront pas,
n’ayant malheureusement pas pu y accéder sur copie (lire
la suite).
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Encyclopédie des Longs Métrages
français 1929-1979, Volume 4

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L'aventure éditoriale
de l'@ide-Mémoire se poursuit et le quatrième tome de notre
ENCYCLOPEDIE DES LONGS METRAGES FRANCAIS 1929-1979 est paru le
jeudi 15 décembre 2011, qui répertorie 120 films décrits, annotés
et parfois commentés, de BOB LE FLAMBEUR (Jean-Pierre
Melville, 1955) à BYE BYE BARBARA (Michel Deville,
1968).
Cette inventaire
se veut exhaustif, qui décline en 272 pages chefs-d'oeuvres
de Cinémathèques et chefs-d'oeuvres tout court, séries B, films inédits
en salles, oeuvres à caractère érotique et pornographiques, et accorde d'office
le même traitement à BOUDU SAUVE DES EAUX qu'à BOBO
JACCO, à BONNE CHANCE! qu'à LA BONZESSE,
à BORSALINO AND C° qu'à BORDEL SS, à BUFFET
FROID qu'aux BROUTEUSES INFERNALES...
Renoir, Guitry,
Duvivier, Melville, Chabrol, Blier et les autres, sont donc de
la partie, mais aussi Jean Boyer et Jess Franco,
Emile Couzinet et José Benazeraf, Maurice Boutel et Jean Rollin,
Jacques Deray et François Jouffa, René Gilson et Walter Bal,
mais encore Mitchell Leisen et Sydney Pollack, qui transitèrent
eux aussi par les studios français ...
Pour la première
fois depuis la parution du Tome 1, en décembre 2009, le taux de
visionnage sur copie des films répertoriés a dépassé le seuil
symbolique des 90%. Les génériques technique et artistique ont
pu ainsi être remis à jour de façon de plus en plus précise et
détaillée, les résumés être établis à partir d'éléments
concrets, les chroniques et critiques rédigées sur la base
de visions ou de re-visions récentes plutôt que sur d'anciennes
impressions...
Une équipe éditoriale
élargie, où le noyau dur constitué depuis le début de
l'aventure (Christophe Bier-Raymond Chirat-Armel De Lorme) s'étoffe
peu à peu, notre Encyclopédie ayant ouvert ses
colonnes à un jeune journaliste belge, Alan Deprez, et reproposé
au très éclectique Jean-Pierre Bouyxou de rempiler dans le
statut honorifique d'invité d'honneur qu'il occupait déjà lors
de la parution du volume 2.
Outre les
habituels flyer-bon
de commande et index
alphabétique des 120 films inventoriés (116
longs métrages, 4 courts métrages incontournables), vous pouvez
parcourir les notules des
six premiers films présentés.
Rendez-vous au
Volume 5 (Du C... DE MARILYNE à LE
CAVE SE REBIFFE) d'ici quelques mois, et en attendant...
Bonnes et
heureuses fêtes de fin d'année !!
Pour L'Encyclopédie
des Longs Métrages français 1929-1979,
Armel De Lorme,
directeur de publication.
Stéphane Boudin, chargé
d'édition.
Christophe Bier,
Raymond Chirat, Alan Deprez et Jean-Pierre Pecqueriaux,
contributeurs permanents.
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J-7

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Plus que sept jours, montre en main, avant la sortie, le jeudi 15 décembre,
du volume 4 de L’Encyclopédie
des Longs Métrages français 1929-1979, qui traitera
d’exactement 120 films, présentés, commentés, longuement
chroniqués dans certains cas, et même « play listés »
par Christophe Bier, Raymond Chirat, Jean-Pierre Pecqueriaux,
Jean-Pierre Bouyxou en invité d’honneur, l’auteur de ces
lignes, bien sûr, et puis Alan Deprez, enfin, qui a rejoint l’équipe
éditoriale l’espace de quelques critiques circonstancées, en
attendant la reconduction plus que probable de son CDD au sein de L’@ide-Mémoire.
Si l’on ne présente plus Christophe
Bier, surtout depuis la sortie de son indispensable
somme consacrée au cinéma érotique parue au printemps dernier,
et encore moins Raymond Chirat, qui, mine de rien, continue son
petit bonhomme de chemin et s’apprête à célébrer son 90ème
anniversaire, signalons à ceux de nos visiteurs qui l’ignorent
encore que notre petit dernier a vingt-cinq ans, nous vient de
Belgique, tourne lui-même des films lorsqu’il ne visionne pas
ceux des autres, adore le « Bis », écrit fort bien et
achalande régulièrement en chroniques pertinentes et avisées sa
rubrique Le Loup derrière
la Bergerie sur le site www.cinemafantastique.net.
Quoi d’autre ?? Les bon
de commande, index
des films et fichier PDF des premiers
films chroniqués sont d'ores et déjà disponibles.
Armel De Lorme.
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Robert
Party

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Finalisation oblige du volume 4 de notre Encyclopédie des Longs Métrages français 1929-1979 oblige,
c’est un hommage cursif qui sera rendu à Robert Party
(1924-2011), artiste récemment disparu dans sa 88ème
année, et dont on ne dira jamais assez à quel point le cinéma
hexagonal l’a trop peu et trop mal utilisé. Stature de
commandeur, allure de condottiere, regard adamantin, présence
hors norme, Robert Party méritait mieux de la profession, assurément,
qu’une filmographie riche seulement d’une petite vingtaine
titres, dont on trouvera le détail ici. Mais il connut,
sur les planches, un parcours long et éclectique qui l’emmena
de Jean Vilar période Avignon à Robert Hossein époque Palais
des Congrès – le contraire eût peut-être mieux valu, tant
pis… – et sut marquer d’une empreinte bien réelle l’âge
d’or de la Télévision, de ses balbutiements en Noir et Blanc
à la privatisation de TF1. (lire
la suite).
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Denise Provence

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Annonce via le comédien
Jean-Marc Cozic de la disparition, dans sa 91ème année,
de Denise Provence, actrice assez inégalable en son genre, qui
savait fort bien faire rimer « anguleuse » avec
« savoureuse », « acidité » avec « légèreté »
et « élégance » avec « truculence ».
Meilleure amie à la ville de Danielle Darrieux, qu’elle
croisera plusieurs fois à l’écran, petit ou grand, et qui révélera
lors d’un Vivement
dimanche de sinistre mémoire que sa camarade était atteinte,
depuis des années, de la maladie d’Alzheimer, elle restera dans
un coin de la mémoire des cinéphiles comme la coprotagoniste drôle
et racée à la fois d’un nombre assez impressionnant de
vaudevilles filmés, peu ou prou périssables, et peut-être plus
encore comme une tardive mais authentique excentrique dans la
grande tradition de Chirat et Barrot… (lire
la suite).
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V4 sur mes souvenirs

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Depuis le temps qu’il en était question… Le volume 4 de L’Encyclopédie
des Longs Métrages français 1929-1979, dont la sortie est
retardée depuis trois mois pour cause de visionnages de dernière
minute, est en cours de finalisation, et sera, c’est confirmé,
disponible un peu avant les fêtes de fin d’année. Où il sera
question de 120 films, de Bob
le Flambeur (Jean-Pierre Melville, 1955) à Bye
Bye Barbara (Michel Deville, 1968), en passant par Bobby Deerfield (Sydney Pollack, 1976), Bouche cousue (Jean Boyer, 1959), Boudu sauvé des eaux (Jean Renoir, 1932), Boule de Suif (Christian-Jaque, 1945), La Bourse et la Vie (Jean-Pierre Mocky, 1965), Branquignol (Robert Dhéry, 1949), Brigitte et Brigitte (Luc Moullet, 1965) et Les Bronzés font du ski (Patrice Leconte, 1979), le tout agrémenté
d’une trentaine de films érotiques, d’une poignée de courts
métrages et même de critiques circonstanciées pondues avec
amour, passion, érudition et même conviction par Christophe
Bier, Raymond Chirat, Alan Deprez et l’auteur de ce qui a précédé.
Le lien renvoyant à la page Facebook de L’@ide-Mémoire se trouve toujours ici,
le bon de commande sera bientôt disponible, et pour notre premier
extrait « en images » du Volume 4, un simple clic au bon
endroit devrait suffire. Comme d’habitude, vous
pouvez compter sur nous pour vous tenir informés en temps et en
heure de la bonne marche des opérations. À très vite. AdL
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Intermission
Part Two

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Anne Pigalle est une chanteuse comme chaque décennie ne semble en
produire – tous pays confondus – que, allez, soyons fous et
arrondissons au chiffre supérieur, trois ou quatre. Mettons
trois. Un album mythique (Tout pourrait être si parfait
/ Everything Could Be So Perfect, 1986) – décliné en
versions anglaise, française et franco-britannique – essentiel
à tout happy few pour qui les honteuses années 80 ne se
limiteraient pas à d’affligeantes lambadas, un slow pourri de
Peter et Sloane ou un prime time sur France 3 animé par
Isabelle-Karen-Morizet-Chéryl, plus tard le souvenir pérenne
d’un rendez-vous manqué aux allures de concert à la Cité U
annulé en dernière minute, plus récemment un coup de cœur rare
pour la triple et très érotique résurrection discographique
2010/2011 de la Dame, l’envie encore d’aller prendre des
nouvelles fraîches de Londres quelques mois après les émeutes
que l’on sait et la sortie de scène définitive de Wino, les prétextes
ne manquaient pas de consacrer à l’interprète de He !
Stranger notre deuxième itv
en ligne. Entrez dans la danse, comme la principale intéressée
le dit – et le chante – si bien.
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Une
rentrée Marie France

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Denise Gence

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Disparition à l’âge de 87 ans de Denise Gence, sociétaire
honoraire de la Comédie-Française et comédienne moitié-magnifique,
moitié-unique en son genre, dont la plus belle histoire d’amour
fut censément le théâtre, mais qui laissera de toute évidence
un souvenir pérenne auprès de plusieurs générations de cinéphiles
et téléphiles. Abonnée, dès son entrée au Français en 1946
(elle y restera quarante ans), aux vieilles filles, duègnes,
viragos, gorgones, harpies et mégères de tout poil, ce qui est assez
exceptionnel en soi dans le cas d’une actrice de 22 ans, Denise
Gence avait trouvé, dès la décennie suivante, un prolongement
de son emploi-type à l’écran, petit ou grand. « Chouette »
inquiétante et ignoble de la première adaptation télé des Mystères
de Paris (Marcel Cravenne, 1961), Julie Tison rugueuse et pathétique
du Chevalier de Maison Rouge (Claude Barma, 1962) et de sa version cinéma
distribuée dans la foulée, elle endossa par la suite avec humour
et probité les mères fouettardes et les petites bourgeoises
obtuses nées, un siècle auparavant, sous la plume de la comtesse
de Ségur, grande sadique devant l’Éternel s’il en fut, se
parant pêle-mêle – dans les trois cas pour le mythique Théâtre
de la Jeunesse – du knout et des vertugadins de Mme Papofski (Le
Général Dourakine, Yves-André Hubert, 1963), du réticule
bon genre et des rubans froufroutants de Mme Delmis (La
Sœur de Gribouille, Yves-André Hubert, 1964), de cravache
cinglante et du violon grinçant de Mme Bonbeck (Les
Deux Nigauds, René Lucot, 1966), créatures plus expertes les
unes que les autres dans l’art et la manière de faire marcher
à la baguette, d’un seul et même mouvement, chiens, chats,
enfants, domestiques ou quiconque ayant eu la malchance insigne de
tomber sous leur coupe. (lire
la suite)
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Paulette
& Yvette

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Les
vacances d’été poussées jusqu’à leurs dernières limites,
force est quand même de reprendre du collier… Une interview sur
le feu depuis plusieurs mois – la deuxième réalisée pour le
présent site, et à laquelle nous tenions beaucoup – sera très
prochaînement mise en ligne, et, en attendant, l’internaute
«qui passait par là» pourra toujours relire en boucle
l’hommage cursif rendu par Raymond Chirat à Paulette
Dubost dans les colonnes du premier volume de L’Encyclopédie
des Comédiens (2006) et la filmographie revisitée, publiant
du vivant de la dame, qui va avec… Forte de cent ans de présence
ininterrompue sur Terre, la «vice-doyenne» des actrices françaises
s’en est allée il y a quelques jours, laissant dans les mémoires
cinéphiles le souvenir double, lui bien présent, de la coquette
Lisette (La Règle du jeu, Jean Renoir, 1939) et de la
gourmande Fernande (Le Plaisir, Max Ophuls, 1951), que
n’effaceront ni une filmographie objectivement en dents de scie,
ni l’image pénible mais pérenne d’un plateau télé mi-déprimant,
mi-désastreux, au printemps 2010, chez Michel Drucker,
rempailleur souriant. Son aînée de cinq semaines Yvette
Lebon, toujours bon pied bon œil semble-t-il à 101
ans et cinq semaines, sera quant à elle à l’honneur, pas plus
tard que ce soir, dans le très attendu L'Occupation intime
d'Isabelle Clarke et Daniel Costelle diffusé à 22h40 sur TF1, où
il lui sera donné de revenir sur les heures troubles de
l’Occupation. Mieux vaut tard que jamais.
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Tirages
et Retirages

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Une chose promise reste toujours une chose due, ou devrait le rester
quoi qu’il advienne. Suite à une croissance exponentielle –
incroyable mais vrai – des demandes, le premier volume de l’Encyclopédie
des Longs Métrages français & francophones 1929-1979 (De À
belles dents à L’Ampélopède), fraîchement sorti des presses de notre nouvel imprimeur vient
– enfin – de refaire surface !!
Où
il est question, d’Adieu…
Léonard ! (Pierre Prévert, 1943) à L’Amour
en fuite (François Truffaut, 1978), d’À
bout de souffle (Jean-Luc Godard, 1959) à L’Affaire du Collier de la Reine (Marcel L’Herbier, 1945), de L’Amour
qu’il faut aux femmes (Adolf Trotz, 1932) à Alice
ou la Dernière Fugue (Claude Chabrol, 1975), de 262 longs métrages
passés au crible par Christophe Bier, Raymond Chirat, Gilles
Grandmaire, Italo Manzi et l’auteur de ces lignes.
Le
PDF des premières notules est toujours accessible ici,
le bon de commande et l’accès Priceminister respectivement là
et là,
et nous nous faisons, au passage, un devoir de rappeler aux
visiteurs de ce site que c’est en se procurant nos publications
en vente directe plutôt qu’en s’adressant à de trop
gourmands libraires qu’ils soutiendront utilement, dans la durée,
notre projet éditorial.
Celles
et ceux qui auront raté les premiers épisodes – et même les
autres – en sauront plus en cliquant ici,
la sortie du Tome 3 ayant récemment constitué le prétexte à
une interview long drink habilement menée par notre confrère
Alan Deprez (www.cinemafantastique.net),
qui devrait incessamment sous peu rejoindre l’équipe de L’@ide-Mémoire.
Aux dernières nouvelles, il ne serait pas le seul… Un peu de
patience encore : le Volume 4 (De
Bob le Flambeur à Bye
Bye Barbara),
actuellement en phase de relecture, paraîtra à la mi-septembre !!
AdL
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Anne
Alvaro

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Comédienne
rare et exigeante, révélée par Wajda, Ruiz et Romain Goupil,
justement récompensée en 2001 pour sa prestation dans le choral Le Goût des autres (Agnès Jaoui, 1999) par un César de la
Meilleure Actrice dans un second rôle, la magnifique Anne Alvaro
fera l’objet d’un hommage, lui aussi mérité, lors des
prochaines (et imminentes) Rencontres « Femmes-comédiennes »
de Puget-Théniers, rejoignant ce faisant les 18 camarades qui
l’ont précédée, depuis le milieu des années 90, dans cette
manifestation voulue et imaginée par l’association « Souvenance
de cinéphiles ». Après Myriam Boyer, Mylène Demongeot,
Dora Doll, Andréa Ferréol, Annie Girardot, Claude Jade, Macha Méril,
Magali Noël, Catherine Rouvel, Martine Sarcey, Agnès Soral,
Marthe Villaloga, Hélène Vincent, Marina Vlady et quelques
autres, il sera donc question, deux journées durant, du parcours
éclectique de cette artiste lumineuse, généreuse et touchante,
dont l’internaute trouvera la filmographie ici,
là où le cinéphile des Alpes-Maritimes ou le vacancier en
goguette, bien plus heureux dans les deux cas, pourront revisiter
sur pièces et en images deux décennies et demie ans de cinéma
alvarien.
Rencontres
« Femmes-comédiennes » de Puget-Théniers, vendredi
22 et samedi 23 juillet 2011. Renseignements auprès de Jean-Louis
Milla aux : 04.93.05.09.26 et 06.88.44.18.42.
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L'autre
Maria Mancini

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Histoire de célébrer dignement la sortie de l’indispensable Dictionnaire
des Films français pornographiques & érotiques 16 et 35 mm
de Christophe
Bier et ses vingt-six contributeurs (dont Grégory
Alexandre, Sérène Delmas, Pierre-Arnaud Jonard, Hervé Joseph
Lebrun, Italo Manzi,
Jean-François Rauger et même l’auteur de ces lignes),
disponible depuis trois semaines sur le site
de son éditeur, et afin de prolonger l’ambiance
de folie qui a régné, samedi dernier à la Cinémathèque française,
le temps d’une Nuit de la Grande Chaleur, qui pourrait
bientôt faire des petits, nous avons décidé de rendre hommage
à notre manière, entre notules et filmos, à une poignée d’égérie
du porno seventies dans ce qu’il avait de plus éminemment fréquentable.
(lire
la suite...)
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Grille(s)
de visionnage(s)

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En prévision de la suite de l’Encylopédie
des Longs Métrages français & francophones 1929-1979, je
recherche activement – entre autres films – copies sur support
DVD de cinq longs métrages de Max Pécas réalisés au cours des
années 70, dont celui diffusé hier soir à 23 heures sur Paris
Première : Je suis une
nymphomane (1970), Je
suis frigide, pourquoi ? (1972), Club
privé pour couples avertis (1973), Sexuellement
vôtre (1974) et Les
1001 Perversions de Felicia (1975). Si vous en possédez des
copies en bon état, n’hésitez pas à me le faire savoir par
mail (aide-memoire@club-internet.fr) ou par téléphone (06 88 57
46 32). Armel De Lorme.
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J
- 4

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Après une mise
entre parenthèses de plusieurs mois, l'équipe éditoriale (Armel
De Lorme, Stéphane Boudin, Christophe Bier, Raymond Chirat, Italo
Manzi & Jean-Pierre Pecqueriaux) de L'ENCYCLOPÉDIE
DES LONGS MÉTRAGES FRANÇAIS
& FRANCOPHONES 1929-1979 reprend du service, dont le 3ème
volume sera disponible à compter du mercredi 8
juin 2011, toujours chez L'@ide-Mémoire Éditeur.
Présentés, résumés, commentés
et parfois annotés, 206 longs métrages
produits au cours du premier demi-siècle du Parlant en France
figurent au menu, dont vous pouvez consulter (format PDF) l'index
alphabétique des titres, les
six
premières notules, ainsi que le
flyer
avec bon de commande.
Rendez-vous en
septembre pour la parution du Volume N° 4.
Pour
l'@ide-Mémoire - ENCYCLOPÉDIE DU CINÉMA
FRANÇAIS
ARMEL DE LORME, rédacteur
en chef, éditeur & auteur principal,
STÉPHANE
BOUDIN, coéditeur,
CHRISTOPHE BIER (Dictionnaire
des Films français pornographiques & érotiques 16 et 35 mm),
RAYMOND CHIRAT (Histoire du Cinéma français 1908-1970),
ITALO MANZI & JEAN-PIERRE PECQUERIAUX, contributeurs réguliers.
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J
– 21

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C’est
drôle, la vie, parfois : plus les journées rallongent, plus
le temps semble nous filer entre les doigts. Relectures et
corrections de dernière minute obligent, c’est à regret que
nous avons suspendu la mise à jour de ce site pour mieux nous
consacrer à la finalisation du Volume 3 de notre Encyclopédie
des Longs Métrages 1929-1979, tout en continuant activement
à visionner les derniers titres non revus à ce jour des deux
tomes suivants. La date de parution de ce nouvel opus, sous-titré
« De B… comme
Béatrice au Bluffeur »
est d’ores et déjà confirmée – ce sera le mercredi 8 juin -
et les PDF des dix premiers films seront, comme pour les tomes précédents,
mis en ligne à titre gracieux quelques jours avant la sortie
nationale. Au passage, nous rappelons aux lecteurs, réguliers ou
occasionnels, de ce site que si les publications de L’@ide-Mémoire
(cinq références à ce jour, dont deux en cours de réédition)
ne sont proposées qu’en vente directe ou par le biais des
plates-formes habituelles, ce n’est pas parce que les librairies
spécialisées nous boudent, mais bien parce que les marges
d’usage exigées par la plupart d’entre elles ne sont pas, en
terme de survie économique, compatibles avec la démarche d’un
petit éditeur autonome qui n’a et n’aura jamais les moyens économiques
ou logistiques de Gallimard. Et donc, avec ou sans, enfin, plutôt
sans, nos chères (ô combien !) librairies de cinéma, mais
toujours avec le noyau dur constitué autour de ce projet éditorial
par Christophe Bier, Raymond Chirat, Jean-Pierre Pecqueriaux et
l’auteur de ces lignes, l’aventure continue, plus palpitante
que jamais… À suivre.
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Encyclopédie Volume 3 & Éroticodico

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Plus
qu’une petite dizaine de films à revoir sur copies DVD pour le
meilleur (Bande à part,
La Bande du Rex, Les Belles Manières…) ou pour le pire (Bastien, Bastienne : que ne ferait-on pas pour ses lecteurs ?)
et ce sera bon, les 206 titres rassemblés sur le Volume 3 de L’Encyclopédie
des Longs Métrages français 1929-1979 auront été, à une
petite quarantaine d’exceptions près, visionnés ou revisionnés,
le tout avec exactement une semaine d’avance sur le calendrier
initialement prévu. Ce troisième tome (« De B… comme Béatrice au Bluffeur »)
entrera donc – pour un mois – en phase de relecture à compter
du 9 mai, et, dûment confié à notre nouvel
imprimeur (parce que bon, Global Rouge, ça va bien cinq
minutes), paraîtra aux Éditions de L’@ide-Mémoire le 10 juin,
et il est d’ores et déjà possible de le précommander via un
simple courriel de réservation à l’adresse qui suit : aide-memoire@club-internet.fr. Piqûre de rappel indispensable en attendant ce
jour faste : Le
Dictionnaire des Films français érotiques & pornographiques
16 et 35 mm de Christophe Bier, arrive dans les bacs la
semaine prochaine. Nous n’oublions pas pour autant les disparus
récents, de Marie-France Pisier à Denise Bonal en passant par
Bob Asklöf, Philippe Le Mercier et Serge Nubret, leurs
notules-hommages seront mises en ligne incessamment sous peu. À
très vite !! Armel De Lorme.
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Dora
Doll

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Décédée sans héritiers directs en 1998, la créatrice
de L’Aigle à deux têtes
avait fait, avant de mourir, le choix de léguer la totalité de
ses biens aux comédiens en grande précarité. Et c’est, une
douzaine d’années après ce (beau) geste, parce qu’elle a pu
être alertée à temps par la romancière et ex-comédienne Frédérique
Hébrard que l’association UCTM-Foyer Edwige Feuillère essaie
de trouver aujourd’hui une solution pérenne aux difficultés
financières croissantes rencontrées par Dora Doll. Bien que
justifiant de plus de sept décennies d’activité
professionnelle, l’ex-interprète de Jacques Becker (Touchez
pas au grisbi), Jean Renoir (French
Cancan, Elena et les hommes) et Paul Vecchiali (Cœur de hareng, Once More)
ne bénéficie, comme la plupart des comédiens de sa génération,
que d’une retraite modeste, qui ne lui permet plus de faire
face, en particulier, au coût d’une assistance sociale lui
permettant de se déplacer. La doxa veut que les artistes soient
d’imprévoyantes cigales vivant très au-dessus de leurs moyens
(généralement élevés) sans présumer du lendemain. La réalité,
pour les comédiens ayant débuté leur carrière il y a soixante
ou soixante-dix ans est autre : les cotisations sociales n’étant,
en ce qui les concerne, devenues obligatoires qu’au cours des
années 70, les contrats honorés à l’étranger n’étant que
très rarement pris en considération, bon nombre d’entre eux
ont, dans la pratique, beaucoup travaillé et très peu cotisé.
À titre indicatif, au moment de leur disparition respective,
Howard Vernon et Jean Marais ne touchaient du GRISS, pas encore
devenu le Groupe Audiens, que l’équivalent en francs, assez
somptuaire de 700 € mensuels. Tsilla Chelton, actrice célébrée,
primée, unanimement reconnue, justifiant de plus de 60 ans
d’activité ininterrompue, déclarait sur un plateau télé, il
y a deux ou trois ans, percevoir environ 1.000 € de retraite par
mois (un peu moins que le SMIC net), ce qui suffirait presque à
l’inscrire parmi les privilégiés et les nantis du show-biz.
Dans le cas de Dora Doll, 92 ans, l’appel a – heureusement –
été entendu et une chaîne de solidarité a commencé à se
mettre en action : la comédienne Annick Roux donnera au
studio Raspail, vendredi 29, une représentation de son spectacle
chanté Ça tourne pas rond
au bénéfice de sa camarade, une autre comédienne a, d’ores et
déjà, fait savoir son désir de l’imiter, tandis que celles et
ceux, plus anonymes, se sentant concernés pourront faire parvenir
leurs dons à l’adresse suivante : UCTM-Foyer Edwige Feuillère,
45, rue de Trévise, 75 009 Paris, en précisant « pour Dora
Doll ». En tant qu’association d’utilité publique,
l’UCTM est en mesure de délivrer les reçus fiscaux
correspondants. Dora Doll est et restera l’une des comédiennes
les plus magnifiques de sa génération. Merci pour elle.
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Jean-Claude
Darnal

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Y avait longtemps… Disparition, dans sa 81ème
année, de l’auteur-compositeur-interprète douaisien et comédien
occasionnel Jean-Claude
Darnal, croisé au grand écran chez Jean Rouch (La Punition, 1960) et Jacques Doniol-Valcroze (La Dénonciation, 1961), au petit dans une poignée de téléfilms.
On rappellera que sa chanson la plus célèbre, Quand
la mer monte, donna au début des années 2000 son titre au
premier et très beau long métrage de Yolande Moreau, et que
Jean-Claude Darnal était l’époux, à la ville, de l’actrice
d’origine allemande Uta Taeger (Aimez-vous Brahms ?, Trois
Enfants… dans le désordre, Le
Dossier 51…), le père de la chanteuse et comédienne Julie
Darnal et celui de Thomas Darnal, ex-claviériste et sampleur de
la Mano Negra.
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Diamonds are a girl’s best friends


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Une ravissante aventurière (Perrette Pradier, bien
meilleure comédienne et inifiniment mieux filmée que chez Robert
Hossein à la même époque) s’éprend d’un apprenti voleur
canaille et sexy (Paul Guers, au sommet de sa séuction), l’un
comme l’autre convoitant un diamant de prix, le Nabab, que la
demoiselle est parvenue à subtiliser à son richissime protecteur
(O.E. Hasse, honnête sans plus) mais que, quelques jours
auparavant, sa conquête a été chargé de dérober pour le
compte d’un mystérieux commanditaire qu’il n’a jamais
rencontré à visage découvert. Une vulgaire copie du fameux
brillant entre à son tour dans la danse, et si on ne sait pas
toujours au juste qui, de la belle Amenita, qui de son joli voyou,
a le vrai – et donc le faux – diamant en sa possession, on
devine très vite, en revanche, l’identité du personnage tirant
depuis le début les ficelles de cet étrange ballet amoureux aux
allures de quadrille : un homme, une femme, deux diamants
dont un parfaitement bidon. Bidon, le film ne l’est pas, qui,
totalement invisible depuis sa première sortie en salles, il y
aura bientôt cinquante ans, tient plutôt bien la route un
demi-siècle plus tard, et évoque sur le mode mineur le Sacha
Guitry de Bonne Chance !,
du Roman d’un tricheur
et de L’Accroche-cœur…
(lire
la suite).
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Jeune Cinéma (Bis)

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Le numéro double 336/337 de Jeune Cinéma enfin arrivé, on se délectera de son générique, goûtu
à souhait, sur lequel deux cinéastes résistants, Carlo Lizzani
et Nico Papatakis bénéficient, ce qui est mérité dans les deux
cas, de la part du lion. Où il sera en outre largement question,
en long, en large et en travers, du troisième long métrage
d’Isild Le Besco (Bas-fonds,
2010) et de l’exil argentin de Pierre Chenal, mais aussi de la
France de Raymond Depardon, mais encore de la réédition chez
Carlotta DVD du City Girl
de Murnau et du Liliom
de Borzage, inifiniment plus abouti que celui de Fritz Lang (nous
sommes bien d’accord), mais toujours de Jean Grémillon, éternel
mal aimé du Cinéma français malgré Vecchiali et les deux Noël
(Bursch et Herpe). Cerise sur le gâteau, un dossier circonstancié
consacré par Bernard Chardère au scénariste-dialoguiste Charles
Spaak et faisant la part belle à d’inédites mais incisives
notes, d’une méchanceté assumée, épinglant pêle-mêle
Victor Francen (« Malhonnête homme et parfait imbécile »)
et Jean Marais (« Très célèbre et mauvais acteur »),
Martine Carol (« Pour moi, elle n’était pas jolie ;
en revanche, elle était bête et méchante. Fort légère, elle
eut un surnom : l’étoile à matelas ») et Michèle
Morgan (« Grande présence physique, totale absence
spirituelle. Dieu qu’elle était bête »), lorsqu’elles
ne renvoient pas sine die
Gina Lollobrigida (« Une vache avec de beaux yeux et une
grosse poitrine qu’on mène au studio plutôt qu’au pré. Pour
le talent : aucun ») à ses verts pâturages. C’est
drôlissime, odieux, parfois injuste et disproportionné, mais en
ces temps de mainmise omniprésente du politiquement correct sur la
parole publique, où – à moins de faire partie du Gouvernement
et de s’en prendre de préférence aux Musulmans de France –
on ne peut plus balancer la moindre saloperie sur son prochain, ça
fait du bien. Mine de rien.
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Intermission

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Parisienne d’origine mais résidente britannique à
l’année (ou presque), Anne Pigalle a beau n’avoir que très
peu, en définitive, travaillé pour le grand écran, tout ce
qu’elle touche, depuis plus d’un quart de siècle, est comme
nimbé d’un parfum persistant de celluloïd, tel qu’en témoignèrent
en leur temps les neuf chansons du kulte Everything Could Be So Perfect (1985). Comptant probablement comme
l’un des albums les plus inspirés et les plus passionnants
jamais enregistrés en France tout au long des aléatoires années
80, au même titre que les premiers Taxi Girl ou l’indétrônable
The No Comprendo (Les
Rita Mitsouko, 1986), ce premier opus possédait en outre une
dimension résolument cinématographique, renforcée par une poignée
de clips, visibles ici
et là,
flirtant plus que volontiers avec le court métrage expérimental.
(lire la
suite...)
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Tanches
d'avril

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Avril 2011 commence semble-t-il un peu mieux que mars
ne s’est achevé : l’inénarrable mais terrifiant (et réciproquement)
Frédéric Lefebvre fait la joie des internautes depuis que l’on
sait que Zadig &
Voltaire (du même ?) est son livre de chevet, deux
dictateurs africains de plus, et non des moindres, sont sur le départ,
et la subtile Elsa Fayer (Gérard 2010 de « l’animatrice
que les chaînes se refilent comme un herpès à chaque rentrée »)
pareillement, qui va pouvoir reprendre à zéro sa quête de CDI,
ou même de CDD de plus de douze mois consécutifs, au sein du
PAF. Presque aussi chanceux, dans leur malheur, que leur très SCF
(sans chaîne fixe) amie potiche-speakerine-chroniqueuse, les huit
wannamachins de Carré VIIIP, rangé aux profits et pertes un peu plus tôt que prévu,
reprendront selon toute probabilité le chemin du Pôle emploi le
plus proche, où l’on ne manquera certainement pas de réorienter
les deux tiers d’entre eux vers le stage d’alphabétisation élémentaire
qui s’impose. Adieu donc, veaux, vaches, cochonnes et lait d’ânesse,
vous nous manquerez. Ou pas. À L’@ide-Mémoire, nous nous consolerons de votre retour définitif
à l’anonymat, dont vous n’auriez probablement jamais dû
chercher à sortir, en revoyant sans modération aucune le
touchant Sans lendemain
(Max Ophuls, 1939), le suffocant Reflets dans un œil d’or (John Huston, 1966) ou le dérangeant Pays
de Cocagne (Pierre Étaix, 1969) – tous les trois
multidiffusés sur Cinéclassic en ce moment – et l’hommage
circonstancié en dix films rendu à Catherine Deneuve par la chaîne
TCM, l’inégalable Théorème
(Pier Paolo Pasolini, 1968) rediffusé sur France 2 dans la nuit
de mardi à mercredi, ou le presque aussi épatant Extérieur,
nuit (Jacques Bral, 1979) programmé ce soir à 21 heures sur
TV5. Gérard Lanvin à ses quasi débuts dans le cinéma
d’auteur, André Dussollier pas encore devenu le comédien
parangon, volontiers pesant, de Jean-Michel Ribes et d’Alain
Resnais, Christine Boisson, magnétique déjà, dans ce qui reste
probablement à ce jour l’un de ses meilleurs rôles au grand écran,
cela fait, au final, trois raisons pour le prix d’une, de voir
ou de revoir ce film ovniesque, justement léopardisé lors de
l’édition 1980 du Festival de Locarno 1980. Alors que la bru so
chic de la grande Tina Turner, la fille – russe ou quoi que
ce soit d’approchant – de Jean-Marc Maniatis, la marchande de
lait d’ânesse et de lingerie sexy, la cagole chantante d’Alès
s’exprimant comme Mireille Mathieu et les autres s’apprêtent
à rendre, un peu par la force des choses, qui son éphémère
couronne, qui son diadème devenu trop petit au regard d’une tête
beaucoup trop prématurément enflée, les vraies reines –
Edwige, Silvana, Liz, Catherine, Christine – ne s’en laissent
pas conter, dont on pourra, pour peu que l’on aime veiller tard,
voir et revoir ça et là quelques-unes des incursions au grand écran
les plus inoubliables. Pour toutes ces raisons : Happy April !!
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Deux
inconnus connus


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Alors
que se boucle, lentement mais sûrement, le troisième volume de
notre Encyclopédie des Longs Métrages français et
francophones 1929-1979, nous vient le sentiment que – peut-être
– Internet et ses internautes pourront nous aider, mes
contributeurs et moi, à mettre enfin un nom sur chacun de ces
visages à la fois connus et anonymes. Familiers mais, à ce jour,
totalement dépourvus d’identité. Impeccable en garçon de café
comme en agent de police, Monsieur X… (photo du haut)
cumule au bas mot trois ou quatre décennies d’activité cinématographique
ininterrompue, que l’on croise aussi bien dans Feux
de joie (Jacques Houssin, 1938) que dans L’Arbre
de Noël (Terence Young, 1969), dans Madame
de… (Max Ophuls, 1953) que dans Cartouche
(Philippe de Broca, 1961). Monsieur Y… (photo du bas),
presque aussi prolifique, se voit quant à lui gratifier de
quelques répliques dans Le
Gang des pianos à bretelles (Gilles A. de Turenne, 1952) ou
dans Reproduction interdite
(Gilles Grangier, 1956), mais aussi d’un gros plan dans Moulin
Rouge (John Huston, 1952), mais encore d’innombrables
figurations ça et là, invité au gala d’Opéra des Belles
de nuit (René Clair, 1952) comme la réception mondaine de Yoyo (Pierre Etaix, 1964), policier goguenard dans plusieurs volets
des Enquêtes du Commissaire
Maigret et des Cinq
Dernières Minutes. Alors ? Des suggestions ? Des
pistes ? Des idées ? Faute de rubrique « commentaires »
sur ce site, qui n’est pas un blog (ceci expliquant cela),
postez-les à l’adresse suivante : aide-memoire@club-internet.fr,
et, comme on dit… reparlons-en !! AdL
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Jo
Charrier

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Décès dans sa centième année – et dans la plus
absolue discrétion – du musicien et comédien Georges « Jo »
Charrier, mockyen « première période »
croisé notamment dans Snobs !
(1961) et Un drôle de
paroissien (1963) mais qui se fit essentiellement connaître,
à la fin des années 40, comme violoniste-fantaisiste dans
l’orchestre de Jacques Hélian, pépinière de talents en
devenir, de Francine Claudel à Ginette Garcin en passant par le
très multidisciplinaire Zappy-Max. Indépendamment de ses deux
incursions chez Mocky, on se souviendra de lui, entre autres
apparitions discrètes à l’écran, comme de l’employé hébété
des Pépées font la loi
(Raoul André, 1954), polar cocasse, ou du chauffeur de taxi
bougon de Que la bête meure
(Claude Chabrol, 1969), thriller psychologique de la meilleure
eau. La Télévison des années 70 et 80 fit par ailleurs
volontiers appel à lui, qui le vit se faufiler, généralement en
queue de générique, dans Graine
d’Ortie (Yves Allégret, 1973), Les
Faucheurs de marguerites (Marcel Camus, 1973), divers épisodes
des Cinq Dernières minutes
version Cabrol/Ménardeau et même, exceptionnellement promu tête
d’affiche pour la seule et unique fois de sa carrière, dans un
volet de l’interminable, miteuse et pathétique ô combien série
Cas de divorce (Lecourbe
contre Lecourbe, 1991).
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Purple
Eyes

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Comment passer sous silence, sur ce site consacré au
cinéma français, la disparition de l’un des derniers mythes
vivants (plus maintenant, hélas) hollywoodiens ? Le portrait
de la magnifique actrice que fut Dame Elizabeth Taylor (1932-2011)
n’est plus à faire, et les hommages abondent un peu partout sur
la toile. Alors ? Alors rappeler l’humour étonnant/détonnant
de l’ex-Mrs. Richard Burton, qui la vit endosser avec panache le
rôle de la belle-mère de la famille Pierrafeu ou faire en sorte
d’arriver avec quinze minutes de retard à son propre
enterrement. Rappeler aussi sa conception somme toute assez rare
de l’amitié, qui la vit faire montre d’une fidélité indéffectible
à l’égard de Michael Jackson ou accompagner dans son dernier
combat son ancien partenaire de Geant, victime d’un sale virus.
Rappeler enfin que Dame Elizabeth Taylor fut, à l’échelle
mondiale, la première personnalité issue du monde du spectacle
à avoir entrepris une croisade de chaque instant contre le SIDA,
et que si elle n’avait pas ouvert la brèche outre-Atlantique,
Line Renaud et Barbara n’auraient probablement pas pu agir de même
en France quelques mois plus tard. Relire enfin le portrait émouvant
que lui consacre Rupert Everett dans son livre de souvenirs (Tapis rouges et autres peaux de bananes, 2008). Prompt à égratigner,
avec ou sans tendresse, les unes et les autres, de Catherine
Deneuve à Nastassja Kinski, de Joan Collins à Josée Dayan, le
comédien et mémorialiste avait su remiser provisoirement au
placard son exquise langue de pute et trouver les mots justes pour
portraiturer l’autre reine Elizabeth, amoindrie mais toujours souveraine, telle
qu’il avait pu la croiser le temps d’une fête
d’anniversaire.
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Hélène
Surgère

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Décès encore de la magnifique Hélène Surgère, un
an et quelques semaines à peine après son entrée en tant que
pensionnaire à la Comédie-Française dont elle était devenue
dans le même temps la doyenne par l’âge et la « benjamine »
des recrues par le fait. Appelée au sein de la grande maison afin
d’y interpréter la nourrice des Trois Sœurs de Tchekhov, elle s’y était offert, de son propre
aveu, le luxe d’une seconde jeunesse, forte cependant d’une
carrière longue et fournie répartie sur exactement un demi-siècle.
La suite et la filmographie ici,
comme d’habitude.
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Nelly
Benedetti

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Deuxième quinzaine de mars dédidément très faste
pour la Camarde, vivement avril ! Disparition, dans sa 90ème
année, de la comédienne Nelly
Benedetti, à la ville Mme Dominique Paturel, dont les
téléphages se rappelleront qu’elle interpréta Marguerite de
Navarre au petit écran (Qui
a tué Henri IV ?, Stellio Lorenzi), avant de prêter ses
traits à l’héroïne du premier en date d’une longue série
d’épisodes de la série Commissaire
Moulin (Ricochets,
Alain Dhénault, 1976), puis à l’ardente bohémienne des Beaux Messieurs de Bois-Doré (Bernard Borderie, id.), les
nostalgiques du cinéma de Truffaut - qui rime avec « il en
faut » – auront un léger pincement au cœur à l’évocation
de la Franca fiévreuse et passionnée de La
Peau douce (Truffaut, 1963), les accros du doublage réentendront
pêle-mêle les voix de Cyd Charisse, Jean Simmons, Rossana
Podesta, Eva Marie Saint, Angie Dickinson, Janet Leigh, Ursula
Andress ou Anne Bancroft dans cinquante ou soixante films qu’il
serait fastidieux d’énumérer, et les historiens que nous
savons être, parfois, tant il est vrai que la chose est plus
gratifiante que de copier-coller le travail des autres, se
souviendront qu’elle avait fait, juste avant la Seconde Guerre
mondiale, partie de la même promotion au Conservatoire National
d’Art dramatique, que Paula Dehelly, Clarisse Deudon, Germaine
Lafaille et Maria Casarès. Voilà qui ne nous rajeunit pas, ma
bonne dame…
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Nadia Barentin

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Disparition dans sa 75ème année, des
suites d’une longue maladie, de la mère supérieure de Louis La Brocante, produit télévisuel quant à lui inférieur, et
pas qu’un peu… Actrice impeccable, volontiers cocasse lorsque
les circonstances l’exigeaient, fine et subtile en toutes
circonstances, Nadia
Barentin avait débuté à l’écran au mitan des années
60 en prêtant ses traits à la bouquetière maligne et avisée
de Merveilleuse Angélique
(Bernard Borderie, 1964), avant de s’imposer, la maturité
venue, comme une compagne de route récurrente du Splendid première
période, de l’épouse cocue, en châles de laine et sabots suédois,
du chef de la communauté post-hippie des Babas-cool
(François Leterrier, 1981) à la dame du vestiaire compatissante
du Mariage du siècle (Philippe Galland, 1985). Servante discrète mais
émérite d’auteurs contemporains « hauts de gamme »,
de Jean-Claude Grumberg à Roland Dubillard, Nadia Barentin,
valeur sûre et attachante des planches fut en outre, côté théâtre,
mise à l’honneur, en 1979, par le Syndicat de la Critique pour
son interprétation dans La
Maison des cœurs brisés de George Bernard Shaw et Autour de Morin de Robert Pinget. Merci, Madame.
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Michel Fortin

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Comédien solide et attachant, Michel Fortin reste
comme de nombreux artistes de sa génération un incontournable du
cinéma hexagonal des années 70, décliné sous toutes ses
facettes, de la comédie populaire poids lourd (Les
Aventures de Rabbi Jacob, Gérard Oury, 1973) au film
d’auteur dans l’air du temps (Bof !
Anatomie d’un livreur, Claude Faraldo, 1970 ; Une
femme, un jour…, Léonard Keigel, 1974), du brûlot ravageur
ou s’efforçant de l’être (Calmos,
Bertrand Blier, 1975 ; Buffet froid, Blier, 1979) au
blockbuster raté (Le Bon et les Méchants, Claude Lelouch, 1975), de la chronique
familiale fleurant bon le thym et la farigoulette (Confidences pour confidences, Pascal Thomas, 1978) au film érotique
soft fleurant bon le stupre (Les
Bijoux de famille, 1974). (lire
la suite...)
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Roger
Desmare

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Disparition, dans sa 91ème année, du comédien,
poète, peintre et mime Roger Desmare parfois orthographié
« Desmares », troisième couteau familier aux
spectateurs de Michel Deville – il en faut – et, plus encore
aux téléphages des années 70. Ébouriffé et décalé, on se
rappellera de lui comme du garçon de café maladroit de La
Rue sans loi (Marcel Gibaud et Léon Mathot, 1950), du
cordonnier serviable de Dernier
Domicile connu (José Giovanni, 1969) ou du petit actionnaire
râleur et revendicatif embobiné par Robert Lamoureux au dernier
tiers de L’Apprenti salaud
(Michel Deville, 1976). La filmographie télé de l’ancien
compagnon de route et de cabaret du Mime Marceau, courant de la
deuxième saison de Rocambole (Jean-Pierre Decourt, 1964) à L’Age vermeil (Roger Kahane, 1984) en passant par Bergeval
père et fils (Henri Colpi, 1977) ou Histoire
de la grandeur et de la décadence de César Birotteau (René
Lucot, id.), est à proprement parler impressionnante, dont IMDB
donne un aperçu incomplet, mais fidèle et circonstancié. Piqûre
de rappel ici
et lien vers le site de l’artiste là.
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L'autre
Annie

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Disparition de la productrice, manageuse et ex-comédienne
Annie Fargue (1935-2001), dont le long compagnonnage amoureux,
amical et professionnel avec Michel Polnareff avait fini par
occulter les activités passées de comédienne sous la direction
de Duvivier (L’Affaire
Maurizius, 1953), Resnais (La
guerre est finie, 1965 ; Je
t’aime, je t’aime, 1967) et Clouzot (La
Prisonnière, 1967) à l’écran, aux côtés de Gérard
Philipe (Nucléa, Henri
Pichette, 1952), d’Anouk Aimée (Sud,
Julien Green, 1953) sur les planches. Volontiers décriée par les
Polnareffiens – Fabien Lecœuvre l’accusera, en 2007,
d’avoir tout mis en œuvre pendant des années pour faire le
vide autour du chanteur – mais adorée par l’homme qui
pleurait des larmes de verre (et lui rendit, quelques heures après
sa disparition, hommage sur sa page Facebook), Annie Fargue
restera surtout comme la productrice surinspirée qui sut, la
première, transposer la comédie musicale US en France, de Hair
(feat. Julien Clerc et
Vanina Michel) à Godspell
(feat. Dave, Daniel Auteuil et Armande Altaï) en passant par Oh
Calcutta ! ou le très controversé Jésus-Christ
Superstar (feat.
Daniel Beretta). Celles et ceux qui voudront en savoir plus sur
les longues années-Polnareff d’Annie Fargue pourront se
reporter aux Mémoires de l’interprète du Bal des Laze, d’Holiday
et de Lettre à France (Polnareff
par Polnareff, Grasset, 2004), celles et ceux qui préferont
s’en tenir à sa filmographie pourront cliquer ici.
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Shapes and Colours

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Tout finit par arriver à qui sait attendre, le tout
est de vivre assez longtemps : bloqué, semble-t-il pour des
questions de droits, depuis la nuit des temps, inédit en VHS
comme en DVD, l’indispensable Loin
de Manhattan (Jean-Claude Biette, 1980) débarque
– enfin ! – sur le câble, pour le plus grand bonheur des
fans, dont nous sommes, de Jean-Claude Biette première période.
Où il sera question d’un peintre qui a mystérieusement cessé
de produire pendant huit ans, d’un critique d’art dévoré par
la curiosité et l’ambition, d’une galeriste d’art envoyée
réparer le fiasco d’une interview ratée et finissant par s’éprendre
de sa « victime », de comparses assez incroyables et
d’un casting de très grande tenue, où ne manquent, et ce
n’est pas plus mal, que les pénibles Noël Simsolo (enfin, si,
on l’y apercevrait quand même quelques secondes) et Valérie
Jeannet. Bon, et aussi Patachou et Tonie Marshall, ce qui est
déjà plus regrettable. Les nostalgiques de la grande époque
« Diagonale » sauront s’en consoler en retrouvant à
l’écran, 80 minutes durant, l’impeccable Howard Vernon au
sommet de sa forme (et de sa haine viscérale, à la ville, à
l’endroit de son principal partenaire masculin, ce qui profite
au film), la touchante ô combien Sonia Saviange et sa sensibilité
à fleur de peau, l’ébouriffante Laura Betti et sa délicieuse
folie tout en retenue, l’impressionnante Michèle Savin (il
n’y en avait qu’une, Biette semble l’avoir inventée), le décoiffant
Michel Delahaye, l’hallucinant – déjà ! – Piotr
Stanislas, le fragile Emmanuel Lemoine, les Bouvet mère et fils,
et pas mal d’autres, d’ailleurs plus que pas mal. Loin de Manhattan est assurément l’un des films français les
plus beaux, les plus intelligents, les plus tendres, les plus
iconoclastes et les plus drôles tournés à l’aube des années
80, ceux qui ont eu la chance de le découvrir sur grand écran
savent déjà pourquoi, les autres pourront toujours vérifier la
véracité de nos dires sur CinéCinéma Club à dater de ce
soir… À propos, vous reprendrez bien un peu de bleuade et de
tarte aux lentilles broyées ?
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L’autre Catherine

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C’est un peu marre, toutes ces morts, on n’arrive
plus à suivre, et à cette cadence, il sera bientôt plus simple
de lister/filmographier les comédiennes vivantes plutôt que
celles récemment disparues. Deux semaines après la brune Maria
Schneider, deux semaines avant Annie Girardot et Jane Russell, le
hasard, assez chien sur ce coup-là, a voulu que la blonde
Catherine Jourdan (1948-2011), ex-égérie des deux Alain –
Robbe-Grillet et Fleischer – s’éclipse sur la pointe des
pieds, de surcroît en pleine rétrospective Jacques Baratier, ce
qui ne constituera pas, assurément, la raison la plus stupide au
monde d’espérer une réédition rapide de L’Araignée
de satin (1985) en dvd, blu-ray ou quelque format que ce soit.
Sinon, on pourra toujours se rabattre au mieux sur l’impeccable Le
Samouraï (Jean-Pierre Melville, 1967), au pire sur
l’ineffable Quatre Charlots mousquetaires (André Hunebelle, 1973) et son
« codicille » même topo À
nous quatre, Cardinal ! (Hunebelle, 1973). Et pour la
filmo, comme d’hab’, il suffira de cliquer ici.
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Annie Girardot
1931-2011

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Les marchands de vin, patrons de distillerie et autres
petits producteurs viticoles sont tristes, les amoureux du septième
art encore plus. Michèle Alliot-Marie dûment renvoyée à ses
foyers (et à sa très opaque fondation), la semaine semblait
pourtant bien partie, et puis non ! Annie Girardot, comédienne
immense et magnifique comme on n’en fait que trois ou quatre par
siècle, s’en est allée, elle aussi – mais pour d’autres
raisons – et ce sont aussitôt des centaines d’images qui défilent :
Annie Girardot revue et à peine corrigée par Claude Véga, Annie
Girardot jurant par tous les saints du Paradis n’avoir jamais eu
aucun problème avec l’alcool, jamais, face à Patrick Sabatier éberlué
(et on ne dira, précisément, jamais assez à quel point le
savoir-mentir, surtout lorsque les circonstances l’exigent,
reste le B-A-BA du métier de comédienne), Annie Girardot en
larmes lors d’une Nuit des César assez inoubliable… Et puis
Annie Girardot radieuse et belle au premier tiers de Mourir
d’aimer… (André Cayatte, 1970), Annie Girardot irrésistible
de drôlerie et de classe tout au long du quatrième et dernier
sketch d’Amours célèbres
(Michel Boisrond, 1961), Annie Girardot poignante, du début à la
fin, dans Le Mari de la
femme à barbe (Marco Ferreri, 1963), Annie Girardot
rivalisant de roublardise et d’autorité avec Jean Gabin et
Lucienne Bogaert dans l’avant-dernière séquence de Maigret
tend un piège (Jean Delannoy, 1957), Annie Girardot élevant
par sa seule présence l’incroyable, lourdingue et pathétique Déclic
et des claques (Philippe Clair, 1964) au rang de chef-d’œuvre
incompris, Annie Girardot âpre jusqu’à l’insoutenable dans
le long flashback de Partir, revenir (Claude Lelouch, 1984), preuve cinématographique
par neuf que si les bons comptes font souvent les bons amis, les
mauvais films font parfois les grands rôles, Annie Girardot,
enfin, immortalisée comme rarement actrice l’aura été par le
regard, élégantissime et juste s’il en fut, de Luchino
Visconti (Rocco et ses frères,
1960). Annie Girardot vient de s’absenter, définitivement cette
fois, et contrairement à Michèle Alliot-Marie, elle ne reviendra
pas par la porte de service d’ici un mois ou deux. Le contraire eût
peut-être mieux valu. Les plus chanceux (ou les plus âgés)
garderont plus que probablement intact le souvenir mêlé de
Dorine et de Frosine, d’une Marilyn Monroe plus fragile que
nature (Après la chute,
Arthur Miller, 1965) et d’une éblouissante Madame Marguerite
(Roberto Athayde, 1975 et 2001/2002), les autres pourront toujours
se rabattre sur les films, ils ne manquent pas, Bertrand Blier et
Claude Lelouch battre leur coulpe et regretter publiquement ne pas
l’avoir davantage fait tourner (qui les en a jamais empêchés ?).
Annie est partie, l’itinéraire Girardot reste, qui court de Vivre
pour vivre (Lelouch, 1966) à Merci
la vie (Blier, 1990), du « kulte » Érotissimo
(Gérard Pirès, 1968) au méconnu La
Vie continue (Moshe Mizrahi, 1980), de Trois Chambres à
Manhattan (Marcel Carné, 1965) et sa Française expatriée à La Pianiste (Michael
Haneke, 2000) et son ébouriffante mère-épave. Et comme il n’existe pas encore à ce jour, sauf
erreur de notre part, de « Prix Annie Girardot », le
mot de la fin – mais pas de la soif, manquerait plus que ça –
qui s’impose sera le suivant : à la bonne vôtre, Madame,
et merci pour tout. AdL
NB : Pour des
raisons purement techniques, la (longue) filmographie cinéma
d’Annie Girardot et les liens vidéo correspondants ne seront
mis en ligne que d’ici quelques jours, ce dont nous prions, par
avance, les fidèles de ce site de bien vouloir nous excuser.
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Marco Perrin

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Pour une fois
qu’hommage sur L’@ide-Mémoire ne rime pas avec nécro… C’est par la blogosphère
que nous venons à prendre la mise en chantier d’un documentaire
concerné à Marco Perrin, disparu des écrans du jour au lendemain,
il y aura bientôt presque trente ans, par l’un de ses
admirateurs. Sincère et surmotivé, Jérémy Kaplan a su, par sa ténacité,
convaincre le comédien, absent des planches comme des studios
depuis un AVC survenu en 1983 et retiré dans le Sud-Ouest parisien,
de prêter son indispensable concours au projet, précédé ou
rejoint, selon les cas, par Bertrand Blier, Brigitte Chamarande, Joël
Séria et Henri Tisot (lire
la suite...).
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Louise Dhour

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Jean
Rollin, réalisateur " kulte " et paresseux
– les deux choses n’ayant jamais été absolument
incompatibles en soi – qui bavait volontiers sur le cinéma de
Godard tout en ayant passé pas loin d’un demi-siècle à
refaire pas le même film mais presque (un boudin, un nain, un clown, un ou une vampire, une
horloge, un cercueil, la mer, un boudin, un nain, un clown, un ou
une vampire, une horloge, etc.) avec des fortunes diverses, savait
parfois, force est de le reconnaître, s’entourer d’interprètes
passionnants. En témoigne la présence récurrente ou pas, selon
les cas, dans son abondante et inégale filmographie, de Michel
Delahaye et Jacques Robiolles, buveurs de sang géniaux (Le
Frisson des vampires, 1970), de R.J. Chauffard, gardien du
temple impavide (La Vampire
nue, 1969), de Paul Bisciglia, paysan sanguinaire (Les
Raisins de la Mort, 1977), de Bernard Musson, sorcier ébouriffé
(La Fiancée de Dracula,
1999), de Marie Laurence, religieuse émouvante (La
Fiancée de Dracula, id.), des incroyables Jean Aron, Willy
Braque et Maurice Lemaîte, ou encore de la captivante Dominique
Grousset, présente par intermittence du début (Requiem
pour un vampire, 1971) à la presque fin (La
Nuit des Horloges, 2006). Loin du pénible Thomas Smith (La
Fiancée de Dracula), de l’insupportable Jacqueline Sieger (Le
Viol du vampire, 1967) ou de l’éteint – et un peu flapi
– Jean-Loup Philippe (Lèvres
de sang, 1974), Louise Dhour, dont un site
ami consacré au cinéma bis a été le premier a
signaler sa disparition, était de ces artistes méconnu(e)s,
rares au propre comme au figuré, dont le souvenir semble réservé
aux seuls initiés. Et c’est dommage. La suite, les
filmographies cinéma et télévision, ainsi qu’une galerie
d’affiches, sont rassemblées ici.
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Robert
Liensol

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Disparition aussi, consécutive à une mauvaise chute
survenue à son domicile parisien, de Robert Liensol, doyen –
depuis le décès, il y a quelques mois, de la centenaire Jenny
Alpha – des comédiens antillais. Co-fondateur il y a plus
d’un demi-siècle, avec Darling Légitimus et Georges Hilarion,
de la première compagnie de théâtre composée d’acteurs
noirs, « Les Griots », Robert Liensol s’était
notamment illustré à leurs côtés lors de la création, en
octobre 1959, de la pièce de Jean Genet, Les
Nègres, mise en scène par Roger Blin. Incontournable du cinéma
de Med Hondo, qui le fit débuter au grand écran, et dans le même
temps pilier solide de la galaxie Christian Lara, c’est à ce
dernier qu’il dut, à la toute fin des années 70, le rôle-titre
– l’un des plus importants de sa longue carrière – de Coco
La Fleur (1978), prélude à d’ultérieures retrouvailles
« de celluloïd », dont la dernière en date, Pani
Pwoblem (en post-production à l’heure où nous rédigeons
ce bref hommage), sera peut-être, par la force des choses, la
plus émouvante. L’hommage circonstancié rendu à Robert
Liensol, quelques heures après sa disparition, par Christian Lara
est accessible ici
et sa filmographie l’est en cliquant là.
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Christian
Le Guillochet

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Après Laurent Terzieff (1935-2010), c’est une autre
figure à jamais liée à l’histoire du Théâtre du Lucernaire
qui vient de éteindre, en ce mois de février frileux.
Cofondateur, il y a quarante ans, avec son épouse, la comédienne
Luce Berthommé (1945-2004), et l’ex-interprète des Tricheurs
de ce lieu unique en son genre, créé rue d’Odessa avant de se
voir détruit et « reconstruit » rue Notre-Dame des
Champs, Christian Le Guillochet, restera bel et bien l’homme de
tous les combats (lire
la suite...).
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Jeannette Batti

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À
l’instar de son époux Henri Génès, disparu en 2005, Jeannette
(Janette à ses débuts) Batti était une comédienne solide –
à tous les sens du terme – dont le seul tort fut de s’être
laissé dévorer toute crue par le ban et l’arrière-ban des
plus mauvais cinéastes des années 40 et bien après, de
Jean-Paul Paulin à Bernard Launois, en passant par René Jayet,
Michel Gérard et les deux Jean (Loubignac et Laviron). Perdus au
beau milieu d’une filmographie en dents de scie à faire pâlir
de jalousie Alice Sapritch, Paul Préboist, Patrick Topaloff et
Sim eux-mêmes jusqu’au fin fond de leurs tombes respectives, on
retiendra néanmoins, appréciés dans les trois cas à leur juste
valeur, son incursion éclair dans la sphère Duviver (La Fête à Henriette, 1952), son passage furtif au sein de la
galaxie Guy Gilles (Le Clair
de terre, 1969) et l’image, bien plus pérenne de la
Marinette de La Traversée de Paris (Claude Autant-Lara, 1956) (lire
la suite...).
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Rien, voilà l’ordre

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Tandis que nos camarades tunisiens et égyptiens nous
apportent sur un plateau la preuve par neuf qu’il est
parfaitement possible, avec un peu (beaucoup) de bonne volonté,
de virer des chefs d’État incompétents en l’espace de
quelques semaines, pendant que Patrick Poivre d’Arvor et Michèle
Alliot-Marie rivalisent à seule fin de savoir lequel ou laquelle
des deux parviendra à se débarrasser enfin de son écharde dans
le pied – ou de sa valise pleine d’enclumes, c’est selon,
– sur l’explication la plus tirée par les cheveux, et que TF1
– la chaîne dont le fils de Jean-Pierre Castaldi et Catherine
Allégret est depuis hier soir l’animateur le plus érudit –
nous martèle en boucle que Marthe Mercadier (on achève bien les
chevaux) est une star (!!), la marchande de verres Atoll Adriana
Karambeu aussi et le néo-philosophe André Manoukian
pareillement, nous commençons à nous dire, à L’@ide-Mémoire,
que la vie, la vraie, pourrait bien être ailleurs. En Tunisie,
donc, en Égypte, peut-être bientôt en Algérie, et – pour
ceux qui, un peu comme nous, n’ont pas la carte permettant de
parcourir le Nord de l’Afrique en jet privé – entre les pages
d’un livre de Philippe Azoury (À
Werner Schroeter qui n’avait pas peur de la mort, Capricci,
2010) à offrir à tous ses amis ou via une plongée en apnée
dans l’œuvre filmée de Jacques Baratier, telle qu’on peut la
redécouvrir en ce moment, au choix, dans les fauteuils de la Cinémathèque
française ou sur CinéClassics (lire
la suite...).
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Tura ! Tura ! Tura !

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Au lendemain même de la disparition précoce de Maria
Schneider, c’est une autre actrice au magnétisme rare et au
curriculum-vitæ cinéma parfois sulfureux, l’Américano-Nippone
Tura Satana (10/07/1938-04/02/2011), qui vient de se faire
prématurément la malle sans crier gare. Ses bios officielles
nous rappellent qu’avant de devenir ad
vitam æternam la plus sublime des karatéchattes jamais
imaginée par un cinéaste, la captivante ô combien Tura Tura
Luna Pascual Yamaguchi, future Satana, prit en son très jeune
temps la tête d’un gang de filles, fut mariée par ses parents
à l’âge de treize ans après avoir subi un viol collectif
alors qu’elle n’en n’avait que neuf (on ne sait ce qui est
pire), posa régulièrement devant l’objectif de l’ex-acteur-réalisateur
Harold Lloyd devenu sur le tard un photographe coquin réputé,
connut un flirt plus que prolongé avec Elvis Presley (auquel elle
apprit à bouger son bassin en cadence au propre comme au figuré)
à la fin des années 50 et prêta, au début de la décennie
suivante, son physique avantageux à la prostituée asiatique d’Irma
la Douce revue et corrigée par Billy Wilder (1960), devenu au
passage l’un de ses meilleurs amis. Russ Meyer, à qui elle doit
d’être définitivement passée à la postérité, rapporta dans
un livre d’entretiens paru dans les années 80 que lorsqu’elle
dut renoncer à gagner sa vie comme gogo-danseuse et comédienne,
l’ex-bikeuse sadique de Faster
Pussycat ! Kill ! Kill ! (1965) passa avec succès
un diplôme d’infirmière, à la plus grande joie – ou la plus
grande frayeur, selon les cas – des malades parfois à peine
sortis de réanimation (ou du coma) et voyant débarquer à leur
chevet une bombe eurasienne en blouse blanche arborant un badge
comportant pour seule et unique inscription « Nurse Satana ».
Au cours de la seconde moitié des années 2000, Myspace, Facebook
et Youtube – liens ici,
ici
et là
– avaient familiarisé les fans ultimes, disséminés aux quatre
coins de la planète, avec l’image d’une grosse dame aux yeux
bridés et à (plus que jamais) très forte poitrine, adorée des
gays et n’ayant rien perdu de son humour ravageur ni de sa
grande lucidité. Definitively Varla.
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Viva
Maria !

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Disparition dans sa 59ème année (c’est
fou comme le temps passe vite, parfois) de Maria Schneider, comédienne
rare qui connut dans la même temps la consécration et le déclin,
ce qui était mérité dans un cas, particulièrement injuste dans
l’autre. On a beaucoup reparlé sur la toile, au cours des 48
heures écoulées, des blessures de l’actrice, abîmée – euphémisme
– par Marlon Brando durant le tournage du Dernier Tango à Paris (1972), du comportement jugé démissionnaire
par la principale intéressée de Bertolucci durant le tournage,
d’un grand sentiment d’injustice aussi vis-à-vis de son géniteur,
qui ne fit jamais publiquement mystère des liens du sang les
unissant tout en s’abstenant de la reconnaître légalement (lire
la suite...).
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J
- 100

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Autant dire que le plus long et le plus dur (sans jeu
de mots) est passé : plus que cent petits jours – moins
qu’il n’en n’aura fallu au petit homme préféré de notre
confrère Jean Tulard et de l’actuel président de la République
pour reperdre son trône – avant la sortie du tant attendu Dictionnaire
des Films Érotiques & Pornographiques 16 et 35 mm concocté
depuis des années par le très érudit et très éclectique Christophe
Bier, devenu éditeur pour les besoins de la cause et
entouré de l’équipe de choc que l’on sait. Projet choral
plus encore que collectif, le fameux dico, dont l’éphémère
revue CinÉrotica avait, en son temps, partiellement livré la
première mouture, se prévaut à l’arrivée d’une vingtaine
de signatures – et d’autant de points de vue – de marque,
l’ours rassemblant pêle-mêle transfuges de la défunte Saison Cinématographique et contributeurs réguliers de L’@ide-Mémoire
(à commencer par l’auteur de ces lignes et l’indispensable
Italo Manzi), programmateurs de cinémathèques et contributeurs réguliers
de presse écrite, spécialistes pointus des « sous-genres »
et inconditionnels du cinéma « bis » sous toutes ses
formes
(lire la
suite...).
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G le Maudit

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Dans le top 70 de la colossale Encinéclopédie de Paul Vecchiali, il occupe la deuxième place du
podium, juste après Max Ophuls, immédiatement avant Duvivier,
loin devant le trio de tête Renoir-Guitry-Pagnol. Paradoxe :
on lui doit quelques-uns – huit au moins – des plus beaux
films (Maldone, Gardiens
de phare, La Petite Lise,
Gueule d’Amour, L’Étrange
Monsieur Victor, Remorques,
Le ciel est à
vous, Pattes-Blanches) de l’histoire du Cinéma français, toutes époques
confondues, et seuls trois titres (Gueule
d’Amour, hélas en version caviardée (!), Remorques et L’Étrange Mme
X) sur la quinzaine que comporte l’œuvre sont aujourd’hui
disponibles au format DVD. À dire vrai, parlerait-on encore
aujourd’hui de « Jean Grémillon, cinéaste », n’eût
été le formidable travail entrepris à son propos par une poignée
de cinéphiles convaincus, de Noël Burch (et Geneviève Sellier)
à Noël Herpe, en passant par Vecchiali précisément, dont un
texte assez magnifique en son genre, datant de 1981, sert de préface
à l’ébouriffante anthologie de textes et propos éditée parue
à l’Harmattan
en novembre dernier ? (lire
la suite…).
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Janine Souchon

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Second rôle solide et figure emblématique de la
production « grand public » des années 70, Janine
Souchon fut toutes proportions gardées au cinéma de Claude
Pinoteau ce que Pauline Carton fut en son temps à celui de Sacha
Guitry. Truculente et bougonne, abonnée aux emplois ancillaires
qu’elle savait, le cas échéant, pimenter d’acidité, et
faisant montre en toutes circonstances d’une réelle subtilité de
jeu, elle marqua d’une empreinte bien réelle des personnages généralement
hauts en couleur, plus proches en définitive de l’eau-forte que
de la caricature (lire
la suite...).
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Betty Stockfeld

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Invitée d’honneur quasi attitrée du cinéma français
de la seconde moitié des années 30, la comédienne d’origine
australienne Betty Stockfeld (1905-1966) savait mieux que toute
autre mêler savamment et suavement élégance et fantaisie,
confondre étroitement glamour et pétulance et rendre attachantes
les créatures les plus apparemment superficielles nées sous la
plume de Sacha Guitry, Jacques Deval ou Yves Mirande. Codédicataire,
avec Elvire Popesco et Mila Parely, du premier volume de L’@ide-Mémoire paru en 2006 (et bientôt réédité), c’est en
toute logique que la capiteuse mais subtile interprète de la
Margaret Brown d’Ils étaient
neuf célibataires a refait son apparition dans le Ceux
de chez lui ou le Cinéma de Sacha Guitry et ses interprètes,
portraiturée dans les deux cas par un Raymond Chirat ne tarissant
pas d’éloges. La preuve ici…
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Georges Staquet

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Disparition dans sa 79ème année d’un
comédien solide, probe et généreux en la personne de Georges
Staquet – parfois orthographié Stacquet – dont,
par manque de temps (hélas), on rappellera qu’il fut des
feuilletons télévisés à succès de Claude Barma, de Belphégor (1964) en Rois
maudits (1972), qu’il entreprit au milieu des années 60 un
compagnonnage intermittent mais réparti sur exactement deux décennies
avec Jean-Luc Godard (Bande
à part, 1964 ; Pierrot
le Fou, 1965 ; Week-end,
1967 ; Je vous salue,
Marie, 1984) et qu’on le croisa aussi bien dans Ogro
(Gillo Pontercorvo, 1979), film d’accès difficile, que dans le
multirediffusé Le Maître
d’école (Claude Berri, 1981), où il figurait le père de
Coluche. Bonne route à vous, Monsieur.
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Philippe A et Josette K

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L’autre livre qui a accompagné ces trois jours passés
loin de Paris est à la fois la chronique d’une période,
n’est ni tout à fait un roman, quoi qu’en ait son très élégant
auteur, ni tout à fait un recueil de souvenirs, mais bel et bien
la chronique, élégante mais lucide et sans fard, de trois décennies
ou presque de vie intellectuelle se confondant de bout en bout
avec celle d’une famille française. Pour ceux qui l’ont fréquenté
de près, c’est surtout un magnifique portrait en creux du
regretté Philippe Arnaud (1951-1996), éclairant en termes
choisis et délicats la complexité du personnage, éminemment
attachant, et les multiples zones d’ombre, volontiers
entretenues, que pressentaient ses proches, mais n’en levant pas
pour autant complètement le voile – qui l’aurait pu, fût-ce
au sein de sa famille ? – sur les paradoxes inhérents, et
presque « constitutionnels », propres à l’auteur
des meilleurs essais jamais consacrés à Robert Bresson, à Sacha
Guitry et à la Rencontre au cinéma. Lorsqu’il n’allait pas
bien, Philippe Arnaud n’avait pas son pareil pour s’esquiver
sur d’élégantes et facétieuses pirouettes, dont l’une
suffisait à le dépeindre entre mille. « Je ne vois pas
pourquoi on raconte partout que Bob [Bresson] est un cinéaste
froid et austère. Je suis allé chez lui, j’ai fait un tour
dans sa salle de bain, elle est beaucoup plus chaleureuse qu’on
ne l’imagine : sa baignoire possède un robinet d’eau
froide et un autre d’eau glacée ! ». Le (beau) livre
de Claude Arnaud refermé, on comprend mieux pourquoi, près de
quinze ans après la disparition (?) accidentelle de Philippe dans
les eaux de ce littoral corse qu’il adorait depuis l’enfance,
le fantôme de Josette Khannibal, le double féminin et revêche
qu’il avait inventé à seule fin de dissuader importuns et fâcheux,
continue de hanter autant les murs d’une Cinémathèque française
dont il avait su, entre grande érudition, curiosité inétanchable,
générosité de chaque instant et humour vif-argent, devenir un
élément plus indispensable encore qu’incontournable. Son aile
indubitable en nous.
Claude Arnaud, Qu’as-tu
fait de tes frères ?, Éditions Grasset, 2010, 370 p.,
19 €.
Philippe Arnaud, Les Paupières du visible – Écrits de cinéma,
Éditions Yellow Now, 2001, 256 p., 12,50 €.
Philippe Arnaud, … Son aile indubitable en moi, Éditions Yellow Now, 1996, 64 p.,
7,50 €.
Philippe Arnaud, Robert
Bresson (préface d’Alain Bergala), Éditions Cahiers du Cinéma,
1988, réédité dans la collection « Petite Bibliothèque
des Cahiers du Cinéma », 9,97 €.
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La si jolie vie de...

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Trêve hivernale oblige, l’auteur de ce qui suit est
descendu se gaver de foie gras (Brigitte, si tu nous lis…) et de
vieil Armagnac dans le Sud-Ouest, laissant son abonnement au câble
à Paris et des montagnes de DVD en instance de visionnage itou,
mais pas ses livres (et puis quoi encore ?). Entre la dinde
aux marrons et le magret de canard aux cèpes, il s’est donc,
accessoirement, repu des souvenirs goûtus de Sylvie
Joly, qui se lisent vite, qui se lisent bien, et qui
ont le mérite, surtout, de rappeler que la dame, cantonnée (mais
avec quel panache !) aux seconds rôles par le grand écran,
a bel et bien été, sur les planches, l’une des piliers one
woman show « à la française », annonçant avec
deux décennies d’avance Valérie Lemercier et Florence Foresti,
ce qui est assez formidable en soi, mais aussi Anne Roumanoff et
Muriel Robin, ce qui prouve que l’enfer est décidément pavé
de bonnes intentions. Ou l’on verra donc pêle-mêle Bernadette
Chodron – bien porté – de Courcel, future Mme Jacques Chirac,
encore adolescente mais déjà très bien coiffée, aider la
future humoriste à rattraper des cours régulièrement séchés,
la grande mais lucide Mireille (articulez mon petit) suggérer
perfidement à la débutante Charlotte Julian de s’en retourner
à Perpignan le plus rapidement possible, la non moins grande
Zouc, dépeinte sous un jour somme toute assez inattendu,
soumettre les programmateurs télé des années 70 au
dilemme-dictat (somme toute assez inélégant) « c’est
Sylvie Joly ou moi », l’immense (?) Madeleine Robinson
pourrir au quotidien la vie de ses partenaires de théâtre (air
connu), ou encore Jean-Pierre Marielle, paniqué au vu de
l’accueil de Calmos
(Bertrand Blier, 1975) lors de sa sortie en salles, hurler sur
tous les toits, ou presque, ses craintes voir sa carrière définitivement
foutue. C’est, en revanche, avec une infinie pudeur, mais sans
langue de bois, que la grande Sylvie expédie en quelques lignes,
à la toute dernière page, la révélation de la maladie – la même
que Jean-Paul II, ce qui en jette et pas qu’un peu – qui l’éloigne
depuis deux ans de la scène comme des plateaux de tournage, et
c’est peu dire que nous n’en attendions pas moins d’elle.
Absolument. Absolument.
Sylvie Joly, C’est
votre vrai nom ?, Éditions Flammarion, octobre 2010, 351
p., 19,90 €.
www.sylviejoly.com
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L’œil du (petit) malin

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Le principal talent de Claude Chabrol a été, pendant
cinquante ans, de faire croire qu’il était un grand, voire un
très grand cinéaste, là où il se rangeait, de toute évidence,
du côté des petits maîtres et des faiseurs volontiers habiles :
il est loin d’être le seul (Truffaut même combat), et, tous
domaines confondus, chaque époque a les grands artistes, généralement
proclamés à la va-vite et pour de mauvaises raisons, qu’elle mérite.
La truculence, toute sympathique soit-elle, la facilité à enchaîner
les tournages, la capacité à se façonner dans la durée un
personnage public identifiable et populaire, mi-érudit, mi-bon
vivant, le fait même d’avoir participé, dans une autre vie, à
l’émergence de la Nouvelle Vague, capital pérenne aux yeux des
historiens, n’ont jamais suffi en soi à faire le talent, et le
génie encore moins. Au moment de sa disparition, somme toute
encore récente, vestales et pleureuses de profession, étrangement
frappées d’amnésie collective quant au fait qu’il n’avait
pas tourné un seul film à peu près potable depuis Betty
(1991 : ça date un peu), ont même cru devoir agiter à son
propos – la grand messe officielle organisée en l’honneur du
défunt sur le parvis de la Cinémathèque française les y
autorisait – le spectre de Buñuel, ce qui dénote au choix une
fâcheuse propension à l’exagération ou une méconnaissance
profonde de l’œuvre du grand Luis : la doxa, encore et
toujours. Il n’empêche… Toute foutraque ait-elle pu être, la
filmographie abondante (trop ?) du « grand Charles »
– qui rime avec « tu parles » – recelait bel et
bien d’authentiques pépites, et ce sont, on s’en réjouira,
ces pépites-là que les programmateurs de Cinéclassics ont
choisi de remettre à l’honneur, le temps d’un cycle, qui
permettra de voir et de revoir jusqu’à plus soif Les Biches (1967), La Femme
infidèle (1968), Le
Boucher (1969) et, surtout l’hallucinant-halluciné La
Rupture (1970), films passionnants constituant à eux quatre
une sorte de parenthèse enchantée dans l’œuvre prolifique de
Chabrol, et dont il n’est peut-être pas exagéré de dire
qu’ils doivent beaucoup, rétroactivement, à l’indicible présence
de Stéphane Audran.
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Bernard-Pierre Donnadieu

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Nous reviendrons dès que faire se peut sur la
disparition récente, dans sa 62ème année, de
Bernard-Pierre Donnadieu, comédien intègre et rare emporté par
un cancer lundi matin. En attendant des jours plus fastes, la
filmographie de cet ancien élève de Robert Hossein, lauréat de
prix d’interprétation au Festival de Madrid et d’Oporto pour
sa prestation dans L’Homme
qui voulait savoir (George Sluizer, 1988) et d’un FIPA
d’or du Meilleur Acteur pour son interprétation du syndicaliste
du téléfilm Jusqu’au bout (Maurice Failevic, 2005) est disponible ici.
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Le dernier des Branquignols (ou
presque)

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Disparition, à l’âge - tout de même - respectable de
91 ans, du comédien, chanteur d’opérettes et ex-« Branquignol »
Robert
Destain, dont les nostalgiques de la comédie populaire
telle qu’elle se pratiquait au cours des années 50 et 60,
n’oublieront ni le hussard chantant entrevu dans
l’avant-dernier tableau d’Ah !
Les Belles bacchantes… (Jean Loubignac, 1954), ni la folle
chiffons hystérique par lui composée tout au long du Couturier
de ces dames (Jean Boyer, 1956), ni le baron guindé
complimentant Louis de Funès/Septime pour la bonne tenue, la
carte de choix et le service impeccable de son Grand
Restaurant (Jacques Besnard, 1966).
Photo
extraite de La Zizanie
(Claude Zidi, 1977), Studiocanal DR.
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Un enfant du siècle

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Les destins itinérants font souvent les grands hommes, et
tous les Nikos (heureusement) ne se nomment pas Aliagas. Né en Éthiopie
de parents grecs, Nico/Nikos
Papatakis fut longtemps le compagnon de route d’André
Breton, de Sartre et des Prévert, sous la houlette desquels il
effectua ne débuta pas à l’écran, mais presque : dans le
foutraque Voyage-surprise (Pierre Prévert, 1946), barbu comme un jeune faune
et sexy en diable, il composait non sans humour un soldat d’opérette
amoureux fou d’une reine naine et sadique – Piéral, jouant sa
participation de bout en bout sur le mode Marguerite Deval – par
lui traitée comme si elle était Greta Garbo ou Marlene Dietrich
en personne(s). Le producteur inspiré d’Un
chant d’amour (Jean Genet, 1950) puis de Shadows
(John Cassavetes, 1959), le Pygmalion génial de la brune Juliette
Gréco, qu’il fit débuter à « la Rose Rouge »,
puis de la blonde Christa Päffgen, qui fut sa compagne et lui
emprunta son pseudonyme de « Nico », firent peu à peu
oublier l’ancien partenaire à l’écran de Tino Rossi (Le Gardian, Jean de Marguenat, 1945), comme le réalisateur, sincère
et engagé, occulta par la suite quelque peu le souvenir de
l’ancien prévertien, un temps marié à la toute jeune Anouk
Aimée. Disparu à 92 ans, Nico Papatakis aura, au final, traversé
le siècle avec bien plus d’élégance et d’à-propos que bon
nombre de Français de souche (et non des moindres), peut-être
parce que son éthique le plaçait d’instinct du côté des plus
faibles et des marginaux. Brice, Éric et les autres, si vous nous
lisez…
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Bonne
chance !

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Nos
amis d’ISI Print ont accompli des prodiges, et le premier tirage
de Ceux
de chez lui ou le Cinéma de Sacha Guitry et ses interprètes –
Volume 1 vient de nous être livré avec 24 heures
d’avance (alléluïa…). Les premiers envois partiront demain
après-midi, et l’occasion nous a semblé trop belle pour ne pas
remercier ici, avant d’aborder la finalisation et les
corrections du Volume 2, l’ensemble des personnes nous ayant
permis, à Raymond Chirat, à Italo Manzi et à moi, de mener
cette première partie de l’aventure à terme : Stéphane,
cheville ouvrière du projet depuis le premier jour, Christophe
Bier, dont le blog
figure depuis peu parmi les liens « amis » et dont
nous attendons impatiemment la sortie du Dictionnaire
des Films français érotiques & pornographiques en 16 et 35
mm chez Serious
Publishing début 2011, René Chateau qui nous a
gracieusement autorisés à reproduire en première de couverture
le visuel, extrait du film Bonne
Chance ! (1935), que nous avions choisi, Thabory
Fernatos et Jean-Pierre Pecqueriaux, cinéphiles éminents et
filmographes comme on n’en fait plus, Christian Léciagueçahar
dont le défunt ou presque Coin
du Cinéphage ne devrait plus tarder à renaître
de ses cendres, les lecteurs, enfin, présents et futurs, des deux
premiers tomes de L’Encyclopédie
des Longs Métrages 1929-1979, dont la fidélité nous touche
et le nombre croissant nous réjouit. En ce qui nous concerne, il
est encore un peu trop tôt pour dire si nous éditerons en
premier lieu le troisième volume de l’Encyclopédie ou le
second tome consacré aux « guitryens », mais une
chose est d’ores et déjà acquise, c’est qu'un nouvel
arrivage de L’@ide-Mémoire
est d'ores et déjà prévu pour le printemps 2011.
Rendez-vous
donc dans trois mois pour les moins pressés, par courrier,
courriel ou téléphone pour les plus impatients, et pour les uns
comme pour les autres, sur ce site que nous continuerons
d’alimenter régulièrement en attendant nos prochaines
publications. Joyeuses fêtes de fin d’année à tous, et à
l’attention plus particulière de celles et ceux qui n’ont pas
encore eu le privilège rare de les visionner, les deux piqûres
de rappel qui s'imposent : l’intégrale DVD Pierre Étaix
est disponible depuis plus d’un mois, à consommer sans modération,
du superbe Le Soupirant (1962) au sublime Yoyo
(1964) en passant par l’étonnant/détonnant Pays
de Cocagne (1969), et la quasi-totalité de l’œuvre filmée
de Sacha Guitry l’est toujours chez Gaumont DVD et aux Éditions
René Chateau. À très vite… Armel
De Lorme.
Photo : Sacha
Guitry et Jacqueline Delubac dans Bonne
Chance ! (Sacha Guitry et Fernand Rivers, 1935), Éditions
René Chateau DR.
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Sacha Guitry, quatrième

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On a longtemps écrit – c’était un tort – que
Jacqueline Delubac ne savait pas jouer, qu’elle avait le regard
vide et qu’elle donnait toujours un peu, face à la caméra, le
sentiment de ne pas tout à fait comprendre le sens de ses
répliques. Des baffes. Au moment précis où les portraits des
comédiens guitryens offerts aux internautes s’apprêtent à
passer le relais à ceux, bien plus nombreux, proposés dans notre
dernier opus papier (Ceux
de chez lui ou le Cinéma de Sacha Guitry et ses interprètes),
il nous donc a semblé opportun de clore (provisoirement) cet
hommage on line sur un clin d’œil à l’exquise
« Jacquot », comédienne de grande classe et
de grand talent, dont le seul tort, en son temps, fut peut-être d’avoir
ou deux ou trois décennies d’avance dans sa manière,
irrésistible et unique, de jouer la comédie. La suite ici…
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Sacha
Guitry,
troisième

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Comédien
assez magnifique en son genre, bien que venu sur les planches un
peu par accident, le grand Claude
Dauphin (Legrand était du reste son véritable
patronyme) méritait bien un hommage double. C’est donc, en
marge du texte qui paraîtra dans Ceux
de chez lui ou Le Cinéma de Sacha Guitry et ses interprètes,
un inédit signé Raymond Chirat que nous avons choisi pour faire
suite aux portraits déjà en ligne de Magali Noël et d’André
Lefaur, rappelant au passage qu’il est toujours possible de se
procurer aux Éditions
René Chateau le rare mais intense Cyrano
de Bergerac de Fernand Rivers (1945), dont Claude Dauphin –
infiniment supérieur ce faisant au déjà pénible Gérard
Depardieu – interprétait le rôle-titre.
Entre classe et panache, comme il se doit.
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Yann
Gonzalez

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Il
n’a réalisé pour l’heure que quatre courts métrages, dont
trois multiprimés, mais a probablement, alors même que nous
achevons la rédaction de ce chapô de circonstance, bouclé le
tournage du cinquième, prépare en parallèle son premier long,
d’ores et déjà très attendu, et compte assurément, depuis
deux ou trois ans, parmi les jeunes cinéastes les plus
prometteurs de sa génération. Yann
Gonzalez, à l’opposé de la majeure partie de ses
pairs, cite plus volontiers Jean Rollin « première période »
et Dario Argento que Claude Sautet et Jean-Loup Dabadie, ce qui
suffit en soi à faire de lui quelqu’un d’éminemment fréquentable.
Il a, bien avant le pénible Pascal Thomas, fait débuter Julien
Doré à l’écran, révélé la troublante Kate Moran, imposé
le magnifique Salvatore Viviano, alternative jeune, gay et
classieuse à Fabrice Luchini, et, dans les trois cas, on ne lui
en saura jamais assez gré. Il a un vrai regard – au sens non
galvaudé du terme – de cinéaste, où lucidité, causticité,
remise en question permanente et poésie visuelle font bon ménage,
et ressemble assez, au final, à ce qu’à L’@ide-Mémoire,
nous attend(i)ons d’un réalisateur français des années 2010 :
un jeune homme moderne, curieux, sensible et insolent,
revendiquant haut et fort, comme Olivier Assayas en son jeune
temps, une culture pop rock plutôt chiadée, mais parfaitement
capable, ce faisant d’aller traîner ses guêtres du côté de
chez Cocteau ou de Pasolini. Au final, le monde en chantier
permanent de Yann Gonzalez, s’il fait rimer comme aucun autre
viscéralité et légèreté, altérité et âpreté, doit
davantage aux images traumatiques et aux petits maîtres de la série
B qui peuplèrent ses visions d’adolescent cinéphile et cinéphage
qu’à l’univers formellement maîtrisé mais un rien cul-serré
de François Truffaut – véritable tarte à la crème de deux ou
trois générations au moins de réalisateurs passés par les
fourches caudines des facs de cinéma –, ce qui, là encore,
suffit à vous poser un réalisateur bien plus intéressant que la
moyenne. Nous sommes donc très fiers d’étrenner les plâtres
de notre rubrique « entretiens » par une itv long
drink de ce garçon monstrueusement doué, où il sera plus
que de raison question de transgression(s) et de culture gothique,
de cannibalisme et d’amitié, de Nicole Brenez et de Nicole Stéphane,
de Marie
France et de Maud Molyneux, de Danielle Darrieux et de
David Lynch. Moteur !
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Sacha
Guitry, deuxième

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À
la suite de Magali Noël, et à deux semaines de la
parution du premier volume du Cinéma
de Sacha Guitry et ses Interprètes, c’est un portrait
(encore) inédit estampillé Raymond Chirat que l’@ide-Mémoire
offre à ses (futurs) lecteurs. André
Lefaur, créateur « historique » sur les
planches du rôle-titre de Topaze,
représentera ici ses huit camarades d’Ils
étaient neuf célibataires (Sacha Guitry, 1939), qui de
Victor Boucher à Saturnin Fabre, en passant par Max Dearly,
Aimos, Sinoël, Gaston Dubosc, Georges Morton et Anthony Gildès,
figureront, les uns comme les autres, dans la version papier.
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Charles
Charras

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Décès
du comédien, adaptateur, poète, homme de radio et metteur en
scène Charles
Charras, disparu à Shanghai dans sa 91ème
année. Secrétaire et factotum de Charles Dullin de 1946 à 1949,
par la suite professeur au cours d’art dramatique portant le nom
de ce dernier – il y aura notamment pour élèves Jean-Louis
Trintignant, Jean-Claude Drouot, Pierre Richard, Pierre Santini,
Romain Bouteille et Robin Renucci –, Charles Charras avait
intégré en 1953 la Compagnie Jacques Fabbri, aux côtés de
laquelle il avait pris part, onze ans plus tard, au film choral Les Pieds dans le plâtre (Jacques Fabbri et Pierre Lary, 1964).
Rappelé au grand écran par son ex-élève Pierre Richard, au
début de la décennie suivante, Charles Charras apparaît
furtivement parmi les recruteurs en blouse blanches aperçus au
début des Malheurs
d’Alfred (1971), avant de se prodiguer dans plusieurs
réalisations de Roger Coggio, aujourd’hui invisibles pour la
plupart. Charles Charras tirait, on en doute un peu, une fierté
bien plus légitime de son parcours long et fourni sur les
planches, et pouvait revendiquer à juste titre une activité
presque aussi importante, à partir du milieu des années 60, au
petit écran. La dernière fois que nous nous sommes parlés
par téléphone, au printemps dernier, Charles Charras évoquait
avec une impatience assz indicible son prochain voyage en Chine,
sans présumer, comme c’est souvent le cas, du fait que ce
serait aussi le dernier. Rideau.
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Sacha
Guitry, première

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Afin de fêter comme il se doit la publication de
notre première somme consacrée aux comédiens depuis 2006, et en
attendant la parution imminente du troisième volume de L’Encyclopédie
des Longs Métrages français 1929-1979, mise en ligne du
premier des quatre portraits extraits de Ceux
de
chez lui offerts aux
lecteurs de ce site. C’est donc la magnifique Magali
Noël qui ouvrira le bal.
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Julien
Guiomar

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Disparition
dans sa 83ème année de Julien
Guiomar, comédien assez irremplaçable en son genre et
véritable chaînon manquant entre les « excentriques »
des années 30 et les grands seconds rôles (provisoirement) remis
au goût du jour par le cinéma français des années 70. Démesuré
et drolatique, impeccable dans les bourgeois bornés comme dans
les salauds ordinaires et les pires crapules, il faisait partie de
cette minorité d’allumés géniaux mais classieux capables, à
l’instar de Pierre Brasseur ou de Saturnin Fabre en leur temps,
de conférer un cachet bien réel à des œuvres en manquant
parfois cruellement...
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Ceux de chez lui

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Les
meilleures promesses sont généralement celles que l’on tient : parution
début décembre du premier des deux tomes de L’@ide-Mémoire
– Encyclopédie des Comédiens consacrés par l’auteur
de ce qui suit et aussi par les indéboulonnables – et
partant indispensables – Raymond
Chirat et Italo Manzi aux interprètes de Sacha Guitry à l’écran.
Le générique de la première partie
(difffusé ici au format PDF) rassemblera
entre autres (« cités dans l’ordre alphabétique – et
avec quelle gratitude ») :
Aimos, Arletty, Françoise Arnoul, Jean-Pierre Aumont, Brigitte Bardot,
Jean-Louis Barrault, Pierre Bertin, Bernard Blier, Jeanne Boitel,
Victor Boucher, Pierre Brasseur, Pauline Carton, Georges Chamarat,
Jean Chevrier,
Aimé Clariond, Henri Crémieux, Suzanne Dantès, Janine Darcey,
Danielle Darrieux, Claude Dauphin, Jean Davy, Max Dearly, Jean Debucourt, Lise
Delamare, Jacqueline Delubac, Sophie Desmarets, Marguerite Deval,
Émile Drain, Huguette Duflos, Jacques Dumesnil, Maurice Escande,
Saturnin Fabre, Fernandel, Jacques François, Fréhel, Jeanne
Fusier-Gir, Jean Gabin, Josseline Gaël, Daniel Gélin, Mona Goya, Fernand Gravey,
Geneviève Guitry, Jeanne Helbling, Romuald Joubé, Robert Lamoureux, Yvette Lebon,
André Lefaur, Meg Lemonnier, Charlotte Lysès,
Jean Marais, Georges Marchal, Lana Marconi, Mary
Marquet, Nicole Maurey, Marguerite Moreno, Michèle Morgan, Gaby Morlay, Magali
Noël, Claude Nollier, Mila Parely, Simone Paris, Giselle Pascal, Raymond Pellegrin, Mireille
Perrey, Gérard Philipe, Marguerite Pierry, Jean Poiret, Elvire
Popesco, Micheline Presle, Suzy Prim, Yvonne Printemps, Raimu,
Madeleine Renaud, Noël Roquevert, Louis Seigner, Michel Serrault, Michel Simon,
Sinoël, Cécile Sorel, Betty Stockfeld, Maurice Teynac, Jean
Tissier, Alice Tissot, Pierre Vaneck, Howard Vernon et Jean Weber… présentés, déclinés,
commentés en 156 portraits-filmographies, dont plusieurs seront
mis en ligne, ainsi que le sommaire complet, au cours des semaines
précédant la parution.
Ceux de chez
lui ou le Cinéma de Sacha Guitry par ses interprètes – Volume
1 (De Pauline Carton à Howard Vernon), par Armel De Lorme, Raymond Chirat et Italo Manzi, L’@ide-Mémoire, 2010,
156
portraits/filmographies, 520 pages.
Sortie le 9 décembre 2010, diffusion exclusive via l'@ide-Mémoire
et Priceminister, et pour toute précision,
l’adresse e-mail et le numéro de téléphone sont ici.
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En
voiture, Simone

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Ultimes finalisations des derniers portraits du Cinéma
de Sacha Guitry par ses interprètes oblige, c’est un
hommage rien moins que symbolique qu’en attendant des jours plus
fastes nous rendrons à l’exquise Simone
Valère, disparue ce 11 novembre dans sa 90ème
année, et dont nous nous bornerons à rappeler, dans les grandes
lignes, qu’elle fut deux décennies durant (1946-1968) une
infatigable compagne de route pour les Renaud-Barrault aux côtés
de son éternel fiancé Jean Desailly (1920-2008), rencontré en
pleine Occupation sur le tournage du Voyageur
de la Toussaint (Louis Daquin, 1942) – mais épousé en 1998
seulement –, par la suite une directrice de théâtre avisée
et, dans le même temps, l’interprète d’une quarantaine de
films, longs et courts répertoriés ici.
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Claudine Berg

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Disparition dans sa 76ème année de la comédienne
et actrice Claudine Berg, dont nous réactualisons ici
le portrait-filmographie publié en 2006 dans le premier volume de
notre Encyclopédie des Comédiens
de Théâtre, Cinéma et Télévision.
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Raymond Bernard

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Réalisateur phare du Muet (Le Miracle des loups, 1924 ; Tarakanowa, 1929) et des dix premières années du Parlant (Les
Croix de bois, 1930 ; Les
Misérables, 1932 ; Les
Otages, 1938), Raymond Bernard reste l’archétype de
l’auteur à part entière – jouant à niveau égal avec Jean
Renoir, pour n’en citer qu’un seul – ayant fini par
accepter, face aux difficultés croissantes rencontrées dans
l’exercice de sa profession, d’abdiquer toute ambition
artistique au bénéfice (?) de la seule efficacité. Auteur en
2001 d’une très circonstanciée étude consacrée à Julien
Duvivier, Éric Bonnefille récidive en livrant le premier véritable
ouvrage de référence jamais consacré à ce cinéaste à éclipses
dont l’Occupation et ses lois connement antisémites devaient précipiter
le déclin, suivi film à film des premières bandes Gaumont tournées
à la fin de la Première Guerre mondiale (Le Ravin sans fond, 1917) aux comédies semi-fauchées et presque
anachroniques réalisées en pleine éclosion de la Nouvelle Vague
(Le Septième Commandement,
1957 ; Le Septième
Ciel, 1957). Entre recours systématique aux archives, refus
du didactisme facile et traitement fouillé de la production cinématographique
bernardienne dans ses recoins les plus oubliés (Amants
et Voleurs, 1935 ; Le
Jugement de Dieu, 1949), Fresques
et Miniatures fait figure de modèle du genre, dont on ne déplorera
la portion congrue accordée à la filmographie stricto
senso – rien moins que symbolique et relevant un peu du
foutage de gueule – que pour mieux louer la bibliographie
exhaustive publiée en annexe, sorte d’exemple à suivre parce
que, précisément, très rarement suivi. Cinéaste essentiel,
Raymond Bernard méritait bien un hommage en bonne et due forme :
c’est chose faite désormais, et nous ne sommes pas les derniers
à nous en réjouir. ADL
Raymond
Bernard : Fresques et Miniatures, Éric Bonnefille, Éditions L’Harmattan
(Collection Champs visuels), 2010. 338 pages. N° ISBN :
978-2-296-11501-9. Prix public : 32,50 €.
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Santa-Relli

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Disparition, dans sa 97ème année, de la
comédienne Santa-Relli (1914-2010), dont le souvenir à l’écran
restera à jamais lié à la « jeune vieille fille en mal de
mari » ouvrant le bal macabre de Cécile
est morte ! (Maurice Tourneur, 1943) et à la peu aimable
patronne de loterie foraine qu’elle composait avec justesse et
probité tout au long de Jour de fête (Jacques Tati, 1947). Son portrait, à peine retouché,
tel qu’il parut au printemps 2006 dans notre Encyclopédie des Comédiens
de Théâtre, Cinéma et Télévision, est ici,
accompagné comme il se doit de la fimographie et de la galerie
d’affiches qui vont généralement avec.
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Bernard
Musson

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Bouclage
du premier volume consacré aux interprètes de Sacha Guitry à
l’écran oblige, le temps nous manque pour rendre hommage autant
qu’il l’aurait mérité (de son vivant aussi) à Bernard
Musson, comédien probe, artiste attachant et homme exquis croisé
au détour de quelques trois cents films l’ayant vu personnifier
au choix – mais toujours avec finesse – flics bornés, butlers
hébétés et cléricaux véreux, en attendant, en toute fin de
parcours, le sorcier ébourriffant-ébouriffé de La Fiancée de Dracula (Jean Rollin et Jean-Noël Delamarre, 1999).
Rencontré à l’automne 1999, il était longuement revenu, à
cette occasion, sur le tournage de La
Vache et le Prisonnier (Henri Verneuil, 1959), dont il était,
à l’époque, l’unique interprète masculin encore vivant, et
plus longuement encore sur les six longs métrages par lui tournés
sous la direction de « Don » Luis Buñuel, qu’il ne
vénérait pas mais presque. Les trois heures d’enregistrement réalisées
à cette occasion, au cours desquelles il avait été largement
question de Fernandel et de Jean Gabin, forcément, mais tout
autant de l’incroyable Muni et de la tribu des « Sanfreniers »
chère à Jean-Paul Le Chanois, ont malencontreusement disparu
lors d’un déménagement – too bad – mais le souvenir et le
respect sont sont intacts onze ans après, que nous avons voulu
entretenir du moins par la mise en ligne d’une filmographie
entièrement revisitée (nettoyée entre autres de certains titres
d’œuvres dont le
principal intéressé demeure aujourd’hui encore indûment crédité)
et celle du lien
renvoyant directement au fichier PDF de ses (réjouissants)
souvenirs d’acteur.
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The Strawberry Girl
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Entre pénurie d’essence, manifs aux relents de tirs
de flashballs et froidure généralisée jusque dans le procès de
Virginie Labrosse, dite la Reine du Surgelé, un texto reçu en début
de semaine nous réchauffe un peu (beaucoup) le cœur et même
l’épiderme : Christine Boisson va bien, elle se repose au
soleil et, ce faisant, reprend du poil de la bête (de scène,
aussi). En dépit de la politesse généralement requise à
l’encontre des comédiennes lorsqu’elles sont belles,
captivantes et monstrueusement douées, notre équipe a choisi de
déroger, pour une fois, aux bonnes manières et, partant, de
l’embrasser fort. Pas comme du bon pain – on ne va pas
exagérer non plus – mais l’intention y est, et la filmographie
qui va avec également.
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Initials MF
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Notre
Brigitte nationale (76 ans aux prunes) semble désormais vouloir
briguer à la succession de l’époux de Carla Bruni – dite
l’actrice aux 35 prises pour une unique scène muette – et
l’expression « tomber de Charybde en Scylla » prend
soudain tout son sens. De son côté, la toujours so
chic Marie France, après avoir rendu en concerts et en album
un hommage classieux et touchant à la future présidente des Français
(lol, comme on dit) et à son répertoire chanté, illumine de sa
présence rare un clip tourné au coin du feu par Jérôme Reybaud
(www.lalalala.org), où il est plus qu’ailleurs question de sable,
de coquillages et de bateaux. La
Madrague ? Bien mieux : Une
histoire de plage, ballade pour guitare-voix tendre et
subtile, cosignée en son temps par Gérard Bourgeois (L'Homme
en habit rouge), Jean-Max Rivière et Yanni Spanos,
et devenue, l’espace d’un disque
et de quelques dates, l’une des plus belles chansons en langue
française interprétées sur scène comme en studio au cours
dernières années. La preuve en images ici.
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Plus
belle la vie (vraiment ?)

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Plus proche de l’usine à produits dérivés que de
la série HBO, PBLV (humour) est un peu au cinéma de Robert Guédiguian
ou du regretté Paul Carpita ce que Slam,
autre horreur estampillée France 3, est à Ce
soir (ou jamais) ou au ciné-club de Patrick Brion : une
sorte de truc improbable et lassant à la BO affreuse, peuplé de
bout en bout d’acteurs hautement approximatifs et aussi
excitant, visuellement parlant, qu’un gros plan de dix minutes
sur le visage d’Arlène Boulin-Prat, que l’on regarde (ou pas)
entre un spot Stéradent et une pub Juvamine, histoire de se
conforter (ou non) dans l’idée qu’il est moins dangereux
d’habiter une favela des faubourgs de Rio, une zone de non-droit
en Mauritanie, un village afghan sous domination talibane, ou même
la bande de Gaza, qu’un quartier semi-résidentiel de la Cité
phocéenne. Il n’empêche : c’est dans cette… fiction
(pas mieux) que la toujours formidable – et toujours péchue –
Pascale Roberts confirme, à 77 ans bien tassés, qu’il n’est
jamais de retraite pour les braves, et c’est là, encore, que la
grande Colette
Renard (1924-2010) a retrouvé, sur le tard, six
saisons durant, une notoriété égale au moins à celle qui fut
la sienne à l’époque – un peu lointaine – d’Irma
la Douce et de Julie la
Rousse. Hommage en titres, dates, affiches et liens vidéo ici.
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Les Cent Ans de Bécassine

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Depuis le temps qu’on en parlait, ayé :
Paulette Dubost vient de passer le cap hautement symbolique des
cent ans, et c’est avec un enthousiasme non dissimulé que nous
lui souhaitons un deuxième siècle aussi heureux, pimpant et bien
rempli que le premier l’aura été. L’occasion était, en tous
les cas, trop belle pour ne pas reproduire dans le texte le bref
hommage à elle consacrée par Raymond Chirat dans le chapitre
d’ouverture du premier tome de L’@ide-Mémoire
– L’Encyclopédie des Comédiens, croquant en une
quinzaine de lignes celle qui fut, au gré des tournage, la
Pauline de Dans les rues
(Victor Trivas, 1933) et la Louise du Bonheur
(Marcel L’Herbier, 1934), la Ginette d’Hôtel
du Nord (Marcel Carné, 1938) et la Lisette de La Règle du jeu (Jean Renoir, 1939), la Fernande du Plaisir
(Max Ophuls, 1951) et la Virginie de La
Fête à Henriette (Julien Duvivier, 1952), la Madame Diogène
de Viva Maria ! (Louis Malle, 1964) et la Madame Bijou du Dimanche
de la vie (Jean Herman, 1965), mais aussi une Rosière
des Halles (Jean de Limur, 1935) bien moins sage qu’il n’y
paraissait de prime abord, mais encore une Bécassine
(Pierre Caron, 1939) ne manquant ni de sel, ni de saveur, ni de
bon sens, mais surtout une Joséphine discrète et fidèle, dévouée
et empressée, veillant comme une maman de substitution sur la
santé déclinante et les coups de blues itératifs de la comtesse
de Landsfield déchue et fatiguée (Lola
Montès, Max Ophuls, 1955). La suite ici,
entre filmographie exhaustive, galerie d’affiches et liens vidéo
choisis.
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L'autre
Paulette

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Alors que la France entière, désormais informée
(merci Paris-Match) de son addiction à la marmelade de gingembre
et de ses rendez-vous quotidiens avec sa préparatrice de peau
(grands dieux), son maître nageur privé (happy girl) et sa
conseillère vestimentaire, s’émerveille (au moins) de l’état
de santé absolument florissant d’une Marie Zinzin
Liliane Bettencourt pétant le feu, et tandis que Paulette Dubost,
un siècle entier aux prunes, continue de trottiner cahin-caha
vers son centenaire imminent, l’autre
Paulette – elles s’étaient furtivement croisées au générique
du beau mais raté Jour des
Rois (Marie-Claude Treilhou, 1990) – vient de partir sur la
pointe des pieds à l’âge, tout de même respectable de 96 ans,
dont l’écrivain Mathieu Riboulet, moins courtisan dans l’âme
qu’Arnaud Bizot, certes, mais bien plus inspiré, vient de
brosser de manière exquise et circonstanciée le portrait pour Libération. Évoquant avec à-propos « l’incroyable
compacité de Paulette Bouvet, l’absolu de son imperturbable présence
dès qu’elle apparaît dans un plan, son engagement total et le
tranchant souverain, papal, avec lequel elle débite le texte
qu’elle a à jouer », rappelant aux fondus de cinéma le
grand naturel avec laquelle la dame servait, au choix, de la
« bleuade » maison et d’itératifs « C’est dément ! »
à ses visiteurs tout au long du magnifique (et jamais réédité)
Loin de Manhattan
(Jean-Claude Biette, 1980), l’auteur d’Avec
Bastien nous a donné envie de rendre à notre tour hommage à
la maman de Jean-Christophe Bouvet en exhumant tel quel (ou
presque) le portrait que nous lui avions, pour notre part,
consacré dans le premier volume de L’@ide-Mémoire, il y a cinq ans de cela. C’est fou comme le
temps passe…
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Un
jour, Lara...

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Disparition, cinq jours à peine après son 88ème
anniversaire, du comédien, directeur de production et réalisateur
occasionnel Jean Lara (1922-2010), croisé il y a une dizaine
d’années lors du tournage assez catastrophique d’un portrait
documentaire consacré à Roland Lesaffre, dont par simple charité
chrétienne, les croyants excessivement pieux que nous sommes
tairont le nom des autres protagonistes (une productrice – grand
mot – sorcière, une ex-actrice abonnée aux productions érotiques
et un réalisateur respectable – par l’âge au moins –
actuellement occupé, aux dernières nouvelles, à faire produire
son dernier opus par le notoirement très démocrate et très généreux
Omar Bongo). Jean Lara, comme Roland Lesaffre, était un homme
affable, courtois et accessible, volontiers disposé, pour peu
qu’on le questionne, à revenir sur son curriculum-vitæ
d’acteur, bien plus fourni, plus éclectique et plus
circonstancié qu’on était en droit de le supposer, où le
jeune marié futur père du Diable
au corps (Claude Autant-Lara, 1946), le résistant bon teint
du Père Tranquille (René Clément, id.) et le Pierre Gabard des Dernières
Vacances (Roger Leenhardt, 1947) faisaient bon ménage avec le
Louis XV hiératique de La Tour, prends garde ! (Georges Lampin, 1957) et le Renaud de
Lourmes ferraillant du Masque
de fer (Henri Decoin, 1962). Les Melvilliens se rappelleront
le rédacteur de presse décidé de Deux
Hommes dans Manhattan (1962), les Borowczyk…iens se
souviendront l’avoir furtivement croisé, le temps d’un plan
ou deux, au détour de La
Marge (1975), et pour les autres titres, ce sera ici.
As usual…
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Lady
Jenny

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Chanteuse de jazz et chantre de la « créolitude »,
comédienne et résistante, Jenny Alpha était la femme de tous
les combats et toutes les rencontres : exceptionnellement
longue, sa route aura croisé celles de Joséphine Baker et de
Duke Ellington, d’Aimé Césaire et de Léopold Sédar Senghor,
de Julius Amédé Laou et de Med Hondo, mais aussi, plus
fugitivement, celle de Jean-Pierre Mocky. Dans Noir comme le souvenir (1994), elle incarnait – à 84 ans – une
très drôle, très avisée et très sexy Fidélia, apportant,
mine de rien, une salutaire bouffée d’oxygène au climat censément
glauque d’un polar étouffant à souhait. Jusqu’au bout, elle
aura fréquenté assidûment plateaux de tournages, scènes de théâtre
et même studios d’enregistrement – son dernier disque
remontant à 2008 –, ce qui constitue, si besoin est, la preuve
éclatante qu’on peut être à la fois une très vieille dame et
l’exact contraire de Liliane Bettencourt : à traversée du
siècle égale ou presque, le fossé était immense qui séparait
la doyenne des comédiennes françaises en exercice du prototype
pathétique et réjouissant de Mamie Zinzin. L’actuel maire de
Paris a, pour sa part, rendu légitimement hommage, lors d’un déplacement
récent aux Antilles, à «une pionnière dans le domaine des arts
(…) qui a fait de sa vie un combat pour que la femme noire y ait
toute sa place». Pas mieux : le cinéma français ne serait
pas tout à fait ce qu’il est sans Darling Légitimus, partie en
1999, et Jenny Alpha, jeune centenaire fraîchement disparue, dont
la filmographie et la galerie photos sont ici,
agrémentées des liens vidéo qui s’imposaient. Merci de vous,
Madame.
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What’s New Pussycat ?

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Le Hasard, parfois facétieux, a voulu que Clive
Donner (1926-2010) disparaisse quelques jours à peine après la récente
rediffusion sur Arte de son très ovniesque et très réussi What’s New Pussycat ?, tentative assez unique dans toute
l’histoire du Parlant de renouer l’espace de deux heures avec
les origines du burlesque. Les mauvaises langues diront que
c’est de l’avoir revu dans une VF absolument immonde – où
à de rares exceptions près les comédiens de langue française
ne se doublent pas eux-mêmes, ce qui ressemble à une mauvaise
blague –, les fans conserveront le souvenir mi-psyché,
mi-mouillé d’une Paula Prentiss joyeusement borderline
oscillant entre numéros de strip-teases, lectures de poèmes
politiques et tentatives de suicides ratées (Would you excuse me for a minute ? I’m going into the bathroom to
take an overdose of sleeping pills), d’une élégantissime
Capucine émergeant d’un placard magique après avoir laissé
ses sous-vêtements aux mains d’un lubrique Peter Sellers déguisé
en Nana Mouskouri, d’une Ursula Andress encore mince – presque
aussi nue que dans Dr. No
– fuyant une meute de « threatful men » collés à
ses basques (ou quoi que ce soit d’approchant), voire d’un
Woody Allen encore capable, en ses jeunes années, de ne pas faire
et refaire indéfiniment le même film. (lire
la suite).
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Cheers

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Son destin cinématographique aura croisé ceux de
Marc Allégret, Max Ophuls, Tino Rossi, Charles Trenet, Roger
Duchesne et Sacha Guitry, elle aura connu l’avènement du
Parlant et traversé l’Occupation sans trop d’encombre ni de
privations au bras un chouia protecteur de Jean Luchaire, guinché
en tout début de carrière avec Jean Gabin mais été à 42 ans
l’incarnation la plus somptueuse – avec Lana Turner – de
Milady de Winter telle que l’imagina Dumas père, avant de
partager avec un mari producteur succès d’estimes et naufrages
artistiques sans équivalents ou presque. Retour en titres et en
dates sur la si jolie vie (si bien remplie) et, surtout, sur la si
jolie filmographie d’Yvette
Lebon, ex-plus beau regard de toute l’histoire du cinéma
français et jeune centenaire depuis quelques heures. Cheers
Yvette !!
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Gueule de raie

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Démarche
de sarcelle et voix de seringue option vinaigrette, ni vedette à
part entière, ni second rôle, rarement
tête d’affiche au théâtre mais omniprésente à l’écran
l’espace de six décennies, l'irremplaçable comédienne mascotte de Sacha
Guitry, disparue il y a exactement 36 ans, méritait bien qu’on
lui consacre une monographie. C’est un jeune universitaire de 76
ans à la plume particulièrement alerte, Yves Uro, qui s’y est
collé, après avoir exploré jusqu’à plus soif toutes les
sources écrites possibles et imaginables, de la correspondance
intime de la principale intéressée – consultable à la BNF –
aux petits carnets dans lesquels elle notait absolument tout. Où
l’on apprendra, entre autres choses, que Pauline Carton, si elle
revendiquait volontiers, selon l’humeur du moment, un « nez
en pomme de terre écrasée », une « gueule de raie »
et un « visage s’apparentant à celui du pou » (les
trois n’ont jamais été incompatibles), déployait surtout des
efforts incroyables pour s’enlaidir, fut lauréate du Prix Fémina
de Poésie en 1903, ne débuta pas à l’écran – filmographie
manuscrite à l’appui – en 1915 mais bien en 1907, officia
informellement comme script-girl sur le tournage des premiers
Guitry par elle tournés et sut cultiver des amitiés durables
avec certaines des épouses de celui auquel elle était la seule
à donner du « Monsieur » plutôt que du « Maître ».
On regrettera un peu, à l’arrivée, le postulat éditorial
ayant conduit à n’accorder aux photos extraites de pièces ou
de films que la portion congrue, mais on appréciera comme il se
doit la présence de nombreux fac-similés, peu ou prou inédits,
attestant des talents méconnus de la dame pour la caricature,
comme on appréciera la revisite circonstanciée de son imposante
filmographie (non, Pauline Carton n’a pas joué que des bonnes, des cuisinières et des concierges) et le portrait
en creux d’une personnalité bien plus complexe – et
accessoirement bien plus rock and roll – que ses rôles à l’écran
ne le laissaient supposer. On l’aura compris : si ce
n’est pas l’ouvrage de cinéma-bonne surprise de l’été,
cela y ressemble tout de même furieusement, et pour la preuve en
images et en chansons, c’est
ici, ici,
ici
et même là que cela se passe.
Pauline
Carton – Itinéraire d’une actrice éclectique, par Yves Uro,
Éditions L’Harmattan (Collection Champs visuels), 2009. 174
pages. ISBN : 978-2-296-10570-6. Prix public : 16,50 €.
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Bruno Crémer

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Décès (et encore un, allez !) du très
populaire Bruno Crémer (1929-2010), dont quarante-quatre ans
d’activité cinématographique ininterrompue et une reconversion
au petit écran habilement négociée au moment où le septième
art commençait à se désintéresser de lui, ont fait un peu
oublier qu’il avait été, en son temps, le créateur de Pauvre Bitos ou le Dîner de têtes (1956-1957) puis de Becket
ou L’Honneur de Dieu (1959), dans les deux cas sous le haut
patronage de Jean Anouilh. En attendant le portrait (ou pas), la
filmographie cinéma est ici,
où l’on constatera, non sans effarement, que ni le succès
critique et public de Sous
le sable (François Ozon, 2000), ni le prix d’interprétation
obtenu, l’année suivante, pour sa performance dans Mon
père (José Giovanni, 2000) ne lui permirent de retravailler
durablement au grand écran. Ce qui prouve, si besoin est, que les
producteurs sont des ingrats, mais cela, on le savait déjà plus
ou moins.
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Philippe Avron

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Il y avait, ce n’est pas nouveau, quelque chose
d’infiniment rare, pour ne pas dire d’unique, chez Philippe
Avron, artiste discret décédé comme en catimini dans
la nuit du 30 au 31 juillet, quelques jours à peine après les
premières représentations de sa dernière création en Avignon,
où il avait (juste retour des choses ?) attrapé le virus de
la scène et quasiment débuté un demi-siècle auparavant.
Quelque chose de rare, d’unique et d’infiniment précieux,
donc, que le cinéma français n’a pas toujours su voir, préférant
lui réserver la portion congrue, comme cela est souvent le cas
avec les comédiens trop notoirement issus des planches. On
prendra garde, pourtant, de ne pas oublier qu’il sauva en leur
temps, par sa seule présence à l’écran, les tristes Fêtes
galantes commises par un René Clair en bout de course (1965)
ou le très moyennement drôle et assez barbant La
Revanche (Pierre Lary, 1981), voire qu’il constituait, le
temps d’une scène ou deux, sous le col roulé et la barbe de
trois jours d’un étudiant philosophe prêt à refaire le monde
pour peu qu’on lui paie un demi, une sorte de contrepoint chic,
classieux et décalé au pathétique Jean Lefebvre d’Un
idiot à Paris (Serge Korber, 1966). Pour le reste, il ne
serait peut-être ni complètement crétin ni tout à fait inutile
de rééditer en dvd l’un des rares longs métrages de fiction
dont il ait jamais occupé la tête d’affiche, le très insolite
Fifi La Plume (Albert Lamorisse, Henri Gruel et GeorgesGoetz, 1964),
imaginé en son temps par l’auteur du Voyage
en ballon et passé honteusement inaperçu au moment de sa
sortie en salles.
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Raoul Billerey

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Disparition – c’est marre – du comédien, cascadeur et maître
d’armes Raoul
Billerey, longtemps pilier, aux côtés d’Antoine
Baud, Claude Carliez et Guy Delorme, du carré de
bagarreurs-bretteurs qui, d’Hunebelle en Borderie, firent les
beaux soirs du cinéma de cape et d’épée hexagonal de la fin
des années 50 et du début de la décennie suivante, voire
d’innombrables séries B policières tournées le plus souvent
à la va-vite. Depuis, de puissantes, compositions dramatiques
chez Alain Cavalier (Thérèse,
1985) ou Jean-Loup Hubert (Le
Grand Chemin, 1986 ; Après
la guerre, 1988) lui avaient permis de s’imposer – au
propre comme au figuré – comme l’un des seconds rôles français
les plus solides de sa génération, au choix Ch’ti rugueux (L’Enfance-nue,
Maurice Pialat, 1967) ou crémier bourru scotché à sa table à
dessin et à son pentographe (La
Petite Voleuse, Claude Miller, 1988). Malgré l’âge, il
ferraillait encore, pour peu qu’on l’en prie, dans Perceval
Le Gallois (Éric Rohmer, 1978) ou La
Fille de d’Artagnan (Bertrand Tavernier, 1993), incarnation
quasi rêvée du Gornemant de Goort imaginé par Chrétien de
Troyes ou du Porthos, blanchi sous le harnois mais toujours prompt
à jouer de la rapière, tel qu’il apparaissait tout au long du Vicomte
de Bragelonne. Respect.
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Georges Wod

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Disparition, le même jour que Véronique Silver, du
comédien, metteur en scène, professeur d’art dramatique et
directeur de théâtre d’origine polonaise Georges Wod,
incarnation subtile et souvent impressionnante du « traître
idéal » que l’on adore détester, du salaud « portant
beau » et du fourbe fini. Resté pour les cinéphiles
l’avocat plus ou moins marron de Le
Juge Fayard, dit Le Shériff (Yves Boisset, 1976) et l’inquiétant
Bohr de Litan, Mocky
halluciné (1981), pour les téléphages, le très sinistre et très
barbu marquis de Coulteray dirigeant d’une main de fer la secte
des buveurs d’hémoglobine du grand-guignolesque La
Poupée sanglante (Marcel Cravenne, 1976), dans l’espoir un
peu fou de prolonger les jours d’une épouse anémique, Georges
Wod était avant tout un immense homme de théâtre aussi admiré
que controversé (la marque des grands), ayant partagé non stop
ses activités entre sa patrie d’adoption – la France – et
sa terre d’élection – la Suisse – durant un peu plus d’un
demi-siècle. Et pour ce qui est de l’essentiel, comme
d’habitude, c’est ici
et pas ailleurs que cela se passe.
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Véronique
Silver

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Après Martine
Sarcey, c'est une autre figure emblématique de la galaxie
Vecchiali-Biette-Guiguet-Davila-Frot Coutaz, qui disparaît à son
tour (été de merde !), en la personne de Véronique Silver,
tandis qu'à quelques contrariétés d'ordre auditif, familial et
financier près, la presque nonagénaire Liliane Bettencourt,
elle, se porte comme un charme, ce qui prouve, si besoin est, que
le monde est vraiment mal fait. De naissance picarde, Véronique
Silver, avait dû attendre la quarantaine pour se faire, lentement
mais sûrement, une place au grand écran, dont le patronyme reste
à tout jamais lié au rôle de la Madame Jouve - hommage discret
au romancier du même nom - de La Femme d'à côté
(François Truffaut, 1981), prélude, 17 années plus tard à la
narratrice sereine des Passagers (Jean-Claude Guiguet,
1998)… (lire
la suite). |
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Cécile Aubry

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Disparition encore (décidément…)
de l’éphémère et délicate (ex-) jeune première Cécile
Aubry, révélée par Henri-Georges Clouzot (Manon,
1948), prise un temps sous contrat par la Fox (The
Black Rose, Henry Hathaway, 1949), revue, sitôt rentrée en
France, chez Christian-Jaque (Barbe-Bleue,
1951) et devenue à 25 ans, comme dans les contes de fées, l’épouse
du fils du Pacha de Marrakech, avant d’effectuer la reconversion
que l’on sait dans l’écriture de romans à succès et la réalisation
de feuilletons télévisés des années 60 et 70 adaptés de ses
propres ouvrages et tous peu ou prou interprétés par son fils
Mehdi (El Glaoui). Pour l’essentiel, en titres et en images,
c’est ici
que ça se passe.
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Sacha Briquet

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La disparition d’Édith Piaf occulta en son temps
celle de Jean Cocteau (et pourtant…), le décès récent de
Michael Jackson celui de Farrah Fawcett, ainsi en sera-t-il
probablement du prolifique Sacha
Briquet, découvert sans vie par sa femme de ménage
– on ne pas vraiment à quand remonte exactement sa mort,
probablement au début de la semaine précédente – à son
domicile normand le jour même, pas si lointain que ça, qui vit
Bernard Giraudeau perdre définitivement son combat contre le
crabe. Si, aux yeux d’une génération entière d’ex-téléphiles
en culottes courtes, il reste à tout jamais Albert Travling
(Travelling ?), le très fourbe et très méchant imprésario
qui rêvait d’exhiber Casimir, préalablement mis en cage, dans
les foires du monde entier et loin de l’île aux Enfants, mais
chantonnait si bien le Tango
de l’Amitié avec Marie-Noëlle Chevalier/Mlle Futaie
(regrets éternels), les Nouveaux-Vagues et leurs admirateurs
garderont quant à eux le souvenir amusé du soupirant BOF de la
Lucile Saint-Simon des Bonnes
Femmes (Claude Chabrol, 1959), du polytechnicien puceau des Godelureaux… (Chabrol, 1960) bavant sur le décolleté de
Bernadette Lafont ou du fossoyeur crétinou d’Ophélia
(Chabrol, 1961) s’improvisant acteur de film muet… (la suite ici).
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La Minute
Nécessaire de Monsieur Encyclopède

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Sortie
différée – pour cause de copies film "rentrées" à
la toute dernière minute – et néanmoins avérée du deuxième
tome de L’Encyclopédie des Longs Métrages français de
fiction 1929-1979, voulue, imaginée, rédigée et même un
peu éditée par le créateur et principal animateur de ce site,
entouré, pour l’occasion, de Christophe Bier (Dictionnaire
des Longs métrages français érotiques et pornographiques en 16
et 35 mm), Raymond Chirat (Histoire du Cinéma français
1908-1970), Gilles Grandmaire (Stars deuxième), Italo
Manzi (Correspondance avec Manuel Puig) et, très
accessoirement, mais pas si accessoirement que cela non plus, de
quelques cinéphiles formidables… Où il sera éminemment
question de Sacha Guitry, Robert Bresson, Marcel Pagnol, Alain
Resnais, Philippe Garrel, Marguerite Duras, Henri-Georges Clouzot,
Robert Siodmak, Maurice Tourneur, Jean Vigo, Billy Wilder, Marcel
Carné, Julien Duvivier, Fédor Ozep, Carlo Rim, Marc Allégret,
Luc Moullet, Claude Sautet, G.W. Pabst, Edgardo Cozarinsky,
Raymond Bernard, Fernando Arrabal… au prisme de 226
longs métrages, vus, revus, présentés,
résumés, annotés et – parfois même – commentés. Le PDF
des sept premières notules est accessible ici,
le bon de commande là,
le volume 1
est toujours disponible en cliquant au bon endroit, et pour les
commentaires d’usage, rendez-vous sur notre page facebook
(qui, entre nous soit dit, a besoin d’un sérieux coup de
fouet). Pour le reste, plus que vingt mois (c’est long, vingt
mois) à tenir avant les Présidentielles 2012, douze semaines (c’est
long, trois mois) à patienter avant de voir l’intégrale DVD
Pierre Étaix tourner en boucle sur nos graveurs de salon qui, de
mémoire de graveurs de salon, n’auront jamais rien vu d’aussi
beau, mais quatre petits jours seulement (c’est court, quatre
jours) avant la sortie officielle de ce Volume 2, si bien soutenu
par nos confrères, et parfois amis, de Jeune Cinéma, d’Objectif
Cinéma et du Coin
du Cinéphage. Reparlons-en à partir du Jeudi 22
Juillet, si le cœur vous en dit (et même aussi dans le cas
contraire). |
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Bernard Giraudeau
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Bouclage
du deuxième volume de notre Encyclopédie des longs métrages
de fiction 1929-1979 oblige, c’est un hommage cursif que
nous rendrons – en attendant des jours sinon meilleurs, du moins
nettement moins overspeed – au comédien, réalisateur,
scénariste, producteur et homme de plume Bernard
Giraudeau, décédé hier matin dans un hôpital
parisien, emporté dans sa 64ème année par un cancer
qu’il avait su porter avec pudeur et dignité, courage et
élégance sur la place publique, remettant en cause, en de
multiples occasions, la faible place accordé aux malades
"déclarés" par les industries du Cinéma et de la
Télévision. Une sorte d’exemple en soi, rien de moins. |
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Pierre Maguelon

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Disparition,
dans sa 77ème année, du comédien Pierre Maguelon,
victime d’une hémorragie cérébrale survenue alors même qu’il
participait au Festival de Théâtre de Saint-André
(Pyrénées-Orientales) dont il était l’invité d'honneur. Too
bad. Natif du Tarn, l’acteur
avait entamé une longue et prolifique carrière à la fin des
années 50, sous le pseudonyme de Petit-Bobo, conservé jusqu’au
milieu de la décennie suivante. Rapidement passé du cabaret –
où il se liera d’amitié avec un autre Méridional à
moustache, le Sétois Georges Brassens, dont il assurera en outre
les premières parties – au studio, Pierre Maguelon, archétype
de l’acteur toujours impeccable, se sera illustré au final dans
une cinquantaine de petits rôles au grand écran, enchaînant
sans lasser les Français moyens tantôt débonnaires, tantôt
obtus, parfois les deux à la fois… (lire
la suite). |
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Landru

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Arte
– la dernière chaîne de télévision française à avoir
diffusé, à l’aube des années 90, des films de Pierre Étaix
– aime le Cinéma, et l’a prouvé abondamment depuis 1992.
Arte aime le prolifique Claude Chabrol et l’a prouvé récemment
en diffusant coup sur coup le très couillu Que la bête meure
(1969) et le très âpre Betty (1991). On n’en sera dès
lors que plus surpris d’avoir pu (re)découvrir son Landru
(1962) dans une version tronquée de près d’une demi-heure par
rapport au métrage original, d’où ont totalement disparu,
pêle-mêle et sans véritable logique, les personnages
interprétés par Catherine Rouvel (meilleure encore que chez
Renoir) et Huguette Forge, le Clemenceau décati campé non sans
humour par Raymond Queneau et le Georges Mandel silhouetté avec
truculence par Jean-Pierre Melville. À sa sortie, voici 47 ans,
le Landru de Chabrol et Sagan avait fait l’objet d’un
procès de la part de Fernande Segret, la dernière maîtresse
attitrée du "cuisinier" (présumé) de Gambais,
heurtée par la vision donnée d’elle par les auteurs et la
comédienne (l’immense Stéphane Audran) lui ayant prêté ses
traits. Peut-être les familles respectives d’Andrée Babelay,
de Mandel et de Clemenceau, ont-elles exigé des coupes près de
cinq décennies après le tournage ? Peut-être Chabrol
a-t-il lui-même demandé la diffusion d’un digest de son
film original ? Peut-être, simplement, les très érudits
programmateurs d’Arte n’ont-ils jamais, en toute bonne foi,
entendu parler de la version intégrale, pourtant diffusée à
maintes reprises sur leurs consœurs hertziennes et, fin 2005, sur
Paris Première. La question est posée, bien malin qui saurait y
répondre. Pour ce qui est de nous, faute d’avoir pu retrouver
sur la toile un extrait en ligne des fameuses séquences
interprétées par l’autre Catherine du Cinéma
français, nous avons choisi d’exhumer – ce sera notre
surprise de juillet – un reportage de l’INA donnant la parole
au grand Charles (Denner, pas le très résistant et très
pontifiant mari de la vieille Yvonne), qui trouvait là son
premier rôle important au grand écran. C’est ici
que ça se passe, et pour la fiche technique et artistique du
film, ce sera là. |
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Laurent Terzieff

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Décès,
deux semaines après la disparition de Nathalie Nattier, d’un
autre comédien français d’origine slave, au final sous – et
pas toujours très bien – utilisé par le cinéma français.
Révélé du jour au lendemain par le succès phénoménal des
très surévalués Tricheurs (Marcel Carné, 1958), dès
lors voué aux bad boys de pure convention auxquels auraient
simplement manqué le Las(z)lo Benedek de L’Équipée sauvage,
l’Elia Kazan de Sur les quais ou le Nicholas Ray de La
Fureur de vivre, le très incandescent Laurent Terzieff n’aura
en définitive tourné dans son pays natal qu’une poignée de
films (La Prisonnière, La Voie lactée, Les
Hautes Solitudes, Détective…) à la mesure de son
immense talent, mieux servi au demeurant par l’Âge d’or du
cinéma transalpin que par un Claude Autant-Lara sur le déclin (Le
Bois des Amants, 1960), un Alex Joffé à la ramasse (Les
Culottes rouges, 1962) ou une Véra Belmont péniblissime (Rouge
Baiser, 1984). Les Garçons (Mauro Bolognini, 1959)
valaient assurément bien mieux que Les Tricheurs, le
glacé-brûlant Vanina Vanini (Roberto Rossellini, 1961)
sut admirablement mettre en valeur une solarité presque
sous-jacente que d’autres – et pas toujours des moindres – n’avaient
pas forcément su déceler à l’époque derrière la séduction
hors norme du beau ténébreux, l’incroyable Médée
(Pier Paolo Pasolini, 1969), où il silhouettait en deux scènes
un très sexy Centaure, confirma que l’acteur, né de ce point
de vue dix ou quinze ans trop tard, était probablement
" fait " pour les personnages de Cocteau avec
plus d’évidence encore que Jean Marais, le sublissime et
déroutant Ostia (Sergio Citti, id.) lui permit de prouver,
si besoin était, qu’animalité, sensibilité et cérébralité
font souvent très bon ménage chez les artistes d’exception.
(La suite ici…). |
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La plus belle
fille du monde

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Disparition
dans la plus absolue discrétion de notre amie Nathalie
Nattier, décédée dans sa 87ème année à l’hôpital
de Lagny-sur-Marne le 19 juin dernier. La femme, délicieuse,
drôle et plutôt bonne vivante, était, dans le privé, l’exact
l’opposé de la tragique Malou des Portes de la Nuit, qui
lui valut ses plus belles "unes" de magazines, avant de
la précipiter sic transit gloria mundi du sommet de l’affiche
et des productions de prestige dans la série B et les emplois
plus légers auxquels elle avait, paradoxalement, toujours
aspiré. Retour ici,
entre photos et confidences, sur l’étonnant – et somme toute
méconnu – parcours d’une femme fatale qui se rêvait
(peut-être) actrice comique et sut (assurément) faire montre d’humour
jusqu’aux dernières heures d’une longue existence plutôt
bien remplie. |
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Rezvani Bis

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Pour
les unhappy few qui, contrairement au staff de l’@ide-Mémoire,
à nos confrères de www.lalalala.org
et, accessoirement, à Marie-José Nat ou Bernard-Henri Lévy, n’étaient
pas présents dans la salle des Trois Baudets, au soir du 2 juin,
l’hommage à Serge Rezvani imaginé pour la seconde fois par
Marie-Rose Guarnieri, de la Librairie des Abbesses, a constitué
comme prévu – ce malgré l’absence d’Anna Karina - un mix
parfait entre happening chic et instants, souvent improvisés, de
beauté fulgurante (lire
la suite). |
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Martine Sarcey

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Disparue
quelques jours à peine après sa cadette de sept mois Ginette
Garcin, l’immense Martine Sarcey aura, elle aussi, marqué d’une
empreinte indéfectible plus de six décennies de cinéma, de
théâtre et de télévision, dont la probité de comédienne
restera à tout jamais associée à la Jeanne Fortier de La
Porteuse de pain (Marcel Camus, 1972), malheureuse mais jamais
larmoyante, éprouvée mais toujours partante pour célébrer sur
trois ou quatre notes le temps des cerises et le merle moqueur. À
une tristoune nécrologie de circonstance, nous avons préféré
la mise en ligne du portrait, rédigé de son vivant, que nous lui
avions consacré, il y a quelques années, dans le premier volume
de notre Encyclopédie
des Comédiens. C’est donc ici
que cela se passe. |
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Ginette Garcin

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Le
décès récent, des suites de la rechute d’un cancer de l’intestin,
de Ginette
Garcin, comédienne multifacettes appréciée au
Boulevard comme à Chaillot, remarquée chez Audiard et Lelouch
mais consacrée par Jean Yanne et Nelly Kaplan a provoqué une
sorte d’onde de chocs chez le téléspectateur 2.0, sensible
depuis des années à sa verve, sa gouaille et à son
franc-parler. On pourra certes regretter à juste titre la
disparition, désormais définitive, de la Jeanne de Famille d’accueil
(ciel) et de la Mme Cotte de Père et Maire (feuilleton
décidément maudit), de la Mamma de Marc et Sophie ou de
la Maryvonne d’Imogène, mais pour ce qui est de nous, c’est
davantage à la comédienne de théâtre, de cinéma et de
music-hall qu’iront nos pensées, en souvenir de la choriste
débutante de l’Orchestre Jacques Hélian et de l’habilleuse
levant la jambe presque aussi haut que Liliane Montevecchi chez
Jérôme Savary (Mistinguett, la dernière revue, 2001), de
la bistrote-campeuse du dérangent Dupont Lajoie (Yves
Boisset, 1974) et de la concierge désabusée du surprenant Charles
et Lucie (Nelly Kaplan, 1979), de la matriarche de Cousin,
cousine (Jean-Charles Tacchella, 1975) et de la
trapéziste-replâtreuse d’arbres du Pays bleu
(Tacchella, 1976), de la chanteuse des rues passée au fil des ans
de la scène du Lido à l’esplanade de Beaubourg de Les Uns et
les Autres (Claude Lelouch, 1980) à la scripte chanteuse de Tout
le monde il est beau, tout le monde il est gentil évoquant
– sans rire - ce qu’aurait été sa vie si elle n’avait pas
connu Jésus. Respect donc. |
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L’autre Serge

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Touche-à-tout
génial s’il en fût, Serge Rezvani (ex-Cyrus Bassiak) a
plus-que-flirté non sans succès avec le théâtre, le roman, la
peinture, tout en s’imposant dans la durée comme l’un des
auteurs de chansons – et quelle chansons ! – les plus
éminement "cinématographiques" de l’histoire de la
variété haute couture. Aussi ne sera-t-on pas surpris du
défilé ininterrompu de comédiennes chantantes s’apprêtant à
venir lui rendre hommage en paroles et musique sur la scène des
Trois Baudets ce mercredi 2 juin (20h30), à l’issue d’une
séance de rencontre-dédicace avec le public : les toujours
jeunes et pimpantes Jeanne Moreau et Vanessa Redgrave dûment
excusées, ce sera aux belles Mona Heftre (Change pas demain,
Thérèse, Capitaine Achab), Dani (La Nuit
américaine, L’Amour en fuite, À mort la
Mort !, Fauteuils d’orchestre), Helena Noguerra
(Dans Paris, L’Arnacœur), Arielle Dombasle (Pauline
à la plage, Les Pyramides bleues, L’Arbre, le
Maire et la Médiathèque, Le Temps retrouvé, Nouvelle
Chance), Anna Karina (Vivre sa vie & autres petits
films sans importance) et à la plus-que-belle Marie
France (Les Intrigues de Silvia Couski, J’irai
comme un cheval fou, Le Jardin des Hespérides, Je
vous hais petites filles) à peine sortie du double tsunami
Phantom feat. Jacques Duvall/Brigitte Bardot, que reviendra le
soin de remettre au goût du jour (si besoin est) Le Tourbillon
(Jules et Jim), Embrasse-moi (Peau de banane),
Jamais je ne t'ai dit que je t'aimerai toujours (Pierrot
le Fou), La Ligne de chance (idem), La Peau Léon,
J’ai la mémoire qui flanche et autres incunables du
grand Serge. Comme un peu de testostérone n’a jamais fait de
mal à personne, surtout par temps de crise, Alain Chamfort,
Thibault Derien, Philippe Katerine seront également de la partie
(ce qui est bien), alors même que les dames Jaoui Agnès,
Kiberlain Sandrine et Robin Muriel, très justement pénalisées
pour avoir massacré de conserve Barbara sur scène lors d’un
Châtelet de triste mémoire, semblent ne pas avoir été du tout
sollicitées (ce qui est mieux). Pour ce qui est du communiqué de
presse, il est accessible ici,
et pour celles et ceux qui auraient la flemme de cliquer, le
numéro réservations ci-après s’impose : 01 42 62 33 33.
Crédit photo © Richard Dumas (D.R.). |
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Jeune Cinéma

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Ce n’est
pas parce que l’éminent
Lucien Logette a exprimé en termes circonstanciés,
dans les colonnes du dernier numéro de Jeune Cinéma, tout
le bien qu’il pensait du premier volume de notre Encyclopédie
des Longs Métrages sonores (désormais proposé à la
vente sur Priceminister)
que nous devions nous abstenir – au nom de quel refus du népotisme
ou de quelle prétendue éthique ? – de lui dire à notre
tour le plaisir que nous a procuré la lecture de cet arrivage de
printemps. Où l’on revient à l’envi – aperçu non
exhaustif – sur la jeune fille selon Éric
Rohmer (pp. 7-13) et l’état des lieux des Festivals
un peu partout en Europe (pp. 46-67), sur Pauline Carton qui –
ce n’est pas absolument incompatible – se trouvait une " gueule
de raie " et vient de faire l’objet d’une biographie
écrite parue à l’Harmattan (pp. 135-137) et Eugène Ionesco
dont on n’en finit pas de (re)découvrir les rapports
amoureux-compliqués entretenus avec un Septième Art qui voulait
bien de lui mais pas trop (pp. 98-100). À savourer sans modération,
comme de juste. |
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Gérard du
Cinéma, cinquième

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Avec
quatre nominations (pour 12 spectateurs Paris le premier jour d’exploitation,
ce qui fait un rapport nombre de nomination/taux de fréquentation
assez exceptionnel pour qu’on le signale), Le Baltringue
était donné grand favori dans la course au Gérard du Cinéma
2010. Par chance (ou pas), c’est au final le fantastique (ou
non) et épatant (humour) Cinéman qui, un peu beaucoup
raflé la mise lundi dernier sur la scène du Théâtre Michel,
confirmant ce faisant tout le bien-fondé de sa dithyrambique
défense, au moment de sa sortie, par l’immense Bernard-Henri
Lévy (critique de cinéma émérite et attaché de presse
bénévole). Transition habile, tombant comme un cheveu sur la
langue d’Isabelle Mergault, pour rappeler au passage que la
jeune et ravissante Arielle Dombasle, désormais ex-æquo avec
Isabelle Adjani, cinq fois césarisée, a décroché quant à elle
son cinquième trophée consécutif, sobrement intitulé
" Gérard de l’actrice dont le mari s’est tellement
couvert de ridicule que ses réseaux ne lui permettent plus le
moindre rôle, pas même un tapin dans un film de Lagaf’ ".
Ce qui n’est du reste pas tout à fait exact, puisqu’à l’instar
de Florence Cassez (mauvais exemple) ou d’Alizée, la belle est,
depuis un an ou deux, extrêmement présente au Mexique. Le reste
du palmarès, mettant notamment à l’honneur Marina De Van
(" Gérard du titre gay " pour Ne te
retourne pas), Carole Bouquet (" Gérard de Madame
la Grande Actrice qui va s’encanailler dans une comédie de
ploucs pour casser son image de vieille bourgeoise coincée du
cul "), Anna Mouglalis (" Gérard de l’Acteur
qui a un nom de maladie "), Sergi López
(" Gérard de l’Acteur qui vient manger le pain des
Français ") et Manu Payet (" Gérard de l’acteur
dont on espère qu’il aura jamais de premier rôle quand on voit
comment il se débrouille avec les seconds ") est
accessible en images ici.
Précision : comme de juste (et presque comme chaque année),
aucun lauréat n’a jugé bon de venir chercher son parpaing
doré ou de témoigner sa satisfaction d’une manière ou d’une
autre, fût-ce par un simple envoi de texto. Quand on vous disait
que les acteurs sont des ingrats… |
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Pierre Étaix,
deuxième

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Les
informations arrivent encore au compte-gouttes, mais après un
premier semestre mité par un hiver persistant, une très
pathétique Ferme célébrités, une remontée avérée du
Front National dans les sondages, une transformation du concours
Miss France en Fort Chabrol cathodico-médiatique et –
accessoirement – les agissements minables et mesquins de certain
volcan islandais, il semble que 2010 devrait s’achever mieux qu’elle
n’a commencé. En même temps, pire, on ne peut pas… Et donc,
faisant suite à la projection cannoise du Grand Amour
(1968), c’est bien une intégrale dûment restaurée qui, au
terme d’un courriel reçu ce jour de l’association des Amis de
Pierre Étaix, sortira en salles le 7 juillet, prélude à une
sortie DVD en octobre. Il semblerait que Me Francine-Édelman, qu’un
interminable bras de fer juridique opposait au cinéaste et à
Jean-Claude Carrière l’ait eu finalement dans le cul (ce qui
est bien) et que les cinéphiles dignes de ce nom aient –
enfin ! – de bonnes raisons de se réjouir. Affaire à
suivre… |
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Yann Gonzalez

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S’il
est vrai qu’il n’est de grand film qui ne s’adresse dans le
même temps à l’intelligence, au cœur, au regard et à l’oreille,
alors les trois courts métrages (sur quatre) rediffusés sur le
câble du jeune, prolifique et monstrueusement talentueux Yann
Gonzalez, pour en être courts n’en sont pas moins grands.
Séance de rattrapage obligatoire donc sur Ciné Cinéma Club
début mai, où, entre deux brins de muguet, on verra/reverra et
bloc et jusqu’à plus soif, le très déconcertant et nonobstant
très abouti Je vous hais, petites filles dans lequel de
sublimes Marie
France et Éva Ionesco se livrent de conserve à une
revisite "moderne" du tandem Patsy/Edina qui fit en son
temps les beaux soirs d’Absolument fabuleux (dimanche 2
mai à 15h15), suivi, à quelques jours d’intervalle, d’un
mi-pasolinien mi-cocteauesque Les Astres noirs (feat.
Julien Doré, déjà fait de toute évidence pour le cinéma) et d’Entracte,
ode minimaliste à l’amour fou et authentique concentré, entre
Fassbinder et Street Culture, de purs talents en devenir (mercredi
5 mai à 18h00). Cinéaste à suivre, donc, pour ceux qui ne l’auraient
pas encore compris. |
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Paul Bisciglia

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Alors
que - tellement plus classe que l’intervention (huée à sa
juste valeur) du Ministre de la Culture réfutant, micro en main,
le bien-fondé des propos tenus quelques instants auparavant par
les intermittents du spectacle – l’hommage de circonstance
rendu aux disparus de l’année lors de la dernière édition des
Molières, rappelait ou annonçait, au choix, les récentes
disparitions d’Anne Alexandre, Yves Arcanel, Marcelle Barreau,
Madeleine Cheminat, Yvonne Clech, Claude Debord, Max Fournel ou
Pierre Gallon, nous parvenait via le Coin
du Cinéphage celle, fâcheusement passée sous
silence, du prolifique Paul Bisciglia. Retour en dates et en films
ici. |
|
Surprise d'avril

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L e
Mauvais Rêve ou Johnny Version Cyberglam d’Andros le Berger du
Fruit...
En
1967, l’inénarrable Joël Le Moigne réunit à l'affiche des
– inédites en salles, on se demande bien pourquoi – Poneyttes
le casting le plus censément hétéroclite et le plus hautement
improbable de toute l'histoire du cinéma français, où l'on
croise pêle-mêle Arlene Dahl (transfuge hollywoodien fatigué),
Patrick Topaloff (regrets éternels), Sylvie Vartan, Carlos,
Daniel Ceccaldi, Bruno Coquatrix, Paco Rabanne, Paul-Loup
Sulitzer, Mei-Chen Chalais, Nicole Calfan, Marion Game, l’inévitable
Dominique Zardi, le chanteur barbu Danyel Gérard, l'animateur
radio Hubert, la future James Bond Girl Corinne Cléry, l'actrice
X Alice Arno, André Aubert/Don Patillo imitant – mal –
Salvador Dali en attendant de se colleter à Fernandel (n'en jetez
plus...) et, cerise sur un gâteau crémeux jusqu'à
l'étouffement, le colossal (au moins) Johnny Hallyday tout en
play-back approximatif, jabot froufroutant, bouclettes dorées de
pâtre grec et maquillage-hommage à Goldfinger : un immense
moment de cinéma. Ou pas.
La chanson s'intitule (ça ne s’invente
pas) Le Mauvais Rêve, porte plutôt bien son nom et,
bizarrement, le mannequin-lunettes préféré des camionneurs ne
la chante plus du tout depuis une quarantaine d'années. Là
encore, on se demande bien pourquoi... |
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Promizoulin !

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La
vie est ainsi faite : il est des comédiens connus et parfois
reconnus qui ne laisseront probablement aucune trace durable dans
l’Histoire du cinéma (au hasard : Christophe Lambert,
Michel Sardou, Élie Semoun, Franck Dubosc, Karine Dupray,
Ophélie Winter, Sophie Marceau, Muriel Robin, Judith Godrèche…),
et des figurants obscurs qui a contrario marqueront
durablement les mémoires. L’immense Edmond
Besnard, acteur-maison de la firme Eurociné et futur
récurrent de Grosland, est de ceux-là, définitivement passé à
la postérité au bénéfice d’une seule locution, plus efficace
et plus probante dans son ébouriffante concision que la totalité
de la filmographie de Mathilde Seigner, la discographie entière
de David Guetta ou l’œuvre intégrale de Michel Audiard dans
toute leur horreur respective. |
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Jacques Dacqmine

|
Son
curriculum vitæ avait beau aligner (on excusera du peu) les noms
d’Alain Resnais, Jean-Luc Godard et Roman Polanski, le principal
titre de gloire cinématographique de Jacques Dacqmine a
probablement été d’avoir, à trois reprises et, ce faisant,
plutôt bien, donné un visage au fringant Gaston de Sallanches
imaginé par Cécil Saint-Laurent, passant des bras de Marie Déa
à ceux de Denise Provence mais revenant toujours à ceux de
Martine Carol/Caroline Chérie. L’âge venant, l’ex-premier
Prix de Conservatoire – issu de la même promotion que Maria
Casarès, Jacques Charon, Sophie Desmarets, Daniel Ivernel et
Alice Sapritch – et pensionnaire de la Comédie-Française, dont
il avait démissionné au bout de quatre ans pour filer
directement chez les Renaud-Barrault, s’était spécialisé non
sans talent ni humour dans les notables compassés et les figures
historiques grandes (Lyautey) ou petites (Charles X), aux
antipodes des jeunes premiers qui le firent connaître ou du
" De Ciz " de Partage de midi (lire
la suite)… |
|
Nana

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Le
gros problème avec Nana, c’est précisément Nana. Le
personnage imaginé par Zola est doté, depuis près d’un siècle
et demi, d’une telle dimension mythique – on pourrait presque à
son propos parler d’aura – qu’aucune comédienne ne semble
pouvoir s’y coller sans risques, et surtout pas Martine Carol.
Tentative d'explications ici. |
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Mireille Balin
vs. Viviane Romance

|
Pour
beaucoup de monde en général et pour l’auteur de ces lignes en
particulier, Tino Rossi (1907-1983) constitue une sorte de
parangon du cinéma populaire des années 30, 40 et après dans ce
qu’il peut comporter de plus délicieusement (ou pas)
roucoulé et de plus impitoyablement ringard : photogénie à
géométrie variable, jeu approximatif, absence totale d’intelligence
du texte, voix chantée rétroactivement insupportable… D’où
viens dès lors ce miracle d’intelligence, de précision et de
beauté redécouvert il y a quelque jour grâce à Patrick
Brion ? Naples au baiser de feu (Augusto Genina, 1937)
est tout cela, et même un peu plus encore. Tentative d’explication
ici. |
|
Claude Debord

|
Disparition
(ce n’est plus un site, c’est une nécropole) de l’auteur
dramatique, comédien, parolier et metteur en scène de théâtre Claude
Debord, pilier historique du Théâtre de la Huchette,
où il a longtemps interprété le professeur psychopathe de La
Leçon d’Eugène Ionesco, et fondateur-animateur de la
Compagnie Comus, Momus & Cie. Homme "de planches"
avant tout, il n’en avait pas moins composé quelques
troisièmes couteaux cocasses pour le grand écran, à l’instar
du professeur de Latin chahuté de L’Amour en herbe
(Roger Andrieux, 1976) ou du contrôleur de train hébété de Tout
feu, tout flamme (Jean-Paul Rappeneau, 1981). Et avait
surtout, entre deux pièces, pris part à d’innombrables
dramatiques télé historiques à tous les sens du terme, tour à
tour Fouché de seconde époque de La Terreur et la Vertu
(Stellio Lorenzi, 1964), Duc de Bourgogne du Roi Lear (Jean
Kerchbron, 1964), Grand Inquisiteur des Cathares (Stellio
Lorenzi, 1965), Chabot de Beaumarchais ou 600.000 Fusils
(Marcel Bluwal, 1966) ou Villebresme des Rois maudits
(Claude Barma, 1972). |
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Yvonne Clech

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Sale
temps pour les grandes dames. Après la disparition d’Anne
Alexandre et des nouvelles pas franchement réjouissantes de l’immense
Mila Parely, nous venons d’apprendre, via Christian
Léciagueçahar du Coin
du Cinéphage, le décès très discret d’Yvonne
Clech, comédienne hors pair et actrice hors norme,
dont la classe innée, saupoudrée d’un grain de folie
salutaire, a conféré un cachet bien réel à plus d’une
comédie du dimanche soir. Mélange assez unique en son genre de
décalage et d’aristocratie, Yvonne Clech faisait partie de ces
actrices à la fois inclassables et impeccables, capables au choix
de tirer vers le haut la farce la plus prévisible ou d’élever
l’absurde cinématographique au rang d’art majeur. Retour en
dates et en titres. |
|
Mila Parely

|
En dépit
de ratés assez consternants, allant du grand (?) Charles Aznavour
se livrant – à propos de la moumoute de Charles Boyer – à
des apartés caméra dignes d’un cabot de troisième zone à une
fâcheuse séquence " dîner de cons " dont
Paulette Dubost, cent ans bientôt et une certaine propension à
ne plus parler que de fric et de fesse, s’est retrouvée en
quelque sorte l’invitée de choix, l’hommage circonstancié
rendu par Michel Drucker à la toujours épatante Danielle
Darrieux, quelques semaines avant la sortie annoncée
du film Pièce montée, a été riche en moments assez
magiques, ayant notamment permis d’entrevoir via de trop
courts magnétos des extraits de films peu (Occupe-toi d’Amélie… !)
ou pas du tout (Le Bal) visibles. C’est dire si notre
plaisir, plutôt de l’ordre de l’indicible, s’est trouvé
quelque peu gâché, à l’arrivée, par les mauvaises nouvelles
données par l’invitée d’honneur quant à l’état de santé
de Mila
Parely, comédienne que, de Raymond Chirat à Italo
Manzi en passant par l’auteur de ces lignes, nous adorons à
L’@ide-Mémoire. Il semble qu’il soit désormais trop tard
pour pouvoir raisonnablement espérer que l’élégantissime Mila
sorte de sa nuit, mais rien n’interdit de se remémorer, tant
qu’elle encore est parmi nous (et même si c’est de moins en
moins vrai), la comédienne exceptionnelle, fine et sensible,
belle et fantasque, qui assista de sa fenêtre à l’incendie du
Reichstag, chanta outre-Atlantique avec l’orchestre de Rudy
Vallee, faillit porter un enfant de Jean Marais, sut cultiver les
rencontres avec les plus grands metteurs en scène et anima
infatigablement, des années durant, les Rencontres cinématographiques
de Vichy. Hommage. |
|
Célyne, Karine, Velvet,
Dominique et les autres...

|
Une quiche
chasse l’autre : en remplacement de la blonde, nichonneuse
et délicieuse Célyne Durand, dont l’actif cinématographique
semble se limiter à une apparition non créditée dans Coluche,
l’histoire d’un mec et un rôle un peu plus conséquent
– en même temps, moins conséquent qu’une apparition non créditée…
– dans... Le Baltringue (le film aux 102 spectateurs
Paris/Région parisienne le premier jour d’exploitation),
c’est une comédienne au curriculum vitae absolument vierge (la
demoiselle, en revanche…) que le tandem infernal Endemol/TF1
vient de propulser fermière en Afrique. Enfin, peut-être pas
complètement vierge : fraîchement débarquée d’Hollywood
" où tout lui réussit " (on est prié de ne
pas rire), Karine, la brune, encore plus nichonneuse que la
précédente et résolument classe sœur d’Anthony Dupray (Premiers
Baisers, Brigade Navarro, que du bon) aurait, aux dires
des chargés de com’ d’Endemol, " figuré "
dans des épisodes d'Heroes, des Experts et de Prison
Break, ce de façon évidemment aussi discrète
(subliminale?) que sa consœur blonde dans le biopic d’Antoine
de Caunes. C’est dire à quel point, alors même qu’Isabelle
Adjani vient de se voir décerner son cinquième César, l’adéquation
entre notre Encyclopédie virtuelle du Cinéma français et
ce prototype d’un genre nouveau – la comédienne virtuelle
– nous stimule depuis vendredi soir, comme nous stimule la présence,
dans ce programme familial et éducatif aux audiences en berne, de
la seule et unique représente connue d’un genre lui aussi très
à part : l’actrice watersienne n’ayant pas encore
travaillé avec l’immense John Waters, et c’est dommage. Aussi
vrai que les (confortables) bourrelets de l'ébouriffante Velvet
d’Amour ont, au moment de la sortie en salles du très insolite Avida
(Gustave de Kervern et Benoît Delépine, 2005), provoqué des
hauts-le-cœur chez les chroniqueurs fatigants-fatigués de
Laurent Ruquier, nous les trouvons plus chic, pertinents et rock
n’roll que le régime amincissant de la " fermière de
remplacement n° 2 " Miss Dominique, dont la matière
grise – ou ce qui lui tenait lieu de – semble avoir fondu
en même temps que ses 70 kilos matière grasse portés
disparus depuis l'an dernier : la preuve – et, par là-même,
la surprise
de mars – en images. |
|
Anne Alexandre

|
Disparition,
dans sa 90ème année, de la comédienne Anne
Alexandre (1920-2010), ex-doyenne par l’âge – à défaut
de l’avoir été par le nombre d’années d’activité – du
Spectacle Ionesco, et authentique pilier du Théâtre de la
Huchette, dont elle aura été, durant exactement un demi-siècle,
l’un des éléments les plus solides et les plus présents, en même
temps qu’une de ses figures les plus éminemment attachantes. |
|
Serge Sauvion

|
Dans
le foisonnant (mais très dispensable) Signes extérieurs de
richesse, où il apparaissait fugitivement dans une cabine d’essayage,
le visage mangé par un Borsalino, on le reconnaissait uniquement
à son empreinte vocale, tant il est vrai que celle-ci avait
déjà marqué durablement l’inconscient cinéphilique et
télévisuel. Lui-même reconnaissait volontiers, non sans
lucidité, s’être laissé prendre au piège doré du doublage,
source de cachets conséquents mais aussi – de son point de vue
– de frustrations d’ordre artistique. Par chance, la voix
française du policier à l’imperméable froissé – celui qui
fait un peu penser, en moins systématiquement aviné, au
Jean-Louis Borloo des Guignols de l’Info – le plus célèbre
du PAF ne fera oublier ni le flic ripou et tortionnaire des Assassins
de l’Ordre, ni le concierge débonnaire des 400 Cents
Coups de Virginie, ni surtout Charlie, le très hédoniste et
très " bigame " commerçant itinérant du
meilleur (et probablement unique bon) film de Joël Séria. Retour
en titres et dates sur le parcours cinéma de Serge
Sauvion (1929-2010), ex-partenaire de cabaret de Pierre
Vaneck, comédien irremplaçable de l’aveu même de Bernard
Queysanne qui sut l’imposer face à des producteurs frileux au
générique de son Amant de poche, et – est-t-il encore
utile de le rappeler ? – voix française de Peter Falk en
général et de l’inspecteur Colombo en particulier. |
|
Au royaume des
Cieux

|
Le
bouclage du volume 2 de l’Encyclopédie
des Longs Métrages français de fiction 1929-1979 a
été le prétexte à re-vision d’Au
royaume des Cieux, œuvre (d)étonnante dans l’œuvre
protéiforme de Julien Duvivier, où la plume d’Henri Jeanson
mêle exceptionnellement tendresse et lucidité, et sur laquelle
semble planer, par endroits, l’ombre géniale de Friedrich
Wilhelm Murnau. Tentative d’explication et générique complet ici. |
|
Surprise de
février

|
C’est
l’histoire d’un chef d‘État court sur pattes, teigneux, irascible,
violent, coureur (et même volontiers queutard), fasciné par le
tape-à-l’œil et ayant fait en sorte de nommer des membres de
sa famille à des postes-clefs d’un régime franchement
liberticide. Autant dire que de tels personnages ne peuvent
exister qu’au cinéma… Youtube nous a permis de visionner la
vision américaine (écourtée) du Napoléon de Sacha
Guitry (1954), moins novateur mais plus amusant que celui d’Abel
Gance, et dont le générique-fleuve, entièrement refait, pour la
circonstance, sur le mode minimaliste, apparaît comme une
curiosité en soi. L’habillage en a été entièrement repensé,
le producteur prime sur l’auteur-réalisateur (on est en
Amérique) et, au passage, les noms des deux seuls (ex-)Français
d’Hollywood (Jean-Pierre Aumont – remplacé en tête de
distribution par l’actrice italienne Anna Amendola – et Jean
Gabin) figurant dans le film, ont purement et simplement disparu
de l’affiche, un peu comme si les distributeurs US avaient voulu
les sanctionner, avec quelques années de retard, d’avoir plus
ou moins raté leur carrière américaine. Plus surprenante
encore, l’absence au générique " made in
USA " de Patachou (" Madame
Sans-Gêne " dans le film), déjà consacrée – de
Waldorf Astoria en Carnegie Hall – vedette de la scène
Outre-Atlantique au moment où Napoléon fut distribué sur
les écrans new-yorkais. However, c’est notre surprise
de février et c’est par-ici que cela se passe… |
|
Si Paris nous
était conté...!

|
Il
est, très paradoxalement, d’autres comédies historiques dont
on croit avoir fait le tour, et puis non, dont chaque revision
voit le plaisir augmenter d’un cran. Si Paris nous était
conté…. ! en a déçu quelques-uns au moment de sa
première sortie, mais – paradoxalement – ni François
Truffaut, ni Jean-François Vilar, ni le rédacteur de ce qui
suit, ici
et maintenant. |
|
François 1er

|
Il
est des films qu’il ne faudrait surtout pas revoir, surtout
lorsqu’on les a aimés étant enfant. François 1er,
prototype très surévalué de la comédie drôle pas drôle, est
de ceux-là, et l’explication se trouve ici. |
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Belle de jour

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Le
thème de la prostitution occasionnelle devait être à la mode à
deux ans de la formidable explosion de Mai 68, encombrant
héritage… Tandis que Godard, toujours en avance d’une
révolution ou deux, brosse via Deux ou Trois Choses que je
sais d’elle… une chronique aux accents documentaristes de
la ménagère de banlieue complétant le budget familial en
faisant des passes de 4 à 6, Buñuel, à l’instar de Kessel,
déplace le fond du problème sur le terrain des 5 à 7 et des
frustrations bourgeoises qui en constituent souvent l’origine :
Séverine, incarnation absolue de la Parisienne rive Gauche, ne se
prostitue pas pour l’argent, mais pour suppléer aux carences d’une
existence à la fois confortable (elle ne manque objectivement de
rien) et aliénante (sa vie de femme mariée ne lui a pas permis
de se mettre en règle avec ses désirs les plus intimes). (lire
la suite) |
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Georges Wilson

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Annonce
de la disparition, dans sa 89ème année, du comédien,
scénariste, réalisateur occasionnel, metteur en scène de
théâtre et professeur d’art dramatique Georges Wilson
(1921-2010). Retour ici
sur la soixantaine de rôles, petits et parfois grands – l’amnésique
d’Une aussi longue absence, le bistrotier-garagiste de Chair
de poule ou le Capitaine Haddock de Tintin et le mystère
de la Toison d’Or – ayant jalonné au cinéma, entre
France et Italie, le parcours d’un homme de scène au parcours
assez unique en son genre, formé en son temps par Pierre Renoir et dont
les premiers compagnons de route s’appelaient Jean-Pierre
Grenier, Olivier Hussenot et Jean Vilar. Directeur du TNP et du
Festival d’Avignon à la suite de ce dernier, entre 1963 et
1972, plus tard initiateur de l’ouverture de la salle Gémier au
Théâtre National de Chaillot, de cet authentique monstre sacré
avait effectué ses adieux (informels) aux planches en
interprétant et en dirigeant, à l’automne dernier, Simplement
compliqué de Thomas Bernhard sur la scène des Bouffes du
Nord. Georges Wilson ou Une aussi longue – et fabuleuse –
présence… |
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Valeska Gert

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La
reprise du préambule au portrait esquissé par Italo
Manzi pour le second volume (à paraître) de L’@ide-Mémoire
– Encyclopédie des Comédiens s’imposait, quelques
semaines à peine après la diffusion au Cinéma de Minuit, du Journal
d’une fille perdue (G.W. Pabst, 1929), autre incontournable
s’il en fût, de la filmographie de Louise Brooks. Face à un
Andrews Engelmann presque aussi terrifiant qu’elle, l’immense
et assez incroyable Valeska Gert (1892-1978), composait,
mi-belette, mi-crotale, une directrice de maison de redressement
détestable à souhait, capable d’ériger en deux temps, trois
mouvements, la méchanceté en vertu cardinale et le sadisme en
Art majeur. Retour en dates sur la filmographie étonnante d’une
actrice notoirement trigame, adepte forcenée du naturisme jusqu’à
la fin de sa vie (elle mourut à 86 ans) et ayant su faire montre
de suffisamment d’humour – ou de lucidité – pour avoir
intitulé son autobiographie Je suis une sorcière, ce qui
suffit en soi à forcer (triplement) l’admiration. Respect,
donc, et pour la suite, c’est ici… |
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Prix de beauté
(Miss Europe)

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La récente
revision (merci Patrick Brion) des trois seuls longs métrages
européens tournés par Louise Brooks, comédienne touchante et
actrice magnétique s’il en fût, aura constitué
l’occasion – entre autres choses – de refaire le point sur
le plus méconnu des trois, Prix de beauté, film
authentiquement bancal et pur chef-d’œuvre (lire
la suite). |
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Tout l'or du
monde

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Les
films se suivent et ne se ressemblent pas : quinze ans
exactement après le magnifique Le silence est d’or, dont
il a été précédemment question, René Clair, "jeune"
académicien-français en déficit d’inspiration – ceci
expliquant cela ? – signait avec Tout l’or du monde
l’un de ses plus mauvais longs métrages, que même l’opus
suivant, Les Fêtes galantes, ne parviendra pas à égaler
en terme(s) de lourdeur et d’inutilité. Retour sur un (quasi)
désastre, ici
et maintenant… |
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Éric Elmosnino

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Donné
– le fait est suffisamment rare pour être souligné – avec
quelques treize mois d’avance comme l’un des favoris dans la
course aux César(s) 2011, le très au top et très bluffant Éric
Elmosnino (Serge Gainsbourg, sors de ce corps !) en a surpris
plus d’un en s’appropriant avec une aisance triplement
déconcertante la personnalité, le physique et même l’empreinte
vocale de l’homme à la tête de chou. Retour en dates (de
circonstance) sur une filmographie riche d’une trentaine de
titres, inaugurée il y a exactement 26 ans par un Michel Lang
déjà démodé au moment de sa sortie, dans lequel débutait
aussi l’humoriste pas drôle Franck Dubosc. Depuis, tous les
deux ont suivi les chemins que l’on sait, l’un chez Albert
Dupontel, Olivier Assayas et Bruno Podalydès, l’autre chez
Élie Semoun et Fabien Onteniente, et bizarrement, à L’@ide-Mémoire,
nous préférons (de très loin) le premier. On se demande bien pourquoi… |
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Pierre Vaneck

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Décès
à l’âge de 78 ans du comédien de théâtre, cinéma et
télévision Pierre Vaneck (1931-2010), artiste multifacettes
passé, tant sur les planches qu’à l’écran, des emplois de
jeunes premiers "gérardphilipiens" aux quinquagénaires
et sexagénaires massifs, parfois rugueux, et dont la profession,
dès l’annonce de sa disparition, a loué les réelles qualités
humaines, l’immense professionnalisme et le refus (notoire) des
mondanités comme des faux-semblants. Retour en dates sur le
parcours d’un acteur rare et exigeant, discret et populaire
qui, pour n’avoir jamais démérité à l’écran, n’en aura
pas moins trouvé ses plus beaux rôles – et, partant,
rencontré ses meilleurs auteurs – sur les planches, entre
Festival(s) d’Avignon et créations de "prestige"... (lire
la suite) |
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Marie France

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De
récitals intimistes en concerts à guichets fermés, Marie France
a su s’imposer, depuis le début des années 90, comme l’interprète
féminine la plus résolument inspirée et la plus furieusement
éclectique du paysage musical français dans les catégories
"pop-rock-variétés-chansons à texte". Et
comme elle a passé l’essentiel du second semestre 2009 à
revisiter entre chic et charme, l’univers passionnant d’une
actrice passionnante, il nous a semblé judicieux d’ouvrir
exceptionnellement nos colonnes à ce Marie France visite
Bardot, où il a sera certes davantage question de chanson(s)
que de cinéma (encore que…) mais qui a – ceci expliquant cela
– assurément compté parmi les deux trois plus belles
réussites scénographiques et (désormais) discographiques
des six derniers mois. En attendant, comme il se doit, la
suite… |
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Renée Lebas

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Renée
Lebas (1917-2009) n’aura tourné en définitive que trois films,
dont un en Allemagne, mais aura plus assurément que toute autre
conféré ses lettres de noblesse à Marjolaine ou au Temps
du muguet, incunables de la variété française "haut de
gamme". Biographie succincte et filmographie express de celle
que Charles Trenet surnommait à juste titre "la mère de La
Mer" ici
et maintenant. |
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Maxime Leroux

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Disparition
prématurée, dans sa 59ème année, du comédien de
théâtre, cinéma et télévision – et ex-instituteur –
Maxime Leroux (1951-2010), auquel le rôle récurrent du
vétérinaire du Refuge avait permis, au cours de la
seconde moitié des années 90, d’accéder via le petit écran
aux emplois de tout premier plan. En attendant la visite plus
approfondie d’une carrière protéiforme ayant, deux décennies
durant, su conjuguer éclectisme et singularité, il nous a
semblé opportun de dresser sans plus attendre la filmographie
riche en points de repères – du médecin d’Agent trouble
au prêtre fanatique de Chouans ! en passant par
Claude Debussy dans l’ultra césarisé Camille Claudel
– de cet artiste attachant et doué, au parcours atypique (lire
la suite). |
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Le silence est
d'or

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Cinéaste s'il en
fut du temps qui file et du regret de ce qui n'est plus,
René Clair professe avec Le silence est d'or qu'en
1946, et contrairement à ce qu'affirmera un peu péremptoirement
Simone Signoret par la suite, la nostalgie était bien encore
ce qu'elle était au cours des mois ayant suivi la Libération. Retour
circonstancié sur l'un des plus beaux films mis en chantier dans
la France de l'immédiat après-guerre et, accessoirement, sur
ce qui demeure la plus belle prestation de Maurice Chevalier au
grand écran... (lire
la suite). |
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La crise est
finie

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Les
nombreux incidents liés à son tournage et le relatif (et incompréhensible)
insuccès du film lors de sa sortie en salles, à l’automne
1934, n’y feront rien : La Crise est finie, œuvre
bien dans l’air du temps, reste sans aucun doute l’une
des meilleures – et assurément la plus gay friendly
– comédies musicales mises en chantier durant
l’entre-deux-guerres. Et la voix, déjà magnifique, de Danielle
Darrieux (17 printemps), n’y est certes pas pour rien…
(lire
la suite). |
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Roger Pierre

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Annonce
du décès, dans sa 87ème année, du comédien,
humoriste, réalisateur, auteur de livres et animateur télé
Roger Pierre, figure incontournable du cinéma de papa des Trente
Glorieuses et des années fastes de l’ORTF version Carpentier,
dont seul Alain Resnais semble avoir su détecter, un chouia sur
le tard, l’étonnant – et jusqu’alors sous-estimé-
potentiel dramatique (lire
la suite). |
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Pierre
Étaix

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Les
mauvais procès font parfois les spectacles inespérés. Alors que
le dernier (?) round d’un combat judiciaire l’opposant, ainsi
que son coauteur Jean-Claude Carrière, à la société Gavroche
Productions, semble vouloir retarder d’autant la redécouverte,
très attendue, de l’œuvre cinématographique de l’immense
Pierre Étaix, le scénariste et réalisateur de Yoyo
redonne vie, différemment, à son film le plus emblématique. C’est
à trois heures de Paris en TGV, plus précisément au Théâtre
du Pont-Tournant de Bordeaux, que cela se passe (lire
la suite). |
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Stéphanie Mathieu

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Lorsqu’une
grande – par la taille, le professionnalisme et, accessoirement,
le talent – comédienne de théâtre débute au cinéma dans un
petit rôle, le terme même de petit rôle est-il toujours d’actualité ?
Réponse fin 2010 lors de la sortie en salles de la prochaine
comédie de Charles Némès, intitulée Bout de ficelle
mais blockbuster (à la française) annoncé, où Stéphanie
Mathieu, non contente d’endosser la casquette de chorégraphe,
effectuera, aux côtés de Fred Testot (autre valeur à suivre de
près), ses (tardifs) premiers pas au grand écran. Celle qui fut
des années durant l’égérie du metteur en scène de théâtre
Xavier Lemaire, et sous la direction de Vincent Viotti, une
époustouflante Veuve rusée, ne s’était, curieusement,
jamais produite dans un long métrage de cinéma. Oubli (de la
profession) réparé, et ce ne sont assurément pas les
spectateurs du " théâtre musical " Filles
de joie, régulièrement repris depuis sa création en 2003 (http://venuscargo.com/fdj.htm),
ou les inconditionnels du travail scénographique de Michel
Raskine, qui argueront du contraire… |
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Ursula Kübler-Vian

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Décès
dans une absolution discrétion de l’ex-danseuse et comédienne
d’origine suisse Ursula Kübler-Vian (1925-2010), veuve du
romancier, poète, dramaturge et pataphysicien Boris Vian, dont
elle s’était attachée, depuis un demi-siècle, à faire vivre
l’œuvre protéiforme s’il en fût, et actrice de cinéma
& télévision à la beauté à la fois singulière et
hiératique, croisée, notamment, chez Renoir, Kast et Varda… (lire
la suite). |
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Éric Rohmer

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A près
le très vibrant et très cinéphilique hommage rendu par le
Président de la République (le même qui emmerdait la Princesse de
Clèves en 2006) quelques heures après l’annonce du décès du
cinéaste, et par lequel on apprenait, entre autres "qu’Éric
Rohmer avait créé le style rohmérien" (pas mieux), le
silence est de rigueur. Notre
hommage sera donc à l’image de "l’inventeur du style
rohmérien" : élégant (dans la mesure du possible) et
discret, puisque contrairement à son premier (et avouons-le très
inattendu) fan de l’Élysée, Éric Rohmer, notoirement, ne
goûtait pas plus que ça les interventions télévisuelles… En
revanche, une sélection de liens Youtube nous a semblé l’évidence
même, en conclusion de laquelle on trouvera comme de juste la
première –et assez inattendue– surprise
"@ide-Mémoire" de l’année… (lire
la suite)
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Esther Gorintin

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Une
comédienne capable de s’étonner, à l’âge (tout de même
respectable), de 92 ans de ne se voir proposer que des rôles de
vieille dame, était forcément quelqu’un de formidable. Nos
amis – c’est-à-dire Christian Leciaguiçahar – du Coin du
Cinéphage viennent de consacrer leur premier article de l’année
2010 à cette figure emblématique, unique et attachante du
cinéma d’auteur à la française, discrètement disparue il y a
quelques jours, à la veille son 97ème anniversaire (lire
la suite). |
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Encyclopédie
des longs métrages
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Après
une pause de près de quatre ans, le site de L'@ide-Mémoire
renaît dans une mise en scène flambant neuve, au moment même
où paraît le premier volume d’une Encyclopédie des Longs
Métrages de fiction produits et/ou tournés en France entre
1929 et 1979, voulue et coordonnée par l’auteur de ce site,
avec la participation de Christophe Bier, Stéphane Boudin, Gilles
Grandmaire, Italo Manzi et Raymond Chirat qui en a également
signé la préface.
L’ensemble de notre projet éditorial, publié sur quatre ans,
comportera 6000 entrées et le Volume 2 paraîtra début mars. En
attendant, les dix premières notules sont consultables ici
et la suite, là.
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Trois…
Deux…
Un…
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... où il est (sera) question de cinéma, de
théâtre et même aussi de chanson, entre rétro chic &
culture(s) du XXIe siècle, selon l’humeur, l’actualité &
les découvertes du moment.
... où l’excitation est grande parce que je
voulais ce site depuis un bail et que rien n’est plus
euphorisant (à part peut-être une vodka pamplemousse, une vodka
pomme ou une vodka n’importe quoi) qu’une aventure qui
démarre, toute modeste soit-elle.
... où l’envie se fait de plus en plus
impérieuse d’ouvrir incessamment sous peu une rubrique
interviews dont l’intention avérée est (sera) d’établir
autant de passerelles entre musique et septième art.
... où celles et ceux d’entre vous qui
pensez que Pasolini est bien plus rock qu’on ne le croit, qu’Anne
Libert est une grande actrice, que Julien Doré a raison de faire
du cinéma (et que Vincent Lagaf’ aurait mieux fait de s’abstenir),
que Lucy Gordon n’aurait jamais dû partir, que le cinéma de
Jacques Becker doit énormément à Pâquerette, Gaston Modot et
Yette Lucas, que les comédies italiennes des années 60 sont un
pur kif, que Carmen Maura est la plus grande actrice vivante au
monde, qu’Élisabeth Wiener mérite amplement sa place au Top 10
des plus belles actrices du cinéma mondial, que Maria Schneider,
Valérie Lagrange et Myriam Mézières devraient tourner plus
souvent, qu’il faut réhabiliter d’urgence tous les premiers
films de Jean-François Davy et ressortir tout Gregory La Cava en
blue ray, qu’Anicée Alvina n’a pas eu tout à fait la
carrière qu’elle méritait, qu’Éric Elmosnino est
particulièrement grandiose chez Joann Sfar, qu’on devrait
parler plus souvent de Muse Dalbray et de Maria Meriko, que
Florence Foresti est une fille formidable et Marie France une
sorte de miracle ambulant, que Marguerite de Morlaye, Edie
Sedgwick et Édouard Francomme méritent une place dans le Tulard,
que Félicité Wouassi possède une présence rare et un charisme
hors du commun, que le cinéma de Luis Buñuel n’a pas pris une
ride et le visage d’Arielle Dombasle non plus, qu’Anna
Mouglalis est une comédienne à pleurer en plus d’être une
actrice belle à tomber, que l’art ne saurait tolérer aucune
barrière et que tout reste encore à réinventer, êtes – comme
on dit – les bienvenu(e)s sur ce site.
Moteur !
Armel De Lorme, 20 janvier 2010.
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